‹ Les eunuques à travers les âgesChapitre 51 sur 102 · Montesq. Espr, des Lois, XII · texte numérisé non relu

Montesq. Espr, des Lois, XII

l'Empire un élément de débauche, et non des moindres, était en principe commis uniquement au service des femmes, comme chez les peuples orientaux : leur unique vertu devait être de conserver pure la couche conjugale ^ Du moins était-ce sous le couvert de ces fonctions que les traitants avaient fait pénétrer l'eunuchisme dans Rome.

Le fait est que les eunuques formaient une partie indispensable de l'appareil somptuaire des riches matrones et des courtisanes. Ils veillaient auprès de leur couche, les accompagnaient aux bains ou à la promenade, portaient leur parasol ou leur éventail, et leur tenaient compagnie jusque dans leur litière. L'élégance d'une femme marchait de pair avec la quantité plus ou moins considérable d'esclaves mutilés qu'elle traînait à sa suite ; et ce luxe étrange finit par prendre de telles proportions que le législateur dut encore intervenir pour le réglementer.

Déjà la loi Aquilia ordonnait des poursuites contre celui qui s'était rendu coupable du crime de castration envers l'esclave d'autrui. Mais ce fut en réalité l'empereur Domitien qui promulgua les premiers édits prohibitifs à cet égard : Castrari mares vetiiit. D'ailleurs, à en croire Xiphilin et Dion Gassius, le motif de l'interdiction n'était nullement louable. Domitien n'aurait agi de la sorte qu'en haine de son frère Titus, dont la passion pour les eunuques était chose notoire.

Nerva confirma cet édit par un décret, et quelques

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