i LES ÉVANGILES
pose un maçon , une montre un horloger, la machine admirable du monde à son tour suppose un Dieu , cause intelligente, personnelle, infiniment supérieure à Thomme. En deux mots j'efface de votre esprit Tobjection contre le miracle tirée de Tathéisme.
2° Le miracle ne peut trouver place non plus dans le système déiste ; mais, Messieurs, en niant le miracle, le déiste se fait du monde et de Dieu une idée irrationnelle. Les déistes supposent un Dieu séparé du monde, comme s'il était possible de comprendre autrement Dieu qu'immanent au sein de son œuvre. Ensuite peut -on comprendre réternelle oisiveté qui précéderait et suivrait l'activité créatrice ? Qu'est-ce que ce monde , machine dédaignée de Dieu, avec ses rouages mécaniques et contingents, qui , livrée à leur jeu fatal, ne serait elle-même qu'une aveugle fatalité ? Pourquoi Dieu aurait-il créé l'homme si sa vie , son bonheur, son malheur, le vice et la vertu lui étaient parfaitement indifférents? Dieu ne serait plus ni sagesse , ni Providence ; et la création, accomplie sans but et séparée de son principe, ne nous apparaîtrait plus qu'une absurde et cruelle ironie ! Si donc le miracle est inconciliable avec le déisme , le déisme à son tour est inconciliable avec la raison.
3° Le miracle enfin n'a point de place dans le panthéisme; mais, Messieurs, le panthéisme est l'absurde à sa plus haute puissance. Quelle peut donc être son autorité ?
En identifiant le monde et l'homme à Dieu, le panthéisme prononce l'identité du contingent et du néces-
QUATRIJ&HÉ LEÇON. 6^
mrel iflù rislàtit éi âé Tabsblu^ des forces aveugles de là
Âàïtùre îéi'ïe i*îiiteiligence/dé là nëcess^^^^^ et àe la liberté.
ràiis ce syis^me,' l'être qui n*est rien (ieyienl tout; le
'^éàtiï plissé (ïé'ïui-mêmé à rexîsïèncé; i'a néjgatîon ëe
'to 'ââris Hfflrtoatîon; l^néant est égal ^ l'être ^^
ien un mot le; cômbie dé ratsùriieJlci encore, comme
dans i^àtbëisme, s'évanouît toute dîstiùction entre ïe bien
HiXid mal] entre le iîevoîr et la transgression, entre ïe vice
et la vertu. La conscience morale çrotésîe aussi ïiaut que
la raison. Qu importe donc que le panthéisme iiie le
mîraélë, sll est lui-même la négation de tout principe de
raison et de' morale?
' Je né ïaîs ici. Messieurs, qu*indiqûer léî grandes erreurs
modéràéà et leùrréf'à'laiiîdn; mais ces iddicatioiis qui n'èùt
ffâtitre W que de rappeler^ clés detrionstrationà qtie vous
cbnhaîssei déjà , Suffisent pour révéler la faiblesse et i*uî-
ûét ràutdrité dei^ syislèniés phiiôsopUiqués i au hoiii dés-
^éls on rejette lé mîtaicl'é.
