Revue contemporaine, 15 oct
« services rendus à la cause de l’ordre et de la civilisation » ( 1 ) .
Pour en revenir au Constitutionnel, qui lui avait servi de tremplin politique, il convient de rappeler que le docteur Véron en avait fait, grâce à la collaboration de premier ordre dont il sut s’entourer, le premier des journaux. Le tirage en était tombé à 3.000; il monta, sous l’habile direction de Véron, à plus de 20.000.
M. Eugène Sue, écrit le docteur dans ses Mémoires, venait d’étonner, d’émouvoir Paris et la province par les récits entraînants des Mystères de Paris. Je lui offris cent mille francs, dix mille francs par volume d’un nouveau roman dont il avait déjà trouvé le titre : Le Juif errant. Mais il n’en avait que le titre de trouvé; point de scénario, point de plan arrêté. M. Sue, dans les calculs de son imagination si féconde et si puissante, chercha d’abord des caractères, des personnages, avant de chercher une action et des personnages.
Et Véron ajoute qu’il osa donner des conseils au romancier, qui les accepta de très bonne grâce et n’eut pas à s’en plaindre.
Au Constitutionnel collaborèrent des hommes tels que Alexandre Dumas, Balzac, G. Sand, Alfred de Musset, Mérimée, Sainte-Beuve, en un mot toutes les illustrations littéraires du temps.
Le docteur Véron avait risqué gros jeu en ten-