LA XXXX"II« EUVANGILLE
Lors dist Transeline : Pour aussi vray que EuyangiUe, quant une femme a conceu soit filz ou fille , de legier se pœult sayoir par le desirier qui leur souryient ; car se une femme porte fille et désire chose que avoir ne pœult, de legier se met en grant péril de sa vie et de son firuit périr ; mais d'un filz non. Pourquoy je vous appreuye que le sexe féminin désire et appète la chose plus ardemment que le masculin , se crainte ne moiennoit là influence.
A tant finent les Ewan^lles de la seconde série.
" noi
'[troisième SERIE.]
Cf commencent les EuifangiUes des QuenouUesy qui, à la tierce série ^ ou siète , ou escriène ^ furent certiffiées estre vraies par les fllleresses vielles et autres iilec présentes , et qui entre elles jusqu.es d ores maintiennent estre "vraies,
El p rem ierem ent .
I UANT Fcure fut venue de la tierce perie, et que toutes fuient venues, * assises et mises au £t lier, deJfendu fut que eiicoires nul» liûms n'y enlreroit, Âdont Scbille , une des pîus vielles de toutes et la plus compaigne a Transeîiue , se îieYe et dîst : Je vous prie, puis que chacun se taist , que j*aye coiigié de parler sur correction. Accordé fut.
LA PREMIERE EUVANGILLE BE LA TIERCE SERIE OU SïÈTE.
Certes , Transe line , dit Sebille, en ta-
i38 APPENDICE.
membrant la darraine et yraie parole par Tpus hier soir ditte, que trop plus ardamment désire femme que homme, il est vray ; mais crainte tousjours modère la supeiv fluité , et qu'il soit aussi vray que Euvangille, regardez : Il aveodra que fille ou femme octroiera par prières et par amour à son ami sa requeste à tel jour et à telle heure , et , elle comparue , s'il faut de venir, jamais à icelle ne pœult recouvrir, s'elle n'est plus que sote rabice. Et, au regard de moy, combien que ne soie des plus jenues , si suiz-je à marier ; mais se uug jeune cornpaignon me vouloit sievir en bien et me prioit de parler, et il n'y venoit , jamais , pour y mourir, plus ne l'escouteroie ne rebailleroie ne jour ne heure.
Lk SECONDE EUVANGILLE.
Quant Sebilie eut parlé comme dit esi^ toutes les vielles qui là estoient furent de son accord ; mais une très belle fille à marier, qui tout ce oioit à l'accorder ou non, dit :
Chacun en dit et fait à sa guise. Ung homme condempné à mort, après encoires sera escouté. Si doit chacun estre oy à excusation, et nature m'y contraindroit, et ainsi en advient à toutes, se froideur ne leuï* a mys en oubly les plaisirs du jeune eage.
B. Troisième Série. i3g
LA tierce EUYANGILLE.
Ghangons propos, distTranselîne. Sidist à Berte, une sienne amie, vielle, laide et crépie : Qu'en dittes-yous ? — Certes, dist Berte, de marier ne me parlez , s'il n'estoit bien à mon liait ; et lors, pour estre la mieux amée, lui feroie mengier en porée d'erbes cueillies la nuit saint Jehan (V, i) , et mettroie en son oreillier plumes de chappon qui aroit mené jennes pouchins, et du poil de la droite pâte de son chien, et de mon chat le fin bout de la queue (V, i , Glose.^
LA QUARTE ELYA1NGILLE.
Pour estre au dessus de son mary que jamais ne batra sa femme, dist Berthe , faut prendre toutes les chemises de son mary, et, à chascune foiz que son curé chante des trespassez, en mettre scintement une et estendre sur la pierre de Fautel dessoubz les nappes, et lui faire vestir le dimence ensievant; car, tant qu'il a de telles chemises vestues, il est à sa femme doulz, gracieux et courtois (V, a).
LA QUINTE EUVANGILLE.
Quant une femme désire que son mary
i4o Appendice.
ne se double, prende son chat et le muce par deux jours soubz ung cuyier sans mengier ne boire, puis lui loie les iiij pattes ensemble bien ointes de bure, et lui donne pain trempé en son orine, et rien autre chose, qu'il mengera par famine, et, incontinent que ainsi advenu sera, le oiary tant amera sa femme, que pour nulle autre ne Tabandonneroit.
