‹ Les évadés de la médecineChapitre 79 sur 117 · Albéric Second, Le Tiroir aux Souvenirs. Paris · texte numérisé non relu

Albéric Second, Le Tiroir aux Souvenirs. Paris

« C’est ce que je perdrai chaque mois, dit-il, je suis donc certain de marcher pendant dix mois. » Il venait d’entamer philosophiquement son cinquième paquet lorsque Paris, enfin rassuré, et affamé de plaisirs, dont il avait été si longtemps sevré, se rua dans les théâtres jusqu’alors déserts. Et les mirifiques recettes reparurent comme devant.

Bien que Véron dût le commencement de sa forlune à Meyerbeer, il lui préférait cependant Auber, comme lui vieux garçon et comme lui vivant en épicurien, mais avec plus de discrétion et de distinction que notre docteur. Ces deux êtres sans famille s’étaient rencontrés dans leur goût commun des petites loges de l’Opéra et de l’Opéra-Comique, où chanteuses, danseuses et même figurantes briguaient l’honneur de venir, à tour de rôle, occuper une chaise derrière ces sultans sexagénaires (1).

Les révélations que l’on doit au docteur Véron, sur ce qui se passait dans les coulisses de l’Opéra, sont des plus suggestives. En voici quelques-unes, cueillies au hasard de notre lecture.

Certain jour, il s’aperçoit qu’une jeune figurante se trouve dans une position intéressante; il l’engage à suspendre son service, et lui dit : « Connaissezvous au moins ie père de cet enfant? » et l’ingénue de lui répondre avec candeur : « C’est des messieurs que vous ne connaissez pas ! »

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