LE CONVENTIONNEL J.-B. SALLE MÉDECIN ET AUTEUR DRAMATIQUE
J.-B. Sallç, une mâle figure, un homme dont le nom mérite de sortir de l’oubli où font enseveli la plupart des écrivains révolutionnaires.
Lorrain d’origine, il était né à Vézelise, en 1760, il fit à Nancy de bonnes études médicales, après quoi il revint exercer la médecine dans son pays natal. Il y fut, presque dès son installation, nommé médecin stipendié de l’hôpital. Trois ans plus tard, le Tiers-Etat de Nancy l’envoyait siéger comme député aux Etats-Généraux : il avait à peine vingthuit ans. Son mandat ayant été renouvelé en 1792, Salle fut appelé à siéger à la Convention Nationale.
Au dire de ses biographes, il s’y montra un orateur « ardent, convaincu ». En juin 1791, il s’était élevé contre ceux qui voulaient enlever l’inviolabilité à Louis XVI (1); il prodigua ses efforts pour faire
1. Cette question fut débattue à la suite de l’arrestation du roi à Varennes. On parla même à ce moment de proclamer la République : Salle s’y opposa avec la plus vive
rapporter le décret par lequel la Convention se constituait juge du roi; et il prit une part active au procès de celui qui était promis d’avance à l’échafaud.
Ce fut J.-B. Salle qui, le premier, souleva la question de J’appél au peuple, dans la séance du 27 décembre 1792. Buzot, Rabaut Saint-Etienne, appuyèrent la proposition, mais ce fut en vain; après une discussion qui ne dura pas moins de trois jours, l’appel au peuple était repoussé, la mort était votée sans sursis.
L’ère des violences était ouverte; désormais elles se succéderont sans interruption.
Du 25 au 28 mai 1793, les sections de Paris prennent le titre de Comité central révolutionnaire ; s’insurgent contre ta Convention elle-même en incarcérant Hébert, premier adjoint de la commune. Le 30 du même mois, la Convention est sommée de faire arrêter à 'leur domicile les députés girondins, devenus suspects : J.-B. Salle est au nombre des victimes désignées par la fureur populaire.
Le 25 juillet, les Girondins proscrits étaient déclarés hors la loi et traîtres à la Patrie. Quelques-uns d’entre eux restèrent à Paris, d’autres gagnèrent la province, où ils tentèrent d’organiser
ardeur, déclarant qu’on le « poignarderait » plutôt que de voir le gouvernement « passer entre les mains de plusieurs ».