‹ Les évadés de la médecineChapitre 97 sur 117 · P. Eougheë, Les Coulisses du passé · texte numérisé non relu

P. Eougheë, Les Coulisses du passé

2. Dans une lettre du 5 mai 1808, à M. Ernest d’Itervilly, Sainte-Beuve souligne ces deux mots dont il se sert : « pénétration sous-cutanée ». Correspondance, II, 296. Dans une autre lettre, adressée le 1er mai 1862, à M. J. -B. Jouvin, Sainte-Beuve emploie cette expression, qu’il met en italiques : «; guérisseur du romantisme. » .Nouvelle Correspondance.

commerce étroit, et l’ancien Oratorien se félicitait d’avoir un disciple aussi intelligent et aussi docile. Ses idées s’accordaient, d’ailleurs, avec les sentiments mêmes de Sainte-Beuve qui, dès le début, avait perçu l’importance des rapports du physique avec le moral, la part large qui revient au tempérament dans la conception de l’œuvre littéraire.

« C’est par la physiologie, par le tempérament qu’il le faut expliquer », écrivait-il, parlant de Lamennais (1). Personne, plus que Sainte-Beuve, ne s’est attaché à faire ressortir l’action de la nature physique sur les dispositions de l’âme; il ne laissait échapper aucune occasion d’affirmer sa conviction à cet égard. « Médecins, moralistes, écrivait-il un jour, en parlant d’Armand Carrel, qu’il avait chéri d’une affection quasi-paternelle, n’oubliez pas qu’il avait une maladie de foie, et qu’il en avait gardé l’irritabilité (2) . »

Par souci de l’exactitude et de la précision, le critique médecin n’hésite jamais à rectifier des diagnostics hâtifs (3).

On me dit que M. Bertin famé n’a jamais eu la goutte; le fait est qu’il semblait l’avoir, par sa lenteur et sa lourdeur de jambes, qui n’était, dans ce cas-là,

Page 1