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Décoration intérieure et extérieure des Evangéliaires

4. Cérémonial observé dans la lecture ou le chant de l'Evangile.

Article 1'^ — Coup d'œil d'ensemble sur les documents relatifs aux evangéliaires entre les ix^ et xiv^ siècles.

I. Il faut établir ici une distinction entre les Evangéliaù^es et les Aïissels pléniers. En effet, au IX^ siècle, un nouveau recueil liturgique, dans lequel le texte évangélique trouvera place, a déjà fait son apparition ; c'est le missel plénier, origine des missels maintenant en usage. Une attestation de son existence se trouve dans une instruction du pape Léon IV (847) : « Que chaque église dit-il, ait un missel plénier, et un lection- « naire et un antiphonaire » {De cura Pastoralt, Labbe, Concil. VIII, 36) (i). — Gerbert (Disquïsiti'oW^ I, 29, p. 108) pense que primitivement le

( i) Voir Smith : Dictionary of Christian antiquities, II, col. 1206, et Tommasi, tom. V de ses Œuvres, préface, p. xii.

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Missel pléiiier fut un Sacramentaire donnant les messes pour chaque jour et non pour le dimanche. Même avant cette époque, dans les églises des Gaules, les leçons (Epîtres et Evangiles) sans les Antiennes furent parfois incorporées au Sacramentaire : D, Mabillon nous en fournit un exemple dans le SacrauientayitciJi gallicamun qu'il a publié {Musœuin Italie nm, p. 272 etss. ç^t Lùicrgia Gallican., Liv. I, ch. 46.) Parmi les œuvres d'Alcuin on trouve un manuel ou Liber Sacramentornut, composé en 785, ou même à une époque antérieure, alors que Charlemagne travaillait à faire adopter le missel grégorien ; de ce recueil, Alcuin lui-même indique le but dans une lettre aux moines de Saint-Waast : il l'appelle un missel pour la semaine. On y trouve la collecte, la secrète, la postcommunion, souvent une préface, parfois l'épitre et l'évangile ; Alcuin l'aurait copié, paraît-il, sur un vSacramentaire de son abbaye de vSaint-Martin de Tours. Une opinion sérieuse considère même Alcuin comme l'auteur de la revision grégorienne pour les Gaules : dans ce cas, les églises carolingiennes auraient reçu de lui leur missel, oeuvre qu'on aurait plus tard simplifiée au détriment de l'exactitude historique (i).

Ainsi, au cours des siècles qui vont suivre, le

• (i) Voir, dans le Dictionnaiye d'Archéologie chrétienne et de Liturgie, l'article sur Alcuin, tom. I, col. 1078 et ss.

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Missel devra être signalé parallèlement à l'Evangéliaire, comme le recueil contenant les passages évangéliques de la liturgie ; insensiblement, il deviendra le plus répandu des deux, jusqu'au jour où il supplantera à peu près complètement son rival.

2. Sur les Evangéliaires de toute cette période, nous nous en rapportons principalement à l'autorité et à la compétence du bienheureux Tommasi. Cet auteur du xvir siècle, cardinal théatin, béatifié par Pie VIT, a puissamment contribué aux progrès de la science liturgique par ses publications et ses annotations sur les monuments de la liturgie occidentale (Guéranger : Instit. Liturg, tom. II, p. 103) ; nous nous réservions de le signaler, au moment où, sur son témoignage, nous pourrions renvoyer le lecteur à des manuscrits actuellement existants, manuscrits qu'il a lui-même, en partie du moins, utilisés pour son travail de synthèse.

3. En tète du Capitulaire des Evangiles, Tommasi (tome V de ses œuvres, p. 429) donne luimême l'indication des documents d'après lesquels il établit la distribution des péricopes évangéliques : la seule énumération dit assez tout le sérieux de son travail.

A. Codex Vaticaiîus, n. 43, et B. C. Palatùms, n, 50 in biblioth. Vatic, Vezzozi, éditeur et annotateur des œuvres de Tommasi, dit qu'ils

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sont de l'époque de Charlemagne ou de Pépin ; ils contiennent les stations de Rome, dit Tommasi.

C. Cod. de Sainte-Geneviève de Paris, édité par Fronton en 1652 (Stations Rom.).

D. Lectionnaire de Téglise de Chartres, dont Mabillon a fourni les rapprochements avec l'édition de Fronton et les variantes (Stations Rom.).

E. Le Codex des quatre Evangiles, n. 10, de la Bibliothèque de la reine de Suède, contient aussi les stations de Rome.

F. Le Grand Codex du \^atican, n. 5729, qui parait être du xil° siècle ; il renferme la version du Psautier d'après l'hébreu par saint Jérôme.

G. et H. Deux manuscrits des Evangiles ayant appartenu à l'oratoire de Vallicellane, désignés sous les n"^^ 57 et 50, du xi^ et du x" siècle.

L Un ancien missel du même oratoire, composé d'après les Sacramentaires gélasien et grégorien, noté B. VIII.

K. Autre Evangéliaire du même oratoire, noté E 16, du xi*" siècle.

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