‹ Les évadés de la médecineChapitre 60 sur 117 · BUFFON · texte numérisé non relu

BUFFON

DAUBENTON, LAMARCK, BERTIIOLLET

tombe de Daubenton un monument simple qui marque le lieu où ses cendres reposent, et de l’entourer d’une corbeille perpétuellement garnie d’arbustes et de tleurs.

« Ils ont aussi exprimé le vœu et conçu le projet de recueillir et d’orner d’un monument pareil, élevé dans le même lieu, le corps de Bulïon, le contemporain, l’ami de Daubenton, et, comme lui, créateur des premiers agrandissements et de la première amélioration du Muséum d’Histoire naturelle.» (1)

Depuis lors, Bulïon et Daubenton ont eu leur monument, non sans avoir fait un assez long stage avant cette entrée dans l’immortalité.

Il fut un temps où le nom de Lamarck, le véritable créateur des doctrines évolutionnistes, était complètement ignoré du grand public, tandis que le monde scientifique, tenant rigueur au savant de son indépendance, le laissait volontairement dans l’oubli.

C’est que malheureusement il ne suffit pas, comme l’écrivait le fils du grand homme, « d’avoir de la science, d’être un génie, ce qui est plus rare;

1. Y. la Correspondance de Buffon, publiée par M. Nadault de Buffon.

il faut encore se faire valoir, se produire, flotter surtout les grands et les puissants, » Lamarck n’avait pas ce talent-là. « De son temps, il y avait deux hommes autour desquels se groupaient tous ceux qui aspiraient à se faire un nom dans la science : c’étaient Laplace et Cuvier. Autour de Lap'lace se rangeaient les géomètres et les physiciens; autour de Cuvier, les naturalistes. Hors de ces deux coteries, point de salut. Il va sans dire que Lamarck n’était d’aucune. Il restait dans un coin, ne faisait aucune visite, et ne recevait que de rares étrangers, sauf quelques hommes studieux qu’il installait dans son cabinet, leur ouvrant toutes ses collections. Aussi personne ne parlait de lui. Ses ouvrages les plus remarquables, faute de preneurs, passaient inaperçus. Des idées neuves, hardies, trop avancées pour le temps où il écrivait, contribuèrent peut-être aussi à le faire tenir dans l’ombre, quand on n’y trouvait pas un motif de le ridiculiser... »

Lamarck, lorsqu’il aborda la science, avait eu tout d’abord l’idée de se consacrer à la médecine; après quatre années d’études, il l’abandonna pour suivre renseignement de Bernard de Jussieu et s’adonner entièrement aux seules sciences naturelles, pour lesquelles il se sentait plus d’inclination.

Ce n’est pas ici le lieu de parler longuement du

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