ARRESTATION DE CHARLOTTE CORDAY
LE CONVENTIONNEL J. -B. SALLE
Barrère, Amar, Hérault de Séchelles, Bazire, Henriot; il avait vu à Caen cette belle Corday, dont la tenue paisible cachait un cœur brûlant du feu de la liberté. Il confia, sous forme poétique, ses impressions passées et ses pensées présentes à des feuilles légères qui sont arrivées jusqu’à nous (1).»
Conçue dans la plus pure et la plus banale forme classique, la Charlotte Corday de J. -B. Salle a ceci de particulier qu’elle commence après l’assassinat de Marat, au moment où l’on vient annoncer le crime au comité de Salut public, où sont réunis Amar (l’auteur écrit Amare pour les besoins de la rime), Barrère, Bazire, Hérault de Séchelles et Robespierre. C’est Bazire qui annonce à ses collègues la mort de Marat, et Danton qui donne à Henriot l’ordre d’arrêter Charlotte.
En effet, au deuxième acte, on amène Charlotte devant (le Comité... Et voilà qu’elle produit un effet tel sur Hérault de Séchelles, que celui-ci en devient éperdûment amoureux et s’efforce de la sauver. La lutte entre cet amour, que Charlotte ne partage pas, et les sentiments de vengeance des membres du Comité, cette lutte constitue le nœud de l’action, qui se termine par la mort de Charlotte et celle de Hérault de Séchelles. Telle est cette Charlotte girondine.