I.E tiers ghappitre
Se une femme yeult que son mari aime
Cinquième Journée. 75
mieulx Tun de ses enfans que Tautre, si lui face mengier des deux débous des oreilles de son chien la moitié, et k Tenfant Tautre moitié, et, pour aussi vray que Euyangile, ilz s^entr^aimeront si fort que à pou pourront-ilz estre Fun sans Tautre.
LE QUART GHAPPITRE.
Se une femme veult faire que son mari aime tous ses enfans oultre mesure, si prende de Torine de tous ses enfans à tout eaue belle et dère, et par .ix. jours, au descende son mari, lui en face layer ses mains et son visage, et sanz faulte il les amera oultre mesure.
LE V« GHAPPITRE.
Qui veult affranchir son chien de devenir enragié , si lui donne à mengier, tous les jours, an matin, du propre pain, un morsean ou deux, qui aura esté porté à Toffrende le dimence derrain passé , et si le reffuse, sachiez pour vray qu'il est mal disposé.
Glose. Marotte Pelée dist que qui ne veult estre assailli ne abayé des chiens, de jour ne de nuit , si ait du bon frommage rosti, et leur donne en disant : In chamo et
64 Quatrième Journée.
Euvangile , jamais ne serez malade du mal sainct Loup de Feuilloy.
Glose. Galle Court-Talon dist qu'elle le fist une fois, mais elle ne povoit durer d'escopine qui le poingnoit au dedens des cuisses : je croy que ledyable estoit en Ferbe.
LE XV« GHAPPITRE.
Quant un enfant est né, ayant qu'il soit baptisié, gardez-vous de le mettre premièrement ne porter sur yostre bras senestre, car pour yray il en seroit gauchier toute sa yie.
Glose . Martine Tost-Preste dist à ce propos que se yous faites tourner à yostre mari son visage vers orient tandis qu'il est embesoingnié ou fait d'amours , s'il fait gèneracion , ce sera un filz.
LE XVI« GHAPPITRE.
Qui se mire en un mirouer, de nuit, pour aussi yray que Euvangile, il y veoit le mauvais, et si n'en embelira jà pourtant, ains en deviendra plus hiit.
Glose, Belotte Camuse dist qu'il y a des mirouers à Bruge, à glace, qui sont naturelz , et qui rendent les gens qui se mirent
Quatrième Journée. 65
un pou bruns ; mais ilz ont mauvaise alainc.
LE XVII* CHAPPITRE.
Qui veult estre victorieux en guerre ou eureux en marchandise , si veste au matiu sa chemise ce devant derrière ou à Fenvers, et, pour vray, il le sera.
Glose, Geste rigle est sans aucune faulte, mais que la guerre ne soit contre sa femme, car, s'il la voloit batre, il le perderoit.
LE XVIIl* CHAPPITRE.
Quant une femme a son coq lent et niche , elle lui doit faire mengier des aux et lui en oindre la creste, affin qu'il en deviengne plus fort et plus vigoureux , et aussi il en gardera mieulx ses drois envers ses gelines.
Glose, Qui porroit trouver, dist Marote Kidée , Terbe qui réveille les niches maris , j'en donroie jusques à ma chemise, et deusse aler pour mon pain.
LE XIX« CHAPPITRE.
Qui veult nourrir et eslever petis chiens sans gaires croistre , il doit au matin laver ses mains en largement d'eaue , et d*icelle
66 Quatrième Journée.
mouillier le pain qu^on donne aux cbiens^ et de celle eaue leur bailler à boire ^ et, pour vrai, jamais plus ne croisteront, neiz que les mains qui d'icelle sont larées.
Glose. Je croy bien qu'il soit ainsi, mais Marote Pelée , ma taie , les nourrissoit en un pot, et ilz ne povoient croistre plus grant que le pot n'estoit.
LE XX« CHAPPITRE.
Quant une femme se liève de nuit pour pissier devant que le coq chante la tierce fois, et elle engambe par dessus son mari, sachiez que, s^il a aucun de ses membres roide, qu*il se amollira s*elle ne retourne en son lieu par où elle est engambée.
Glose, Maroie Ployarde dist que, se c'est après le premier chant du coq , elle sans préjudice s'en puet retourner par ou lui plaist.
LE XX1« CHAPPITRE.
Pour certain , mes voisines, quant vous orrez fort venter, sachiez que c'est tout signe de traison , ou au moins de mauvaises nouvelles.
Quatrième Journée. 67
Glose. C'est chose moult de fois esprou- ^
vée, dont les exemples en seroient trop longues à raconter.
LE XXII^' GHÂPPITRE.
Quant un homme chevauce par le che*.
min et il rencontre une femme filafnt , c'est très mauvais xencontre« et. doit retourner et prendre son chemin par autre yoye.
