Philostr. Vie des Sophistes. — Suid. — Lucr
LES EUNUOUES
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FiG. 12, — Ali, général de Soliman TI. (Cabinet des Estampes.)
devint premier ministre du Chah, est demeuré célèbre ; quelques historiens ne l'ont-ils pas comparé à Richelieu ? En tous cas, à l'exemple du ministre de Louis XIII, il se jBt de nombreux ennemis en brisant les cabales des grands, et plusieurs furent impitoyablement mis à mort par son ordre. Oléarius nous l'a dépeint comme un personnage intelligent et plein de zèle, mais autoritaire et vindicatif.
L'époque de sa mutilation n'est pas bien établie, mais les circonstances qui Tentourèrent sortent de la banalité courante et méritent d'être rapportées. Sarou-Taki était soldat. Or, les parents d'un jeune garçon dont il avait, paraît-il, abusé, ayant porté plainte à Chah Abbas-le-Grand, celui-ci les autorisa à se venger eux-mêmes en mutilant le coupable. Mais Sarou-Taki prévint l'exécution en se châtrant de ses propres mains, puis il vint « présenter au roi les marques de son repentir dans un bassin d'or. » Abbas, apitoyé, lui fît donner des soins et l'attacha, une fois guéri, au service du palais \
Gomme on Ta vu % Aga-Mohammed Khan, fondateur de la dynastie régnante des Kadjars^ avait été mutilé à l'âge de cinq ans par ordre d'Adil Chah. Par la suite, l'usurpateur Kérim Khan ayant su reconnaître ses hautes qualités, le garda auprès de lui ; il avait souvent recours à la sûreté de son jugement dans les affaires les plus importantes.
A la mort de Kérim, en 1779, Aga-Mohammed se sentit en état de s'emparer du pouvoir, but de son
1. Un anonyme amis en roman les aventures du vizir sous le titre de Sarou-Taki et Ali-Beck. (Lorient^ Paris, 1752.)