‹ Les évadés de la médecineChapitre 86 sur 117 · I— ( HH · texte numérisé non relu

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tant la résurrection d’un journal tombé; le succès lui donna une fois de plus raison. Tl pouvait écrire, non sans quelque orgueil : « A des époques différentes de ma vie, j’ai pu diriger un théâtre, l’Opéra, deux journaux, la Revue de Paris , le Constitutionnel, et me créer, dans les lettres et dans les arts, d’honorables et de charmantes intimités.» (1)

Ces deux derniers mots appellent un commentaire. C’est, évidemment, à Rachel que le docteur fait allusion. Disons donc quelques mots de cette liaison fameuse, qui occupa tant la petite et la grande presse, et autour de laquelle on n’a pas fini de gloser.

Véron a lui-même conté dans quelles circonstances il fit la connaissance de celle qu’il allait bientôt afficher comme sa maîtresse.

Par une belle soirée d’été (c’est son récit que nous rapportons), le 12 juin 1838, cherchant l’ombre et la solitude (en cherchant bien on trouve tout à Paris, même la solitude et l’ombre), j’entrai, vers huit ou neuf heures, au théâtre Français. On comptait quatre spectateurs à l’orchestre, je faisais le cinquième; mes regards furent attirés sur la scène par une physionomie étrange, pleine d’expression, au front proéminent, à l’œil noir caché sous l’orbite, plein de feu : tout cela planté sur un corps frêle, mais d’une certaine élégance de poses, de mouvements et d’attitudes. Une voix timbrée, sympathique, du plus heureux diapason, et pardessus tout très intelligente... Cette physionomie étrange, cet œil plein de feu, ce corps grêle, cette voix si intel-

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