LA SIXIÈME EUYANGILLE.
Lors que femme yœult que son mary aime Tun de ses enfans plus que Tautre, il lui face mengier des deux bouts des oreilles de son chien la moittié, et à Venfant l^autre part. Si s'entr'ament assez tost, tellement quHlz ne sauront estre Tun sans Tautre (V. 3).
LA SEPTIÈME EUYAMGILLE.
Dist cncoircs une autre filleresse moult ancienne : Quant femme désire que son man aime tous ses enfans oultre mesure, si prende de Tonne de tous ses enfans à tout eaue belle et clère, et par ix jours au desceu de son mary lui en fâche laver ses deux mains et son visage, et par ainsi seront fort amez de leur père tous ses enfans (V, 4).
B. ^Troisième Série. i4t
LA HUITIÈME EUYANGILLE.
Se ane femme a grand désir que son mari ayme les parens et amis de par elle qu'il jamais n*ara amez , quant ilz la vendront yeoir leur chien avec eulx , fault recueillier de la pissate du chien et lui en faire boire en cervoise ou mengier en potage à. son desceu. Et , après festoie qu'il ara le chien , moult ara en sa grâce les personnes que le chien aymera.
LA IX«» EUYANGILLE.
Se femme conyoitte que son maryprende en hayne qui que soit qu'elle n'ayme pas, assez se treuve accoisons, mais qu'elle se y yœulle emploier. Si ne fault que dire à chacune foiz qu'ilz rencontrent l'un l'autre : Incamo et tibi soU et cet.^ sans autre licite salutation ou devises.
LA DIXIÈME EUYANGILLE.
Qui yœult son chien affranchir de mauyaiz devenir, si lui donne à mengier tous les jours au matin dupropre[pain], ungmorseau ou deux , qui ara le dimence prochain esté
f4a APPENDICE,
porté à Toffrande de la grant messe, et, qaant le cliien le refiusera , sachiés que il est mal disposé (V, 5).
LA ONZIÈME EUYANGILLB.
Femme qui désire que ses vaches donnent chacune autant de lait conune celles de ses voisines , si doiht par chascun jour son vaissel à moudre frotter des bonnes erbes cueillies sur la nuit saint Jehan (V, 6).
LA DOUZIÈME EUVANGILLE.
Qfui vœult avoir l'yver et Testé le bure de ses vaches, depuis qu'elles ont vellé, lorsque les vaches sont en sault , les convient mener devant le taur , et les laissier le taur flairier , sans autrement touchier celle fois, et mener la vache trois fois entour le taur, et ainsi à la seconde fois, et à la tierce la faire saillir, et depuis tant qu'elle aistretenu(V, 7).
LA TREIZIÈME EUVANGILLE.
QuicONQUES ne vœult estre assailly ne abhoyé des chiens de jour et de nuyt, si aist de bon frommage rosty et leur en donne en disant : Incamo et freno et cet. Et si il sera laissié paisible. Ce tour doibvent bien savoir ces amoureuz (V. 5, Glose).
B. Troisième Série. i43
LA QUATORZIÈME EUVANGILLE.
Qui vœult avoir toute une lune de l'argent en sa bourse , si la salue reveramment le propre jour qu'elle appert nouvelle , et, le jour ensievant, si se perchevra moult tost de bon secours (II, i4, Glose).
LA QUINZIÈME EUVANGILLE.
Quant fenune enchainte engambe le tymon d'un char, se c'est ung filz, il ara gros membre et dur à merveilles, et, se c'est une fille , elle ara moult grosses lèvres et vermeilles (V, 8).
LA SEIZIÈME EUVANGILLE.
Qui jamaisne vœult perdre ung bon chat, quant on le a tel , oindre lui convient de bure le museau et les quatre pattes par trois jours, et jamais de l'hostel ne s'en fuira
LA XV1I« EUVANGILLE.
