‹ Les eunuques à travers les âgesChapitre 62 sur 102 · Martial · texte numérisé non relu

Martial

répandue chez les Anciens. Dans son récit de la peste d'Athènes, Thucydide dit littéralement : « Le mal descendait dans les parties honteuses et à l'extrémité des bras et des jambes, et beaucoup n'échappaient à la mort que par la perte de ces parties ^ » Et sans doute ne faut-il pas entendre par là que la gangrène les envahissait, mais que les malades faisaient euxmêmes le sacrifice de leurs organes sexuels ; opinion que viennent confirmer ces vers de Lucrèce :

Et graviter partim metnentes limina leti Vivebant, ferro privatei parte virili.

« Craignant le seuil redoutable de la mort, ils abandonnent au fer la dépouille de leur virilité ^. »

Ainsi mutilés, ils n'avaient plus rien à craindre du terrible fléau, et eux seuls présentaient cette précieuse immunité. Aristote ne manque pas de l'attribuer aux modifications de tempérament chez les individus châtrés, dont la frigidité repousse la force des exhalaisons chaudes : « Telle la froide salamandre éteint les charbons ardents sur lesquels on la place.»

Archigenes ^ nous apprend que des lépreux et des malades atteints d'éléphantiasis se mutilaient en vue d'éviter la propagation de leur mal, coutume qui se perpétua du reste en Europe jusqu'à l'époque de la Renaissance, puisque dès le xiv« siècle les lépreux étaient désignés du nom de crestat qui signifie châtré, en gascon.

La castration était également au dire d'Hippo-

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