‹ Les évadés de la médecineChapitre 46 sur 117 · Lettre d’Isaac Papin à Michel Begon, du 5 février · texte numérisé non relu

Lettre d’Isaac Papin à Michel Begon, du 5 février

2, Traité très curieux et utile 'pour amolir les os, 98,

de faire un nouveau fourneau, qui aurait épargné plus de la moitié du combustible; outre qu’il aurait eu la propriété « de pouvoir être chauffé dans une chambre fermée et de brûler quoi que ce soit sans mauvaise odeur ou fumée ». Il donnait à M. Sloane, secrétaire de la Société Royale, les détails les plus circonstanciés sur l'appareil qu’il projetait :

« Le feu, lui écrivait-il, ne corrompra pas l’air de la chambre, parce que le fourneau recevra constamment de l’air du dehors. Il aura de plus la propriété de renouveler constamment l’air de la chambre et de le donner aussi chaud et aussi pur que si l’on était dans un champ, dans l’été, quand le soleil brille. »

« Il est très vraisemblable, disait-il en térmes des plus explicites, que nous pourrons, par ce moyen, avoir en hiver de très bons fruits et des fleurs aussi bien qu’en été, et guérir tous les maux qui proviennent du froid, ou à la guérison desquels le froid est un obstacle. » Il demandait seulement une somme de deux cent cinquante francs « pour essayer une chose qui pourrait être si utile à la respiration, la végétation, la cuisine , etc.» (1)

Plusieurs pages seraient encore nécessaires, pour exposer les multiples inventions dues à l’ingéniosité, toujours en éveil, de Denis Papin; nous nous contenterons d’énumérer celles-ci sommairement.

Ayant trouvé qu’un vieux chapeau, fort méchant

1. Bénis Pcipin , Notice sur sa vie et ses écrits (par Baunister) ; Blois, 1847, 21,

DENIS PAPIN

et mal travaillé, étant pénétré de gelée d’os, était devenu bon et ferme », Papin en inférait que « si on se servait d’une telle liqueur pour les chapeaux, ils seraient bien meilleurs que l’ordinaire. » (1)

Il avait essayé de cette même gelée pour prendre l’empreinte des médailles et des cachets et il avait vu qu’« en fondant de la gelée bien forte et la couchant, tandis qu’elle est chaude, sur quelque

médaille ou cachet, elle se durcit dessus et en conserve l’impression avec toute l’exactitude que l’on sçaurait souhaiter» (2).

Entre temps, il avait travaillé à « faire des lits où l’air par son ressort soutienne les gens couchez, au lieu qu’on se sert ordinairement de la plume » : les matelas à air ne sont pas, comme on voit, de date récente. Il avait aussi fabriqué des « coussins à vent », pour placer sur le siège dans les carrosses, « afin de se garantir des incommodités du choc ».

Dans une des lettres qu’il lui adressait, Leibnitz laisse entendre que Papin aurait songé à « faire un essay pour voler, ou élever quelque machine en l’air », mais que « le poids s’estoit élevé à quelque hauteur mais non pas assez » (3). Il fallait attendre près de cent ans pour voir les premiers aérostats.

Page 1