Qui vœult enlever les aguetz et perilz de son chat , quant il est musclé , si lui coupe tout jus une paulme de sa queue ; car, après que il a quatre ans, il pense nuyt et jour comment il porra son maistre estrangler.
i44 Appendice.
LA XTIII* BUVANGILLE.
Se aucune personne mengae d^une beste que le loup aist estranglé et de laqueUe il aist par ayant mengié, à grant payne pœolt icelle personne rendre ame, se le loup nVst premièrement mort (V, lo).
LA XIX** EUVANGILLE.
Se le loup, d^aventure, emporte ung moutonneau ou brebis bors des autres sans estrangler, et il y est rescouz et se remet k point, ce loup le recognoistra depuis tousjours, et plus ne Tassauldra pour tant qu'il en puisse avoir d'autres , et se d'aventure il le prent et cstrangle, si n'en mengera-il ji, mais bien porra sucbier du sang, s'il en a le temps et loisir.
LA XX^ EUVANGILLE.
Quant l'on voit blans religieux aler ou cbevaucbier parles champs, nulz ne se doibt acheminer celle part, pour le lait temps qui par coustume leur sourvient (V, f i).
LA XXI« EUVANGILLE.
LoRS que perchevez les corbeaulz en
B. Troisième Série. i45 grant nombre eulz assembler en lieu non accoustumé, crians haultement et menans grant friente, pour aussi vray que Eu7angille, c'est tout signe d'aucune grande et prochaine adversité advenir.
LA XXII** EUVANGILLE.
Quant une dame des nopces va de maison à Teglise pour espouser, la meilleure de toutes les prières qu'on lui donne demeurent à son prouffit, moiennant que le donneur soit de par elle incontinent remercié; autrement non (V, la).
LA XXIII® EUVANGILLE.
Jamais on ne doibt mettre œulz de geline couver, ne d'anette, le venredi, ne les deux jours que la lune se refait et défiait ; car certes ilz sont par coustume devourez par bestes et oiseaulz la plus grant partie (V, i3).
LA XXIIll® EUVANGILLE.
Quant à une femme la gorge lui demengue, ce sont bonnes nouvelles que brief yra aux nopces ou à relevée faire grant chière ; mais quant c'est la teste, tout le contraire (V. i4).
l46 APPENDICE.
LA XXV« EUTAIIGILLE.
Qui tient ung chat larron, et il est pris en présent meffait, l*en loi doîbt frotter son museau à ce qu'il a dommagié, et par trois fois, et jamais plus ne s'i vonldra rembattre.
LE XXyi<» EUYAIHGILLE.
Quant on voit plenté de chaudes sons Yoller entour une maison, il en fait bon deslogier, car c'est ung grant signe cpie temprement la destruira (V, i5).
LA XXVII« EUTANGILLE.
Qui de nuit laisse sur la table la nappe estendue, et les soris viennent par nuit sur la nappe mengier les millettes de pain, quiconque mengue le lendemain sur icelle nappe, ses dens lui deviennent noirs et tost après pourrissent (V, 16).
LA XXVIIl* EUVANGILLE.
Qui le samedi ne met sur le hasple toutes les fusées de la septmaine, le lundi en trouve une mains, que les servansdesfaé^
B. Troisième Série. i47 prent le samedi nuit pour leur droit ; et par tout font ainsi iceulx , si les présentent à chascune sa portion,^ lorsque par tout ont dilligamment yacqué.
LA XXIX» EUYANGILLE.
Quant ung enfant est né et prest pour porter baptisier, soit fil z ou fille, sur le bras où premier est mis prent-il Tadresce et inclination; car, quant vous perchevez une personne esclencbie, au porter baptisier, il fut premier coucbié sur le bras esclenc, dont il tient à son préjudice. Et pour tout ne pœult l'en faillir de premier couchier et porter Fenfant sur le droit lez.
LA trentième EUVANGILLE.
Quant ung puceau prent une vesve à femme, le premier enfant quHlz auront, se c'est ung filz, pour aussi yray que Euvangille, il tiendra de sa mère et sera sage, et se c'est une fille, par droit contraire, elle toute sa yie demourra innocente.
LA XXXI® EUVANGILLE.
Qui en sa maison nourrist une chienne