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LIVRES ATTRIBUÉS A ADAM

On a prétendu qu'Adam était l'auteur de quelques psaumes. Des rabbins ont voulu lui attribuer le 92me, et d'après J. - E. Nieremberg (de Origine Sanctœ Scripturœ , Lugduni , 16/jl) , des visionnaires lui ont fait honneur de deux psaumes ou cantiques qu'il aurait composés, l'un après la création d'Éve, l'autre pour exprimer ses sentiments de pénitence après son péché ; Fabricius les a insérés tout au long dans son recueil, (t. I, p. 21).

Une composition plus étendue et assez curieuse pour que nous nous y arrêtions un instant, c'est l'ou-

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vrage connu sous le nom du Livre d'Adam ; il est conservé parmi une secte ou tribu qui habite aux environs du golfe Persique, et qu'on désigne sous le nom de Sabèens ou de Chrétiens de saint Jean. Il faut leur laisser la désignation de Mendaltes qu'ils se donnent eux-mêmes et qui vient du mot de menda, science. Leur doctrine, amas confus de rêveries qu'il est peu facile d'analyser , semble avoir fait de nombreux emprunts aux gnostiques et aux cabbalistes.

La langue des Mendaïtes est un dialecte chaldaïque ou syriaque corrompu , à la connaissance duquel on ne peut espérer d'arriver qu'à l'aide d'une étude approfondie de l'hébreu des Talmudistes. L'alphabet se compose, comme les alphabets hébraïque et syriaque de 22 lettres ; il a trois voyelles qui prennent place dans le corps de l'écriture , contrairement aux alphabets sémitiques.

C'est à un Suédois dévoué aux recherches sur l'Orient qu'est due la connaissance du Codex Nazaréens, Liber Açlami appelatus. M. Norberg le publia à Lund (Lundini-Gotkorum) , en 1815, et il y joignit un lexique , divisé en deux parties. Le tout forme quatre volumes in-4°. Un savant illustre, auquel la littérature orientale doit en France et dans l'Europe entière ses derniers progrès et son plus vif éclat , M. Silvestre de Sacy (1) , a rendu compte de cette publication importante dans trois articles du Journal

(1) Consulter, au sujet des travaux si multipliés de M. de Sacy, la Biographie des Hommes vivants, t. v, p. 413, et la notice de M. Daunou, lue à l'Académie des Inscriptions, séance du 10 août 1838.

des Savants, juin el novembre 1819, mars 1820. Les recherches de cet infatigable érudit nous serviront de guide dans les détails que nous allons consigner ici.

Le Livre d'Adam est formé de deux parties , dont la première se compose de quarante-une pièces séparées et d'une longueur inégale; elles commencent presque toutes par cette formule : « Au nom de la Vie grande, merveilleuse, excellente... »

Une singularité assez notable des divers manuscrits du Livre d'Adam,, c'est que les deux parties dont ils se composent commencent chacune à une extrémité du volume qu'il faut retourner pour passer de l'une à l'autre , disposition bizarre qu'une figure fera peutêtre mieux comprendre que toutes les descriptions :

A, lre Partie.

Chacune des deux parties commence ainsi avec le premier feuillet du volume suivant le sens dans lequel on le tient, et elles se rencontrent par leur fin dans le corps du volume. La Bibliothèque du Roi possède quatre manuscrits du Livre d'Adam ou Sidra ladam. D'après Kaempfer et autres écrivains , les Mendaïtes estiment que cet ouvrage a été envoyé de Dieu au premier homme par le ministère de l'ange Rasaël, afin qu'il y apprît, ainsi que ses descendants , à bien régler sa vie et à se rendre heureux.

