‹ Les évadés de la médecineChapitre 59 sur 117 · LOUIS- JEAN-MARIE DAUBENTON · texte numérisé non relu

LOUIS- JEAN-MARIE DAUBENTON

(. Signature autographe, collection de l’auteur')

DAUBENTON, LAMARCK, BERTHOLLET

ait fait en France des leçons d’histoire naturelle par autorité publique. C’est sur son insistance que fut créée au Collège de France une chaire pour renseignement de cette science, en 1778. Quelques années après, on le chargeait d’un cours d’économie rurale à l’Ecole vétérinaire d’Alfort, et en 1787), une chaire destinée au même enseignement fut fondée pour lui à l’Ecole normale (1).

En 1793, il était nommé titulaire de la chaire de minéralogie au Muséum d’Histoire naturelle. En 1795, il fit plusieurs cours à l’Ecole normale. C’est à la séance d’ouverture de ces cours que Daubenton se serait écrié, au sujet du lion tel que l’a décrit Buffon : « Il n’y a pas de roi dans la nature! » Le professeur fut applaudi avec frénésie.

N’oubliant pas qu’il avait débuté par la médecine, Daubenton a publié, entre temps, quelques mémoires, qu’on trouve disséminés dans les anciens recueils médicaux; nous avons en notre possession son Mémoire sur les Indigestions, qui fut lu à la Société de médecine, le 26 octobre 1784. Il y démontre que, chez le plus grand nombre des sujets, l’affaiblissement général de l’organisme commence par l’estomac; il conseille, pour y remédier, les pastilles. d’ipécacuanha, auxquelles il assura une

1. Y. notre article signé Dr Monpart, dans le Journal de la Santé du 17 mai 1003.

grande vogue et qui, aujourd’hui, ne sont que très rarement prescrites.

Jusqu’à sa mort, Daubenton se fit un devoir de remplir régulièrement les diverses fonctions dont il était investi. Un de ses collègues lui ayant offert un jour de le suppléer dans son cours ; « Mon ami, lui répondit-il, je ne puis être mieux remplacé que par vous; aussi, soyez sûr que je vous chargerai de mes fonctions lorsque l’âge me forcera d’y renoncer » : Daubenton avait alors quatre-vingt-trois ans !...

L’année suivante, en 1799, le premier consul le nommait président du Sénat. Toujours fidèle à son principe d’accomplir scrupuleusement les devoirs de sa charge, il voulut assister à la première séance. Ses forces le trahirent, et, à peine avait-il pris place à son fauteuil qu’il était frappé d’apoplexie.

Dans le jardin du Muséum, sur la colline ch] Grand Labyrinthe et presque sous les rameaux du cèdre du Liban, s’élève une simple colonne à demi cachée par des cyprès. Gette colonne marque la place où fut inhumé Daubenton, dans ce jardin où s’écoula toute sa vie.

Ses obsèques se firent au Muséum avec une pompe qui se ressentait des exagérations théâtrales de l’époque. Le procès-verbal en est conservé sur les registres du Muséum, il se termine ainsi :

« Les professeurs se proposent d’ériger sur la

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