LA MAISON DU GRAND COQ
(Collection Hartmann)
THÉOPHRASTE KEN AU DOT
annexes qui n’étaient pas moins importantes.
Tous les mois, en effet, Renaudot publiait, sous le titre de Relation des nouvelles du monde reçues dans tout le mois, un numéro supplémentaire qui complétait et résumait les nouvelles du mois. C’est dans ce numéro supplémentaire que, pendant les premières années, il répondait aux attaques de ses détracteurs.
En 1634, ce supplément régulier fut remplacé par des Extraordinaires, qui paraissaient suivant les circonstances - — il en donnait jusqu’à trois et quatre par semaine — et qui étaient généralement consacrés à la publication des documents officiels et au récit des événements marquants.
La Gazette répondait à un besoin trop réel pour que le succès en pût être un instant douteux; aussi fut-il rapide et grand. « On l’arrachait des mains des colporteurs encore toute moite de l’impression, et les courriers retardaient souvent leur départ pour remporter par tout le monde, où elle avait le bonheur d’être lue avidement. » Aussi Renaudot qui, pendant deux ans, avait cru devoir répondre une fois par mois à ses détracteurs, ne tarda pas à se mettre au-dessus de leurs attaques; dès 1633, il parle en homme sûr de sa force, on te lui fera d’ailleurs payer assez cher plus tard.
« Les suffrages de la voix publique, écrit-il, m’épargnent désormais la peine de répondre aux objec-
tions auxquelles l’introduction que j’ai faite en France des gazettes donnait lieu, lorsqu’elle était encore nouvelle; car maintenant la chose en est venue à ce point qu’au lieu de satisfaire à ceux à qui l’expérience n’en aura pu faire avouer l’utilité, on ne les menacerait de rien moins que des petites maisons. Seulement, ferai-je, en ce lieu, aux princes et aux Etats étrangers, la prière de ne perdre point inutilement le temps à vouloir fermer* le passage à mes nouvelles, vu que c’est une marchandise dont le commerce ne s’est jamais pu défendre, et qui tient cela de la nature des torrents, qu’il se grossit par la résistance. »
Il faut dire que Renau dot avait de puissants collaborateurs. On lit dans une préface mise par le Père Daniel en tête de l’histoire de Louis XIII, par le Père Grilfet :
« On s’est beaucoup servi des gazettes de France, qui ne commencèrent à paraître qu’en 1631. Celles qui ont été imprimées du temps de Louis XIII sont d’une grande autorité.
« Le cardinal de Richelieu prenait un soin particulier de cet ouvrage, et il envoyait souvent à Théophraste Renaudot, qui en était l’inventeur, des articles entiers, où l’on reconnaît aisément le style de la main de ce grand ministre. Il faisait insérer dans ces gazettes les traités d’alliance, les capitulations, les relations des sièges et des batailles