Dans les deux premières pièces de la première partie du Livre d'Adam, il est fait mention de Noé, d'Abraham, de Moïse, de Salomon , de saint Jean-Baptiste, de Jésus- Christ, de la construction et de la

ruine de Jérusalem, des chrétiens, des Manichéens et enfin de Mahomet. On trouve dans une autre , quoiqu'avec beaucoup d'altérations , la succession des rois de Perse de la dynastie des Sassanides et la conquête de la Perse par les Arabes. On y lit que les rois arabes succéderont aux rois de Perse et auront le pouvoir durant soixante-onze ans, ce qui reporte cet écrit à la fin du premier siècle de l'hégire , c'est-à-dire au huitième siècle de notre ère. Si l'on a égard à la parfaite identité des idées , de la langue et du style qui se fait remarquer dans tout le recueil , on tiendra pour démontré qu'il ne contient rien qui soit antérieur à l'époque que nous signalons.

M. Silvestre de Sacy pense que cette composition a reçu le nom de Livre d'Adam , parce qu'il y est fréquemment question de la formation d'Adam et de ses rapports avec les bons et les mauvais génies. Treize pièces., dans l'édition de Norberg , commencent par cette formule plus ou moins abrégée : « Au nom de la Vie... Que la santé , la pureté et la rémission des péchés soient accordées à moi , Adam-Zouhron , fils de Scharat ; à mon père Yahia-Bakhtiar, fils d'Anhar- Yasmin; à ma mère Scharat, fille d'Anhar; à ma femme Moudalal , fille de Scharat ; à ma seconde femme Samra, fille de Scharat; à mes enfants, Adam, Behram, Si mal- Adam-Zou h ron , Sam et Bayan , fils de Moudalal ; à mes frères , Mehatam , fils de Scharat ; Ram, fils d'Anhar , et Adam-Youhanna, fils d'Anhar- Yasmin. » Au premier abord, cette formule si souvent répétée et par laquelle commence le recueil, peut faire supposer que la désignation de Livre d'Adam

vient de ce qu' Adain-Zouhron en est l'auteur ; cette hypothèse se trouve cependant détruite par le motif que ce nom d'Àdam-Zouhron ne se rencontre que clans un seul des manuscrits de la Bibliothèque du Roi ; dans les trois autres , on lit des formules semblables à celle que nous avons transcrite , mais avec des noms différents, comme Behram , fils de Simat ; Ram-Bakthiar, fils de Havat, etc.

L'auteur, quel qu'il soit, du Livre d'Adam ne se présente pas comme positivement inspiré; il ne se donne nulle part le titre de prophète ou d'envoyé de Dieu ; mais il fait souvent parler les génies , il raconte des choses fort élevées au-dessus des connaissances de l'homme et de beaucoup antérieures à la création d'Adam et même à celle du monde ; on ne saurait donc douter qu'il ne se soit attribué l'inspiration divine ou qu'il n'ait du moins supposé qu'il puisait sa doctrine dans des livres révélés.

Dans les pièces qui composent la seconde partie du Livre d'Adam, c'est presque toujours le Mana, c'està-dire l'âme ou la substance spirituelle venue par l'ordre de la Vie suprême pour vivifier et animer le corps d'Adam, en s'unissant à la matière inerte et inanimée qui porte la parole. Cette partie présente moins de difficultés que la première, mais il faut avouer aussi qu'elle offre moins d'intérêt sous le point de vue de la doctrine et du système religieux des Mendaïtes. Elle n'est pas complète dans l'édition de Norberg, mais elle l'est dans les quatre manuscrits de la Bibliothèque royale.

