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l'eunuchisme dans l^ antiquité 143
glandes séminales. Elle était appliquée en général à de tout jeunes enfants. On les mettait d'abord dans un bain d'eau tiède ; au bout d'un instant, l'opérateur — et c'était bien souvent la mère ou la nourrice — froissait les testicules entre les doigts pour en meurtrir la substance et désorganiser peu à peu les éléments glandulaires.
Un autre procédé consistait à tordre, par un mouvement de vrille imprimé à la racine des bourses, les vaisseaux spermatiques, afin d'empêcher l'afflux du sang et de favoriser l'atrophie de l'organe. Procédé analogue au histournage employé en art vétérinaire, mais procédé incertain, et qui n'était pas toujours une garantie suffisante contre les « coups de corne » auxquels faisait allusion saint Basile : Pithias, l'amie d'Aristote, était fille d'un eunuque bistourné *.
1. Suidas. Lea;ic, 859. — Dans la plupart des cas, le bistournage n'amène pas une atrophie absolue du testicule; il reste dans les bourses un noyau plus ou moins volumineux, vestige de la glande. Dans la langue des éleveurs, ce reliquat testiculaire se nomme marron. Les bœufs bistournés chez qui le marron est bien développé sont particulièrement recherchés des agriculteurs, bien qu'ils se prêtent moins à l'engrais, mais ils seraient peut-être plus vigoureux. Ceci indique que les fonctions sécrétoires ne sont pas totalement abolies chez ces animaux, et il s'ensuit qu'ils ont conservé plus ou moins les caractères de mâles parce que la glande, alors même qu'elle ne produit plus de spermatozoïdes, continue de jouer son rôle régulateur essentiel sur le développement général de l'organisme.
Nous reviendrons sur ce point dans le dernier chapitre de ce livre. Ajoutons toutefois qu'il en va de même chezl'homme : l'atrophie congénitale des testicules peut en effet ne pas se compliquer de modifications sexuelles secondaires, s'il persiste dans les testicules atrophiés quelques cellules actives . C'est ainsi qu'il existe dans l'eunuchisme naturel ou chez les eunu-
Marcellus Empiricus affirme que Tapplication prolongée de suc de ciguë sur le scrotum amène un résultat identique ^
L'opération se faisait aussi chez les adultes, mais on les insensibilisait au préalable, soit en leur administrant de l'opium, soit en déterminant chez eux une syncope, comme on le faisait pour les enfants, par la compression des carotides ^
4° Les Thlasiœ (eXaSIat) à qui l'on coupait le cordon et les vaisseaux spermatiques, « de sorte que les parties viriles restent bien à la vérité, mais si flétries qu'elles ne sont d'aucun usage. »
Ces différentes sortes d'eunuques qui trop souvent, en dépit de la morale, suppléèrent le sexe faible jusque dans ses attributions les plus intimes, remplirent également sur les théâtres de Rome les emplois de femmes, auxquels les destinaient tout particulièrement leur voix aiguë et leurs allures féminines. Les Romains exigeaient en effet de la fiction scénique une exactitude rigoureuse et l'acteur était tenu de présenter tout l'aspect extérieur de son personnage. A leurs yeux le théâtre devait être l'image même de la vie. Ils n'eussent pas toléré par exemple qu'on terminât sur le moment le plus impressionnant d'une scène amoureuse; il n'est besoin, pour s'en convaincre, que de lire ce qu'Ausone dit des représentations théâtrales, ou ce que le poète
ques bistournés des degrés en rapport avec raltération plus ou moins considérable de la fonction interne.