‹ Les évadés de la médecineChapitre 53 sur 117 · Lettre de Papin à Leibnitz, du 24 juillet · texte numérisé non relu

Lettre de Papin à Leibnitz, du 24 juillet

des, isans leur faire de mal, en leur donnant « quelque chose de fort innocent, comme des pilules de mie de pain blanc qu’il faut bien dorer afin qu’on ne puisse connaître ce que c’est»? L’admirable est que cela réussit le plus souvent, « soit que par hazard, ce remède fût venu tout juste dans le tems que le mal avoit à diminuer, soit que la force de l’imagination eût effectivement contribué à mettre les choses dans l’état que le malade s’imaginoit qu’elles dévoient être» (1). Sages paroles, qui décèlent un sens psychologique des plus aigus.

Il est curieux de constater que Leibnitz partage, à maints égards, l’opinion de Papin sur notre profession; et quand on sait comment la médecine était pratiquée de leur temps, leurs diatribes ne sauraient provoquer, de notre part, ni indignation ni surprise. Avec son correspondant, le philosophe Allemand tient la chirurgie pour « la partie la plus seure de la médecine », parce qu’« on y voit ce qu’on fait ». Quant à « la médecine interne », c’est, dit-il, « un art comme celui de jouer au verkehren (?) ou au trictrac, où l’habileté fait beaucoup, mais le hasard encore plus. Le mal est que les médecins n’y apportent guères de soin, et ne profitent point de mille belles observations qu’on trouve déjà faites ».

Toutefois, il convient d’établir une distinction

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