Sœvior armis
Luxiiria incubuil, vicliimque iilciciiiir orheni. »
... Plus meurtrière que le glaive, la luxure s'abat sur nos têtes et venge les peuples vaincus. (Juvénal, VI.)
l'eunughisme dans l'antiquité 135
odes, avait flétri la troupe méprisable des eunuques^, et la verve de Catulle s'était aiguisée au récit des complaisances de Nicomède pour César; en vain la vie honteuse de ce dernier avait provoqué de la part de Curion cette insolente boutade que le maître de Rome était à la fois « le mari de toutes les femmes et la femme de tous les maris 2. » Il fallut en définitive la menace d'une répression légale pour mettre un frein à l'extension de la sodomie et de la prostitution masculine.
La loi Scatinia, promulguée par le Sénat à propos d'un certain C. Scatinius, accusé d'attentat sur le fils du patricien C. Metellus, prononça donc contre ceux qui se livraient à la pédérastie une peine de dix mille sesterces d'amende. Et les eunuques n'étaient pas les derniers à encourir les rigueurs de la loi^
Par la suite, Domitien interdit que les jeunes garçons fussent prostitués avant leur septième année. L'empereur Justinien,à son tour, fit étroitement surveiller ceux que l'on soupçonnait de passions honteuses. « La déposition d'un témoin, quelquefois d'un enfant, quelquefois d'un esclave, suffisait, surtout contre les riches, et contre ceux qui étaient de la faction des verds * . »
L'opportunité de telles mesures suffit à faire comprendre les débordements de la société romaine à cette époque. Pourtant l'eunuque, qui était dans
1. « Contaminato ciim grege turpium Morbo virorum... » (Horace.)