AUTOGRAPHE DE SAINTE-BEUVE
(' Collection de l’auteur)
disaient les anciens médecins, palingénésiques, comme disent de modernes philosophes. Cela semble aussi se reproduire assez fidèlement dans la vie d’une époque. Il y a des moments où le cours général des choses amène de certains aspects naturels et où il se dispose de certains retours, de certaines inclinaisons, vagues sans doute, mais que l’activité humaine, bien dirigée et agissant avec quelque concert, peut saisir, déterminer et achever (1).
Ainsi que le fait judicieusement observer le Dr Voizard, ces lignes donnent déjà une note bergsonienne qui frappe en apparaissant prématurément.
Mais Sainte-Beuve s’est reconnu dans celui de ses disciples à qui l’on doit d’avoir donné corps à la théorie de la race, du milieu, du moment : nous voulons désigner Hippolyte Taine.
Il n’est pas douteux pourtant, dit Sainte-Beuve, dans son étude sur Taine, que, quoique l’homme veuille faire, penser ou écrire, il dépend, d’une manière plus ou moins prochaine, de la race dont il est issu et qui lui a donné son fonds de nature; qu’il ne dépend pas moins du milieu de société et de civilisation où il s’est nourri et formé; et aussi, du moment, ou des circonstances et des événements fortuits qui surviennent journellement dans le cours de la vie (2).
Doit-on en conclure que Sainte-Beuve ait voulu introduire le déterminisme dans la critique litté-