‹ Les évadés de la médecineChapitre 64 sur 117 · CLAUDE-LOUIS BERTHOLLET · texte numérisé non relu

CLAUDE-LOUIS BERTHOLLET

Lfes Évadés de la MldkcInë

DAUBENTON, LAMARCK, BERTHOLLET 195

Après un séjour de quatre ans dans le Piémont, il vint à Paris suivre les cours de chimie de Macquer et de Bucquet, sans pour cela cesser de s’intéresser à la médecine.

Un hasard heureux lui fit faire la connaissance du fameux Tronchin, alors premier médecin du duc d’Orléans, grand-père du futur roi Louis-Philippe. Par cette protection, Berthollet fut attaché au service de Mme de Montesson : on lui procura un laboratoire dans l’intérieur du palais où il pût à son gré se livrer à ses expériences favorites.

La médecine, la chimie et l’application de cette dernière à l’art médical, vont l’occuper tour à tour ou simultanément.

En 1780, il entre à l’Académie des Sciences, contre Fourcroy; peu de temps après son admission à l’Institut, il demandait des commissaires pour assister à des essais sur la guérison, à l’aide de l’air déphlogistiqué, d’animaux asphyxiés par le gaz.

En se livrant aux soins de sa profession, il eut l’idée d’essayer de reconnaître les rapports existant entre les accès de goutte de son illustre client et l’état du liquide contenu dans sa vessie; toutes les fois que le duc d’Orléans éprouvait une crise plus Violente de son mal, Berthollet analysait son urine et il y trouvait une plus grande quantité de phosphate de chaux et un excès d’acide phosphorique. Le judicieux observateur en fit un mémoire qu’il commu-

niqua à l’Académie dès la première année de son admission.

Entre temps il avait, par une thèse médicale, satisfait au règlement de la Faculté de Paris, qui exigeait, pour exercer dans son ressort, l’épreuve d’un nouveau doctorat. Cette thèse écrite, selon l’usage du temps en latin, portait pour titre : De lacté animalium médicament os o. Berthollet avait expérimenté sur des chèvres, exclusivement; il avait recherché si le mercure en frictions pouvait s’incorporer au lait; la chèvre soumise à l’expérience, après avoir absorbé par la peau, en huit jours, vingt-six gros d’onguent napolitain, était mourante, mais pas un atome de mercure n’avait pénétré dans son lait.

Lorsque Mesmer vint en France pour y appliquer sa doctrine du magnétisme animal, Berthollet fut désigné, par le duc d’Orléans, pour observer le nouveau phénomène et lui en rendre compte. L’esprit investigateur de l’enquêteur officieux gênait fort le charlatan, et l’on conte qu’un soir où Berthollet s’était glissé sans se faire connaître parmi les convives d’un banquet offert à Mesmer par des disciples enthousiastes, il fut dénoncé comme un faux frère, et que les assistants se portèrent à des voies de fait sur l’intrus. Heureusement, son ami, le marquis de Chastellux, parvint à le dégager et à le soustraire au réel danger qu’il courait; sans ce secours il n’au-

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