BALZAC
SAINTE-BEUVE
l’étal de Ihéoric, elle s’est formée riiez moi de la pratique même, et une longue suite d’application n’a fait que la confirmer à mes yeux (1).
Ce préambule terminé, et après avoir déclaré que cette méthode, ou plutôt cette pratique, il n’a cessé de la suivre durant des années, sans songer jamais à en faire «un secret, ni une découverte», Sainte- Beuve expose nettement son programme :
La littérature, la production littéraire, n’est point pour moi distincte ou du moins séparable du reste de l’homme et de l’organisation; je puis goûter une œuvre, mais il m’est difficile de la juger indépendamment de la connaissance de l’homme même et je dirais volontiers : tel arbre , tel fruit. L’étude littéraire me mène ainsi tout naturellement à l’étude morale.
On ne saurait juger les anciens complètement, ne disposant pas de moyens suffisants d'observation; avec les modernes, il n’en va pas de même; et si l’observation morale en est encore « au détail, aux éléments, à la description des individus et tout au plus de quelques espèces », on peut entrevoir le temps où « la science sera constituée, où les grandes familles d’esprits et leurs principales divisions seront déterminées ou connues. »
Sainte-Beuve prévoyait l’époque où on ne se contenterait plus de faire de simples monographies,