‹ Les eunuques à travers les âgesChapitre 56 sur 102 · Le poète Martial a également raillé ces mœurs dissolues · texte numérisé non relu

Le poète Martial a également raillé ces mœurs dissolues

« Cur tantiim eunuchos tua Gellia quverit, Pannice '^ Vull fiitiii Gellia, non parère. » « Tu te demandes, Pannicus, pourquoi ta chère Gellia recherche tant les eunuques ? C'est qu'elle veut se distraire sans avoir d'enfants. »

l'eunuchisme dans l'antiquité 141

auquel il s'est adressé se trouve être, par hasard, son rival en amour ^

En réalité cette amputation de l'organe viril était rarement effectuée dans un but médical ^ Mais on la pratiquait sur les esclaves dont on voulait faire des eunuques complets. Ils étaient toutefois peu nombreux en raison de la mortalité énorme qu'entraînait alors l'émasculation totale. Il faut dire que l'opération n'était pas toujours faite par des chirurgiens, mais par des traitants — mangones — plus ou moins habiles. Dans le Bas-Empire, c'était en général des Arméniens qui se chargeaient de cet office, « l'Arménien dont l'acier toujours sûr sait changer le sexe de l'homme,... et tarissant dans son

1. Curnndiim penem commisit Baccara Grœcus Rivait meâico : Baccnra Galliis erit.

(Mart. liv. lY.Ad Panniciiin.)

2. Aujourd'hui encore, dans nos pays du moins, une semblable intervention est des plus rares. Par contre, il n'en serait pas de même en Afrique, et en particulier au Soudan, où les maladies vénériennes revêtent un caractère de gravité exceptionnelle. Les fêtes de Ramazan y sont un prétexte à toutes sortes d'orgies. Aussi est-ce vers cette période de l'année que les affections de cette nature font le plus de victimes parmi la population :

« L'hôpital de Kassala était riche de cent victimes de cet amour impur, la veille du Ramazan ; mais pendant ce mois de pénitence, le chiffre s'éleva à sept cents à la fois. Le docteur en chef de la province me répétait souvent : « Aujourd'hui j'ai fait dix ablations complètes, hier quinze, soixante en cinq jours, » Pendant toute cette période d'abstinence, la mutilation, par suite de maladies incurables, mortelles, va ce train-là.

« Le saint mois de Ramazan suffirait pour peupler d'eunuques tous les sanctuaires féminins de l'Egypte. »

(R. du Bisson. Les femmes, les eunuques et les guerriers du Soudan.)

double réservoir la source de la fécondité ravir à la fois à sa victime le nom d'époux et le titre de père ^ »

Devant les dangers et les aléas de Téviration complète, les opérateurs se bornaient le plus souvent à l'ablation des testicules. Il existait par conséquent dans Fantiquité différentes manières de faire des eunuques, et ils étaient classés de la façon suivante, selon le genre de mutilation qu'ils avaient subie :

l^ Les Castrati (xâipw, je coupe, castro, je châtre) chez lesquels on avait effectué Fexcision totale des organes génitaux, quihus ferro exsecta, sunt omnia. Cette variété d'eunuques présentait le maximum de garanties de frigidité et d'impuissance requises pour la garde et le service des femmes. Aussi coûtaient-ils fort cher. Actuellement, en Orient, leur prix est sextuple de celui des eunuques ordinaires.

2" Les Spadones (anacs, extraho, j'extirpe). Ces eunuques étaient privés des testicules (quibus avulsi sunt colei). Ils étaient de tous les plus nombreux dans l'empire et les marchands d'esclaves les choisissaient parmi les jeunes garçons les plus beaux et les mieux conformés. C'était cette sorte d'eunuques qui était surtout en faveur auprès des femmes... et de leurs maris.

S'^Les Thilbiœ (biië&jpremo, je îroissé) quorum testiculifantum distorti et compressi^.Ce procédé de castration dont parle IIippocrate3,et aussi Paul d'Égine% consistait dans le froissement et l'écrasement des

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