Glose. Jacquette Joquesus dist que, se la femme veult muchier sa queloingne en son .
gyron ou derrière son cul , qull ne lui puet nuire ; mais s'il, par avapture, cheoit de son cheval , il se porroit bien fort blechier en aucun de ses membres.
LE XXIII« GHAPPITRE.
Je vous dy pour conclusion , et pour dussi vray que nous sommes icy, que, se ^iie femme veult que son mari ou amy Tainul fort, elle lui doit mettre une fueille de gauguier , cueillie la nuit éaint Jdian tandis qu'on sonne nopne , eu son soûler du pied senestre, et sahs faulte il Famera rnool^ merveilleusement.
68 Quatrième Journée.
Conclusion de la série dujeudy,
CELLE conclusion commencèrent toutes les vielleset jones qui presens y estoient à deviser toutes ensemble et faire un murmure , conune toutes esbabies des nobles auctoritezetyrayes Eu-^ vangiles que dame Sébile leur ayoit exposé , et bien promirent entr*elles de les retenir et mettre en leurs mémoires , car sainctes et bonnes les tenoient. Il me desplaisoit moult que compaignie d'aucun homme ne povoie avoir pour rire : car, certes, la manière qu'elles tenoient estoit moult estrange, et, à mon avis, il leur scmbloit que le monde, par ces constitucions et cbappitres , se devoit cy après gouverner et régir par elles. Or ça, dist Tune , qui moult vielle et bocbue estoit, nommée estoit Mabelie du Cendrier, mes amies et voisines, il est jeudy, qui est jour de recreacion, et le plus cras de la sepmaine. Il m'est avis qu'il seroit bon que feissons un petit bancquet pour recréer noz espris, et especialement pour bienvegnier le profiat de noz bonnes et sages doctoresses , qui jusques icy nous ont
Quatrième Journée. 69
instruit et amonnesté la noble doctrine, dont ci-après, sans aucune double, serons améez, prisiez et bonnoiu*ées, et par aventure parvendrons à avoir dominacion par dessus les bommes. Qu'en dittes-vous ? Certes , dist une sienne voisine, qui bonne galoise estoit, et savoit assez du bas voler, nommée Mehault Ployarde, je vous diray : Oncques femme ne dist mieulx ; je m'en voy à ma maison tout quoiement tandis que mon mari Ployart dort , et aporteray une douzaine d'œfe. Dist une autre : Et je m'en voy quérir de la farine et du burre ; si ferons des gauffres, et, par Dieu, le vilain Joquesusn'en tastera jà. Respondy une vielle ridée, nommée Flourette du Pré : Et je m'en voy quérir demy lot de vin doulz, car aincoires ay-je espargnié un denier que mon mari Malprest ne sait point. Or sus doncques, cbascune se mette en ses devoirs, dist l'une, et je feray tout aprester. Tandis qu'elles estoient ainsi empescbies et ne pensoient fors d'accomplir leur entencion, je me départi en mucbettes, et sans congié me retray, car grant sommeil avoie. De la chière quelle firent riens n'en sçay, fors ce que le lendemain m'en fut dit ; mais il n'y a chose digne d'estre mise par escript , car en ce bancquet y eut tant de raisons
8^ ClNQUlàllB JOURH^E.
LE XX« GUAPPITRE.
Mes bonnes amies, se desirez sçayoir se aucune femme est enceinte, tous devez dire à la femme qui se doubte d*e$tre grosse que elle pisse en un bassin et puis mette un loquet dedèns , ou une clef, mais il est plus décent que ce soit un loquet , et soit laissé dedens le bassin avec Torine trois ou quatre beures, puis soit respandue Tonne et sçit levé ledit loquet, et se voyez que Timpression du loquet demeure au bassin, croyez de certain que la femme à qui est Forine est grosse; ou si non, elle ne l'est pas : c'est l'un des deux.
La conclusion de là série au vendredy,
OUR cestef-derraine glose sourdy grande tmnulte entre les femmes , Ulec assembléez, tant de rire com< me de parler toutes ensemble, et ne sembloit autre chose fors que ce fust un marcbié de hire bare, sans ordre, et sans voloir entendre Tune l'autre, ne atendre la fin de leurs raisons. Pourquoy, quant je vey ceste confusion , je ploiay mon papier, estouppay et serray mon escriptoire , remis ma plume en
Cinquième Journée. 83 mon coffîn, et me levay en me cuidant emhier d'elles ; mais tautost je fus apperceus d*aucunes d'elles, qui me retindi'ent à toute force , et pour moy firent aucun pou de silence, qui .gaires ne dura , en laquele elles me prièrent que lendemain voulsisse retourner entr^elles à Teure acoustumée , affin de parfurnir et achever leur intenciou et la chose encommencéé , et pour mettre par escript le résidu des Ëuvaugiles de dame Berthe de Corne, qui estoit la derraine assemblée qu^elIes dévoient faire , et où elles dévoient conduire et faire fin de leurs articles. Moy^ considérant le commun proverbe, que se dit que qui sert et ne parsertsonloyer pert , leur ottroiay leur requeste libéralement. Et après congié pris d'elles, me parti et m'en alay re- . poser, car la teste avoie fort vuide, pour les raisons traversaines d'elles que mou entendement n'avoit peu comprendre. Si les laissay illecques trousser leurs bagues et leurs quilles, et m'en alay reposer.
