‹ Les eunuques à travers les âgesChapitre 87 sur 102 · Voir p · texte numérisé non relu

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A la veille de son départ, le souverain fut avisé qu'une transformation importante s'était effectuée ^hez l'un de ses fidèles serviteurs, un fort gaillard, bien découplé, qui n'avait rien en réalité de la tournure d'un castrat. Immédiatement ordre fut donné à l'ex-eunuque d'avoir à quitter l'andero^in pour suivre son maître en Europe. Pourtant une compensation l'attendait en chemin, et on n'hésita pas à lui confier la garde d'une Géorgienne offerte en présent au chah*.

Les eunuques sont nombreux dans l'anderoun royal. Leurs logements occupent la circonférence de la première cour intérieure de cette partie du palais. Autrefois, leur chef, le khadjé-hachi, faisait de temps à autre, au nom de son souverain, une tournée dans les provinces, afin de combler les vides de l'anderoun. D'ailleurs, les habitants se chargeaient de lui amener, de leur plein gré, les femmes les plus belles.

C'est en effet un grand honneur pour une famille que de compter, parmi ses membres, une femme du chah. Si elle est assez adroite pour savoir conquérir sa faveur, c'est une ère de félicité qui s'ouvre pour tous les siens : leurs requêtes et leurs suppliques sont désormais assurées de l'accueil le plus bienveillant.

Plus encore que dans toute autre partie de l'Asie, la claustration des femmes est restée en vigueur chez les Persans, et ce que Chardin contait à ce propos il

1. Si la cryptorchidie est regardée comme une condition suffisante, par contre l'atrophie testiculaire ne saurait suffire pour faire admettre un individu à Vanderoiin. Du reste l'admission est toujours subordonnée à la décision prise par le médecin particulier de Sa Majesté.

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