Mém. d’un Bourgeois de Paris, t. III, éd. in
MI MI VÉRON CROIT AVOIR ENFIN TROUVÉ LE VÉRITABLE ' MOYEN LE PULVÉRISER SON ENNEMI
Caricatura de Daumier ( Charivari )
teur Véron avait prodigué ses soins à ses pensionnaires, avec un empressement que tous les gens non prévenus se plurent à reconnaître. Un bon régime, des amers, des poudres sternutatoires, il essaya tour à tour chacun de ces remèdes et le succès lui donna raison. On savait le prendre par son côté faible lorsqu’on lui parlait médecine, et certains ne s’en faisaient point faute. 11 a conté lui-même, à ce, propos, une anecdote qui a son charme.
Une ballerine, menacée de subir une diminution d’appointements, va trouver le docteur Véron dans son cabinet directorial.
« Comment, monsieur le directeur, lui dit-elle, vous voulez me diminuer, moi qui, il y a quelques années, vous ai choisi pour mon médecin, moi que vous avez soignée!
— Allons, répondit le docteur avec bonhomie, votre réclamation me touche, et, bien que je ne vous aie pas pris d’honoraires, je ne peux traiter comme la première venue une de mes anciennes clientes. » (1 )
La direction du docteur Véron fut, on peut dire, quasi paternelle. Jamais satrape n’exerça son pouvoir avec plus de bienveillance.
Après avoir délaissé, pendant quelque temps, les habitudes qu’il avait tout d’abord conservées après