LES TROIS GRACES
de Begnault
LE DOCTEUR LOUIS LACAZE
Le testament olographe datait, en réalité, du 24 juillet 1865, mais ce 'legs était tellement prodigieux qu’on se refusait à y croire avant qu’il fût officiellement connu.
La mort du généreux testateur devait réserver d’autres surprises. Le docteur Lacaze tint à montrer qu’il n’avait pas sacrifié aux séductions de l’art les intérêts de la science. En conséquence, il compléta les dispositions qu’on vient de lire par les suivantes, intéressant plus spécialement notre profession.
« Dans l’entière persuasion où je suis que la médecine n’avancera réellement qu’autant qu’on saura la physiologie, je laisse cinq mille francs de rente perpétuelle à l’Académie des Sciences, en priant ce corps savant de vouloir bien distribuer, de deux ans en deux ans à dater de mon décès, un prix de dix mille francs (10.000 francs) à l’auteur de l’ouvrage qui aura le plus contribué aux progrès de la physiologie. Les étrangers pourront concourir (1) ».
Dans un codicille du 22 décembre 1866, il confir¬
mait toutes les dispositions précédentes et laissait, en ouire, à l’Académie des Sciences, deux sommes, chacune de 5.000 francs de rente perpétuelle, des-
1. Testament du 24 juillet 1865, confirmé le 21 juillet 1866.
tinées à fonder deux autres prix : l’un, pour le meilleur travail sur la physique; l’autre, pour le meilleur travail sur la chimie, ces deux prix devant être distribués tous les deux ans, à perpétuité, à dater du décès du donateur.
« Je provoque ainsi, écrivait le docteur Lacaze, par la fondation assez importante de ces trois prix, en Europe et peut-être ailleurs, une série continue de recherches sur les sciences naturelles, qui sont la base la moins équivoque de tout savoir humain, et, en même temps, je pense que le jugement et la distribution de ces récompenses, par r Académie des Sciences de Paris, sera un titre de plus pour ce corps illustre au respect et à l’estime dont il jouit dans le monde entier. Si ces prix ne sont pas obtenus par des Français, au moins ils seront distribués par des Français et par le premier corps savant de France (1).»
Il était, en outre, stipulé, dans le testament du docteur Lacaze, que les prix fondés par lui, tant à l’Institut qu’à la Faculté (2), porteraient son nom; que la galerie de tableaux, léguée au Musée