De nombreuses singularités qui se rencontrent dans

l'orthographe du dialecte des Mandaïtes en rendent la lecture et l'intelligence chose très-peu aisée. Diverses lettres sont confondues ; celles qui sont muettes dans la prononciation disparaissent des manuscrits ; Tordre des lettres radicales s'intervertit dans les mots; les lettres du même organe se substituent les unes aux autres, etc. Ces difficultés , qu'on peut appeler matérielles, sont toutefois peu de chose encore comparées à celles qui ont leur source dans les choses mêmes dont traite la plus grande partie du Livre d'Adam. G'est un sujet extrêmement obscur qui se compose tout entier d'idées fantastiques , de rêves d'une imagination en délire, d'actes et de raisonnements attribués à une infinité d'êtres d'une nature étrange et qui n'ont aucune réalité; des détails de la plus absurde cosmogonie, l'histoire enfin d'un monde imaginaire peuplé par des milliers de génies dont les noms mêmes sont autant d'énigmes presque toujours insolubles. La tâche de donner une traduction intelligible et claire d'un semblable ouvrage était des plus épineuses , et il ne faut pas s'étonner si Norberg n'y a point complètement réussi. ïl convient d'ailleurs , avec beaucoup de modestie, qu'il est loin d'être assuré d'avoir toujours bien restitué le texte et saisi le vrai sens. M. de Sacy lui reproche d'avoir donné une version qui souvent ne présente que des sens hasardés , des idées décousues et incohérentes , des mots latins substitués à ceux du texte et tout aussi obscurs que ceux de l'original dont l'obscurité est encore aggravée par le style pénible du traducteur.

Il nous reste à donner, d'après cette composition

dont la lecture est si rebutante, une idée de la doctrine des Mandaïtes. Elle offre une foule d'emprunts faits aux opinions des Manichéens et des Gnostiques, et cependant ces sectaires sont ennemis déclarés du manichéisme et de toutes les écoles gnostiques.

Afin d'arriver à retracer une esquisse des opinious des Mandaïtes, M. Silvestre de Sacy s'est livré à une analyse d'une des pièces principales du premier livre d'Adam (la cinquième occupant 106 pages dans l'édition de Norberg, tom. I,p. 131-237). Nous allons, d'après lui , en reproduire les traits principaux. Il faut quelque courage pour aborder l'étude de ces rêveries, mais elles occupent une place dans l'histoire de l'esprit humain.

Il existe deux principes de toutes choses ; ils sont éternels , indépendants l'un de l'autre et chacun d'eux ne doit qu'à lui-même son existence. Le premier est nommé Fira, et le second Ayar. La première production du Fira a été le Mana, le Seigneur de gloire, nommé aussi le roi de la lumière , et Youra , le Seigneur de la splendeur et de ia lumière. Le Mana a produit d'autres Manas ; le Fira produisit aussi des millions de Fira et des myriades de Sc/iekinta ( ce dernier mot est chaldéen ; il signifie la majesté divine , rendue présente et habitant avec les hommes ). Chacun de ces Fira de seconde classe a également produit des multitudes d'êtres. Tous se tiennent debout et louent le Mana, le Seigneur de gloire qui fait sa demeure dans VAyai-, le Seigneur de la vie qui est dans le Jourdain , dans les eaux blanches produites par le Mana. De ce grand Jourdain ont été produits des Jour-

dains infinis et innombrables; c'est lui aussi qui a produit la Vie,, et de celle-ci sont venues une foule d'autres créatures. Il s'éleva parmi tous ces êtres des rebellions et des combats ; les rebelles furent vaincus et jetés « dans le séjour des ténèbres, dans la demeure » des méchants , dans le lieu où résident tous les cor- » rupteurs , dans l'espace habité par les dragons, vers » le gril du feu dévorant, vers le gril du brasier dont » les flammes s'élèvent jusqu'au firmament. » Le chef » des habitants des ténèbres, Our, lutte avec un génie céleste, envoyé du Mana3 et portant, parmi beaucoup d'autres noms, celui de Manda-di-kaï, la connaissance de la vie. Près de succomber, Our se hâte d'engloutir la terre, mais bientôt vaincu et lié , il est renfermé dans une tour environnée de sept murailles, munie de vingtquatre tours et gardée avec le plus grand soin. Humilié , il reconnaît enfin la supériorité de l'envoyé céleste, et il sollicite son pardon, il y a dans toutes ces rêveries un cachet poétique et sombre qui rappelle parfois l'Apocalypse et le chef-d'œuvre de Milton.

