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NOTICE SUR LES ÉCRITS APOCRYPHES DE L' ANCIEN TESTAMENT

Les théologiens appartenant à la communion réformée donnent le nom d'apocryphes aux portions de la Bible qui ne sont pas dans l'hébreu et qui se rencontrent seulement dans la version des Septante ; ce sont celles que l'Église romaine a admises et qu'elle désigne sous le nom de deutèro-canoniques.

Ces livres et portions de livres que les protestants rejettent de leur canon sont :

Livres entiers : Tobie, Judith, la Sagesse , l'Ecclésiastique, Baruch et les Machabées.

Parties séparées : Esther depuis le v. h du chapitre X jusqu'au v. 1U du chap. XVI, fin de ce livre ; Daniel, les v. 1k à 90 du chap. III et les chap. XIII et

Cette dénomination d'apocryphes , telle que l'emploient les réformés, produit une confusion fâcheuse , puisqu'ils la donnent, non-seulement aux deutéro-canoniquesdes catholiques, mais aussi aux livres regardés comme supposés par toutes les communions; ils en font toutefois la distinction , puisqu'ils admettent fréquemment dans leurs Bibles les deutéro-canoniques, tandis qu'on n'y voit jamais figurer les livres supposés et rejetés du canon catholique.

Les deutcro-canoniqucs ont été réunis et commentés dans les éditions spéciales de J. - \V. Augusii

(Leipzig, 1804, 8°), et de H. E. Apel (ibid. , 1836, 8°). Ils ont été l'objet d'une dissertation étendue de F. -G. Movers, insérée dans le Journal (en allemand) de Bonner, (1835, cahier 13). On peut aussi, consulter à leur égard Eichhorn, Einleitung in die apokryphischen Schriften des alten Testaments (Leipzig, 1795, 8°), G. E. Reuss, Dissertatio polemica de UbrisV. T. apocryphis perperam plebi negatis quam publico (Argentorati, 1829, 4°).

Ce n'est point de ces écrits que nous nous occuperons ; nous nous en tiendrons à essayer de donner une idée des compositions entièrement supposées.

Nous ne nous arrêterons point aux écrits apocryphes dont les titres seuls nous sont parvenus. V Évangile d'Ève dont parle saint Épiphane , les Prophéties d'Ève , les divers écrits attribués à Seth et dont parle YHistoire des auteurs ecclésiastiques, de Dom Ceillier , (t. I, p. 467), ceux qu'on a mis sur le compte de son filsÉnos, de Noé, de Sem, de Chara et de Cuïnan étaient des suppositions audacieuses ou des folies dont les sciences occultes fournissaient le sujet. Leur perte ne doit exciter aucun regret.

Les Ébïonites lisaient sous le nom de Jacob un livre intitulé V Echelle de Jacob que saint Épiphane dit avoir été rempli de rêveries. Le décret rendu par le pape Gelase réprouve un ouvrage intitulé le Testament de Jacob. Fabricius a publié cinq lettres adressées par Joseph à Pharaon et à ses conseillers, et on a attribué à ce patriarche un livre de magie intitulé : le Miroir de Joseph.

Quelques écrivains des premiers siècles citent par-

fois les livres d'Heldam et Modal , de Balaam , de JamnèsetMambrès, de Marie, sœur de Moïse; ils font mention d'une Explication des noms sacrés attribuée à Phinéès, et d'un écrit de Samuel touchant les droits de la puissance royale. Tout cela a disparu , ainsi que l'Apocalypse d'Élie que connaissaient Origène et saint Jérôme.

Un prophète aussi célèbre qu'Élie avait dû attirer l'attention des faiseurs d'écrits apocryphes ; on l'avait présenté comme auteur d'une Histoire générale de tous les temps, d'une lettre au roi Joram et de trois autres ouvrages intitulés : le Grand Ordre d'Elie > le Petit Ordre d'Elie, et la Caverne d'Elie.

Nous suivrons l'ordre chronologique des personnages sous le nom desquels on a mis les écrits que nous allons passer en revue,

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