‹ Les Evangiles et la critique au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 4 sur 37 · LE& ÉVANGILES · texte numérisé non relu

LE& ÉVANGILES

ceux qui sont engagés dans la discussion. Nous n'avons même besoija de nommer personne. Nous croirions manquer à nos devoirs les plus évidents si nous nous permettions ici envers qui que ce soit une seule allusion blessante.

Vous vous rappelez la définition que nous avons donnée du miracle. Pour mieux faire comprendre que le miracle n'est point un renversement de Tordre, une anomalie, une contradiction de Faction créatrice avec elle-même, nous avons évité de dire qu'il était un événement contraire aux lois de la nature. Le miracle , avons-nous dit, est un acte divin en dehors et au-dessus des phénomènes ordinaires et des énergies créées. L'action divine, dans l'espèce, a son caractère propre qui la rend facilement reconnaissable. Le miracle est possible : c'est un secours par lequel Dieu ramène au vrai et au bien la créature égarée. Dieu peut accorder ce secours puisqu'il est toutpuissant , il le peut parce qu'il est libre , il le veut parce qu'il est Providence, générosité absolue, amour infini.

Maintenant, quelles sont les difficultés élevées contre cette démonstration? Elles dérivent toutes ou d'une notion fausse de Dieu , ou d'une notion fausse de la nature, ou enfin d'une notion fausse du miracle.

Trois systèmes de philosophie sont incompatibles avec les miracles : l'athéisme, le déisme et le panthéisme. Nous l'avons déjà dit dans les leçons précédentes. Messieurs, comme les erreurs philosophiques, ainsi que nous l'avons prouvé, sont le principe de l'exégèse moderne, et

que nous touchons ici à la source des fausses appréciations de la Bible, permettez-moi de réfuter brièvement ces systèmes à titre d'objections. Ce sont les premières qu'il convient de détruire.

i° Le miracle ne peut trouver place sans doute dans le système athée. L'universalité des êtres, le monde, le cosmos, entendu dans son sens le plus compréhensif, ne serait que le jeu éternel des forces nécessaires, aveugles et fatales. Le monde n'a pas été créé; il a toujours été. Point de créateur, point de législateur : la plus haute expression de l'être se termine à l'homme. Par conséquent, point de miracles. Voilà l'objection.

Mais, Messieurs, Tatbée qui supprime le miracle supprime du même coup la cause suffisante du monde; il méconnaît des faits et des idées essentiels à la raison.

Je ne vous dirai pas comment le relatif suppose l'absolu , comment le contingent entraîne l'existence du nécessaire, comment le fini appelle l'infini. Je ne vous montrerai point l'existence de l'infini impliquée dans son idée, ni l'impossibilité pour l'esprit humain de s'élever à ce concept, si son objet n'existait pas, s'il n'y avait de réel que l'être limité, source unique en ce cas de toutes nos idées. Je ne ferai point appel à la conscience humaine dans ce qu'elle a de plus profond et de plus intime, lorsqu'elle proteste avec indignation contre l'athéisme destructeur de ridée du devoir et de la vertu.

Je me contenterai d'un raisonnement plus simple , et je vous dirai avec Voltaire lui-même : Si une maison sup-

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