Ensuite le Manda- di-haï demande et obtient que Gabriel soit envoyé pour créer un nouveau monde à la place de celui que voulaient avoir pour leur domaine les génies rebelles. Il lui est révélé que la doctrine des sept planètes, celle des'^douze signes du zodiaque , enfin celle des cinq étoiles se succéderont dans le monde ; après quoi , une nouvelle doctrine , une doctrine de vie, prendra la place de toutes les autres ; son fils chéri viendra qui desséchera l'abîme , formera le monde, l'éclairera, donnera la vie aux

corps en les animant d'un souffle. Ces prédictions exaltent Our jusqu'à la fureur ; il s'agite dans sa prison 3 il ébranle les fondements de la terre. Le Mandadi-haï le frappe d'un coup de massue , lui ouvre le crâne, lui arrache des gémissements et des pleurs; puis , ayant posé à l'entrée du monde une porte et dressé un trône pour les bons, il retourne au séjour de la Vie qui le récompense par une augmentation de gloire et d'honneur.

Ici commence un nouveau récit , c'est la création du monde que nous habitons. Un génie , nommé Fétahil , un génie du sexe féminin , l'Esprit , mère a" Our, et une foule d'autres créatures fantastiques figurent dans cette étrange cosmogonie qu'il serait long et fastidieux de vouloir analyser. Ce qu'on parvient, non sans peine, à débrouiller au milieu de ces récits obscurs, c'est que l'empire de la terre et de la mer est resté aux mauvais génies ; ils sont toutefois dans la dépendance et sous les ordres des génies célestes. La durée des années sera déterminée par les douze signes, et depuis la formation d'Adam et du monde jusqu'à la fin des mondes, il y aura quatre cent quatre-vingt mille ans. Les génies rebelles font leur possible pour tromper et perdre Adam, mais le Manda-di-kaï n'abandonne point le père du genre humain ; il le console au milieu des attaques que lui livrent ses ennemis , il le fortifie contre leurs attentats et contre le désordre produit par leurs malignes influences dans la nature. Il lui recommande de se garder des sept planètes et de ceux qui les adorent. Il lui révèle que les planètes s'étant partagé le zodiaque ,

ont introduit la mort dans le monde , cependant les âmes des fidèles et des justes monteront habiter le séjour de la lumière , mais celles des sept planètes et de leurs adorateurs demeureront liées et fixées à leur place jusqu'à ce qu'elles s'anéantissent. Chacun des douze signes , en prononçant une parole secrète , a produit dans le monde quelques espèces d'animaux , ou de végétaux , ou de phénomènes nuisibles et destructeurs, le tout dans l'intention de causer du dommage à la famille de la Vie , c'est-à-dire , au genre humain , mais , par la disposition du Manda-di-haï , toutes ces productions ont tourné au service et à la nourriture de la famille de la Vie.

Le récit qui occupe le commencement du tome II de l'édition de Norberg (p. 1-17) est assez singulier pour que nous nous y arrêtions un instant. C'est la narration du voyage d'un génie qui visite tous les lieux où sont détenus les génies rebelles et leurs partisans. Il vient à la prison où sont enfermés les sectateurs du Messie ; ces âmes malheureuses font effort pour boire d'une eau à laquelle leurs lèvres ne peuvent atteindre. Elles se plaignent du sort cruel qu'elles éprouvent , tandis que, durant leur vie, elles ont revêtu ceux qui étaient nus et exercé toute sorte d'oeuvres de charité. Il y a dans ce fragment des allusions manifestes à divers passages des Évangiles. Ailleurs (î; I , p. 321 ) , on rencontre des traits qui rappellent ^3 psaumes : « La Vie s'est manifestée à l'univers ; >; l'éclair et la lumière de la Vie se sont levés ; la mer » l'a vu et a retourné en arrière ; le Jourdain a ré- » trogradé ; les montagnes ont bondi comme des cerfs

