LEIBNITZ
DENIS PAPIN
ne leur faut pour cela que les alimens convenables, et chaque particulier a été pourvu des sens pour juger ce qui luy est propre.
A une autre place, Papin revient sur la nécessité de laisser agir la nature et, pour « rendre la médecine plus utile qu’elle n’est », il souhaite qu’on fasse un choix judicieux des traitements qui réussissent le plus souvent, et qu’on s’en tienne à un volume unique « dégagé de cent choses inutiles et mal fondées dont presque tous les livres sont pleins ».
A son avis, le meilleur serait que « tout le monde fût médecin et qu’on apprit la médecine dez l’enfance comme on apprend le catéchisme»; grâce à quoi « le malade et les personnes intéressées à sa santé se pourroient bien garder de rien faire trop à la légère et laisseroient agir la nature, excepté dans les occasions où on verroit manifestement qu’e/lle auroit besoin d’un secours dont l’utilité seroit connue par quantité d’expériences ». Malheureusement, ajoute-t-il, les médecins craignent que, s’ils n’ordonnaient pas de remèdes, on en arriverait à se passer d’eux, ce qui fait que « leur maxime générale est d’ordonner presque tousjours et ces ordonnances coûtent la vie de bien plus de gens qu’on ne croit » (1 ) .
Les médecins ne pourraient-ils, dans ce cas, recourir à un expédient, pour contenter leurs mala-