Pindare
La troisième journée comprenait d'ordinaire la réception des nouveaux initiés et, à cette occasion, la cérémonie en mémoire de i'émasculation d'Atys. C'est alors qu'éclataient les transports des prêtres de Cybèle, les Galles qui figuraient les Gorybantes, compagnons mythiques de la déesse. Progressivement envahis d'une ardeur sauvage, les cheveux au vent, brandissant des épées, et poussant des hurlements frénétiques, ils imprimaient à leur corps des mouvements désordonnés. Exaltés jusqu'au délire et saisis d'une sorte de fureur mystique qui les rendait insensibles à la douleur, ils se tailladaient les bras et la poitrine de profondes balafres, jusqu'à ce qu'ils tombassent à terre, épuisés et couverts de sang.
Mais ce n'était là que le prélude de' cette barbare' tragédie ; à ce moment, l'initié se précipitait, et exhorté par les cris de la populace se mêlant au fracas assourdissant des cymbales, des flûtes et des tympanons, il se livrait à son tour aux tournoiements d'une danse vertigineuse. Puis, en proie soudain à cet état d'exaltation paroxystique que les anciens avaient dénommé furor acclestius \ il se saisissait d'une épée et donnait à la curiosité brutale des assistants la représentation complète du malheur d'Atys.
Ges danses sacrées, accompagnées de mutilations sanglantes, sont caractéristiques et on les retrouve dans toutes les liturgies primitives. Nous ne faisons que signaler le fait en passant ; nous aurons l'occasion d'y revenir plus longuement à propos des Skoptzy russes.
Pendant trois jours encore, du 25 au 27 mars, suc-