» et des biches dans le désert ; les collines ont parlé » comme les filles des nuages ; les montagnes ont ou- » vert leur bouche , et chanté des hymnes de louan- » ges , et les cèdres du Liban se sont brisés ; la terre, » me voyant , a été ébranlée et a tremblé ; le roi de la » mer, à mon aspect , a retourné en arrière. Orner , » qui as-tu donc vu pour retourner ainsi en arrière? » Jourdain , qui as-tu donc vu pour rétrograder ainsi » dans ta marche ? »

Jérusalem est fréquemment représentée dans le Livre d'Adam comme un séjour d'abomination et d'erreur ; sa fondation est attribuée aux sept planètes qui ont réuni leurs communs efforts pour la produire. Après avoir formé cette cité , elles y ont laissé la débauche et la corruption , et elles ont dit : « Quiconque habitera à Jérusalem, ne prononcera pas le nom de Dieu. » Il est remarquable que le récit de la destruction de Jérusalem attribue à cette catastrophe pour signe ou pour cause un aigle blanc qui vient se reposer sur cette ville ; cet aigle est sans doute l'emblème des armées romaines.

Le célibat inspire une vive horreur aux auteurs du Livre d'Adam; ils recommandent énergiquement le mariage , et d'ailleurs , dans l'idée comme dans l'expression , ils s'expriment toujours avec toute la crudité orientale. Il est enjoint aux Mandaïtes d'oindre , aux approches de la mort , leurs corps d'une huile pure ; faute de quoi , leurs âmes ne pourront monter au séjour de la lumière et seront retenues en prison , jusqu'à ce qu'elles aient reçu soixante-un coups. Arrivées au signe de la lumière, les âmes verront une

multitude de vignes et boiront de la liqueur qu'elles produisent.

Les Mandaïtes doivent prier trois fois par jour ; ils sont tenus de prêcher la doctrine de la Vie et de donner des vêtements aux pauvres. Ils sont astreints de se réunir dans le temple au lever du soleil le premier jour de la semaine , d'y conduire leurs femmes et leurs enfants. Ils répondent des fautes de leurs enfants jusqu'à ce que ceux-ci aient atteint l'âge de quinze ans. Les Mandaïtes justes et pieux ne demeureront pas éternellement sur la terre et ne seront point jugés comme les autres hommes ; ils ne seront point condamnés et précipités dans la grande mer de Souf (la mer Rouge) , où seront jetés et où périront l'Esprit ( mère de Our) , les douze signes et les sept planètes. Quant aux Mandaïtes infidèles , leurs âmes seront exclues du séjour de la lumière; elles seront privées de tous les avantages qui leur avaient été accordés sur la terre et dont elles n'auront pas profité ; leur baptême remontera au lieu d'où il était descendu ; elles seront précipitées au plus profond des lieux ténébreux.

Nous nous sommes trop arrêtés peut-être sur les doctrines d'une secte bien restreinte et qui est menacée de s'éteindre dans la persécution et l'indigence.

M. Silvestre de Sacy qui en avait fait l'objet d'une étude patiente, ayant voulu savoir quelle était sa situation, reçut d'assez tristes détails; ils sont consignés dans une lettre de M. Raymond, vice-consul à Bassora, écrite en 1812.

« Réduits au nombre de quatre à cinq mille , op-

primes par les Persans et par les Turcs , les Sabéens vivent dans la misère et l'abaissement. Ils ont plusieurs scheikhs : un pour marier les filles vierges , un autre pour celles qui ne le sont pas ( le premier ne voulant pas se charger de cette cérémonie , y attachant une sorte de déshonneur) , et un autre pour marier les veuves. Ils ne parlent, ni n'entendent le syriaque; la langue qu'ils employent est la langue écrite, celle de leurs livres. Ils n'ont aucune traduction de leur Sidra Adam en arabe, ni en turc, ni en persan. Il se marient entre eux et ne souffrent pas que leurs filles choisissent des époux hors de leur secte. Ils ne font plus de pèlerinage au Jourdain. Les Musulmans les maltraitent fort , dans le but de leur extorquer quelque argent. »

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