La continuacion de la série du vendredy à celle du sammedy.
1 E saiDedy soir, environ sL\ heures , I après le salut de Nostrc Dame , [et q!ie j*eus prise assesï: legière réfection , tant pour Tonneur du jour comme pour 1 affection que j*avoic pour veoii' et oyr à quel fin prenderoient noz dames conclusion de leurs Euvangiles , je , après que j'eus prises mes agoubiiles , papier, plume et enchre , me Iransportay ou lieu où le iioir précèdent avions assemblé -» et, moy illec venus, me assis en mon lieu acoustumé.
Plubeurs des escolières cstoient dessjà venues, qui commençoient à desvuider et haspler leurs fuséez , car fiier ne povoient, pour Touncur du samedy et de la Vierge Marie, le oVus illec gaircs scjournéi quant vint dame Berthe de Corne, acompaignic de pluiseurs de ses amies et voisines , pour son Euvaugile lire et continuer, comme à ce faire estoit esleute. Mais avant que je
B. Seconde Série. 117
LÀ IX® EUVÂNGILLE.
Sa compaigne dist : Pour vray, quant sur une maison agaches gargonnent, ce n^est quelque signe de bien ; mais , quant mouscons y gargonnent et repairent , c'est tout bon signe (II, 7).
LÀ DIXIÈME EUYÀNGILLE.
Quant oreilles demenguent, dist une autre , pour vérité , se c'est la droitte , ce sont bonnes nouvelles; quant c'est la se^ nestre, le contraire (II, 8).
LA XI® EUVANGILLE.
Quant pos ou porée boulent ou pot , jus du feu , c'est à dire que il n'y a point de sorcerie en la place (II, 9).
LA XII« EUVANGILLE.
Qui double la quauquemare qu'elle ne viengne de nuyt, il convient mettre une sellette de bob de quesne devant ung bon feu. Scelle se siet dessus, venant illec pour autrui grever, jusques au cler jour ne s'en pourra lever ne partir du lieu (H, lo).
io8 Appendice.
LA DIXIÈME EUYANGILLE.
Quant une fille mengue par coustume lait bouly à la paielle, youloutiers pleut à ses nopces. Elle ainsi a baron merancolieux et songart, et ne fault pas de souvent estre croteuse et mal parée (I, lo).
LÀ ONZIÈME EUYÀNGILLE.
Quant ung homme pucel prent à femme une fille pucelle , pour vray , et ce advient, que le premier enfant qu'ilz aront sera sot
LA DOUZIÈME EUYANGILLE.
Quant Fenfant est né, après qu'ilamengié la tette, se Tenlui pœult donner àmengier de une pomme cuite, jamais après n^en sera si souviz à mengier ne boire et si en sera plus courtois en fais et en dits (I, i3).
LA XIII® EUYANGILLE.
Quant ung enfant est né, on lui doibt porter le boiel jusques au chief, et l'enfant en ara longue et doulce alayne , bonne voye et bonne loquence(I, i3, Glose),
B. Première Série. 109
LÀ QUATORZIÈlfrE EUYANGILLE.
Qui fera secbier par deux enfans jennes et beaulx la aubette du petit enfant sur la; pointe d'une espée trenchant et clère , sans doubte Tenfant sera toute sa yie bcaulz et hardiz(I, i4).
LÀ QUINZIÈME EUYANGILLE.
Pour avoir l'enfant sescheveulz crespés, quant il sera desobé , lui soit rué du yin blanc sur son cbief, et après soit son baing jette à la racbine d'une vigne (I, i4).
LÀ SEIZIÈME EUVÀNGILLE.
On ne doibt jamais tirer espce nue ne autre long trencbant devant femme grosse; qui, premier que tien s^en face, ne lui va doulcement toucher du plat sur son cbief, affin qu'elle demeure asseurée, et que son firuit en soit toute sa vie plus hardi , et non paoureuz ne doubteuz (I, i5).
LA XVII* EUYANGILLE.
Jennes filles jamais ne doibvent men*