‹ Les évadés de la médecineChapitre 13 sur 117 · I.K8 KVADKS DK I.A MKDIÎCINK · texte numérisé non relu

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T I i ÉO P H R A STE R EN A U DOT

bureaux de placement, ils étaient devenus, par la force même des choses, dans un temps où la publicité faisait absolument défaut, des bureaux de renseignements universels, faisant l’office à la fois de notre Bottin et des annonces de journaux.

En 1636, Renaudot présente au Gouvernement le projet d’une banque populaire qui différait très peu des monts-de-piété actuels. Par brevet, le roi « désirant le gratifier et favorablement traiter en conséquence de ses services, et pour donner moyen à lui et aux siens de continuer, leur fait don, exclusivement à tous autres, de la direction et intendance générale des monts-de-piété, qu’il unit inséparablement et incorpore à celle des bureaux d’adresse, pour en jouir par eux à perpétuité, à partir du jour que rétablissement desdits monts-de-piété aura été résolu par Sa Majesté en Conseil. »

Cette dernière réserve, qui rappelait à Renaudot les interminables enquêtes qui avaient si longtemps retardé l’établissement des bureaux d’adresse, lui suggéra une façon habile de tourner la difficulté. Il demanda l’autorisation d’ouvrir, en attendant l’arrêt définitif du Conseil, des bureaux de ventes à grâce — à réméré : — des meubles et autres biens quelconques, ce qui fut accordé dès le 27 mars 1637.

A ces deux « commodités singulières », ventes amiables ou publiques et prêts sur gage, le Bureau d’adresse en ajouta bientôt une troisième : il se

chargea de procurer aux personnes qui avaient de F argent à utiliser, les occasions de placer cet argent, soit par achat, héritages et maisons de ville ou à la campagne, soit par achat d’offices, constitution de rentes, obligations sur des particuliers, etc.

Mais la plus appréciable des adjonctions qui furent faites au fameux « Bureau », celle qui nous intéresse le plus vivement, est la suivante :

« Chacun sait, écrit Renaudot dans un de ses factums, combien de milliers de pauvres personnes se sont retirées de la mendicité, ou l’ont évitée, par les emplois qu’elles ont rencontrés et qui leur sont tous les jours donnés audit Bureau d’adresse. Mais, pour ce qu’il n’y a point de pauvreté plus à plaindre que celle des malades, ce Bureau s’est particulièrement adonné à leur traitement. »

C’est, chaque année, plus de 2.000 livres que Renaudot consacrait, outre son temps et sa peine, à donner consultations et remèdes aux pauvres qui en avaient besoin. Ces consultations attirèrent bientôt un tel concours de population qu’il dut songer à s’adjoindre d’autres médecins pour l’assister dans sa tâche : ainsi fut organisé, dans cette bienfaisante demeure du Grand Coq, sous le nom de Consultations charitables pour les malades, le premier de ces établissements de bienfaisance que nous appelons aujourd’hui dispensaires.

Voici comment fonctionnait le dispensaire :

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