Etitriins matniiehânt dans le détail des objections qui se '^W îf)i^oduites i*écémmént sous Finfluénce de ces feystèméè'. Ces objectiobs, poûi^ Ik plupart, sont empruntées au iviiî^ kèiclè. 'Oà ààra viraînierit de là peine â lès rendre bien éërtlEfuses^tWéd nouvelles. ' '
a Llinïïitîtàbiiité divine est la pierre de fondation de ma foi et 'àé ma réïi^lôiiy ùiié pierre que le tiiiracle ébrcthSte. Et sâVei-vôiis tien uiié chô^é? C'est (jue si Dieu n'est pas îmniuablé^ ïi sa Vôï6ritê'i*est'pâs éternellement identique, si sa liberté est FaiAitraire, s'il peut votdoir une chx>se au-
jourd'hui et le contraire demain, c'est alors que tout s'écroule^ logique, religion^ immortalité^ Evangile, morale. Disons mieux : il n'y a plus de Dieu. Il ne reste qu'une fatalité n'ayant pas même le mérite du Fatum antique, lequel du moins ne revenait pas sur ses décrets aveugles, de sorte qu'on savait encore un peu à quoi s'en tenir sur son compte , — une fatalité capricieuse , capable de rendre fou quiconque la prendrait sérieusement pour le dernier mot des choses *. »
Reprenons cette objection : a L'immutabilité divine est
la pierre de fondation de ma foi et de ma religion d
Que veut-on dire ? Ceci sans doute, à savoir qu'on ne peut admettre Dieu qu'à la condition de le reconnaître souverainement parfait, par conséquent ipamuable. Cette déclaration. Messieurs, soulage la conscience ; et par elle l'écrivain se sépare nettement des panthéistes. Dieu est immuable : il a donc tout su, tout prévu de toute éternité ; rien d'inconnu ni de nouveau ne peut influer sur ses volontés, ni les modifier. Cela est vrai; mais en quoi le miracle ébranle-t-il cette pierre fondamentale de Timmutabilité de Dieu? On s'explique et on dit que, le miracle supposé , Dieu voudra une chose aujourd'hui et une autre demain ! On ajoute : a Alors tout s'écroule, logique, religion, immortalité. Evangile, morale. » J'admets la conséquence. Mais comment, en faisant un miracle. Dieu veut-il aujourd'hui ce qu'il ne voulait pas hier ? Dieu voulait hier, Messieurs, le miracle qu'il fait aujourd'hui ; il le voulait de
1 Réville (Nouvelle revue de théologie, mars 1861).
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toute éternité. En créant la matière et ses lois, Fauteur de toutes Aoses n'a pu ni youlu enchaîner sa liberté; et, comnie Font dit tant de fois les apologistes, Dieu en portant b ki a préru et voulu Fexception. Où est le cbangemeàt de volonté? Dieu a voulu qu'ordinairement, c'est-à-dire selon Fordre commun, les phénomènes dé Fordre phy* nqué eussent une marche déterminée ; mais il voulait en même temps que, par des motifs dignes de sa sagesse, la marcbe habituelle des événements fût quelquefois, par exception, modifiée dans son cours. Il a voulu ces deux choses de toute éternité : où est le caprice, où est la mutabilité, le changement d'une volonté qui se ravise? — Ck)mment la résurrection de Lazare ou la résurrection de Jésus-Christ met-elle en péril la logique, la religion, rkamortalité, FEvangile, la morale? 11 est impossible de le vmr. Ne partons donc point de fatalité capricieuse. Ne rapprochons pas deux mots qui hurlent de se voir accou- I^és. CTesl vous qui, sous le nom d'immutabilité, placez en INeu la fatalité ; et ce n'est pas nous qui faisons un caprice du miracle , puisque nous disons au contraire que c'est une œuvre de prévision, de bonté et de providence.
Je m'intenroge , j'examine , je ne vois pas à Fobjection Fombre d'un fondement.
Je passe à une seconde difficulté opposée au miracle. Il rendrait la science impossible. J'emprunte la formule de Fobjection à un écrit qui a fait quelque bruit Fannée dernière:
c Le principe essentiel de la science est de faire abstrac-
j68 . w^^.êv^wï;^,
tiop du surna^eLv*» 1^ cqi^ditiw de. Ja sciwce ^t de croire que tout e$t e):{4iicjable natureUçiinent, même l-inex- ,]^liqué..... Cepripcipe^xhers confr^r^, i^ws Vapp^quez .to^s les jours. Ch^unie de tqs leçoios.sjtippûse. le iBoiide Invariable. Tout calcul e^t i^ne impertinence^ ç'il y a ujoe force changeante qui peut ipodifler ^ soia >gi^^, 1^ lois^ de j'uqiyers. Si des bpHunes rét^nis et pri^i^t ppt le pouYoir de produire la pluie ou la sécheresse,, si on ven^t dire aux çiétéorplogistes : a Prenez garde ; vous cherchiez des lois naturelles là où il n'y ^n ia pas; c'est iinediyi^itéjitenyeiUante ou courroucée qui produit ceç^phénomèneft que yous croyez naturels, la météorologie . n'aurait pbtô de niison d'être. Si on venait dire au physiologiste et au médecin : a Vous cherchez la raison des maladies et de la mort; c'est Meu qui frappe, guérit^ tiue,» 1q physiologiste et le médecin répondrdent: «Je cesse mes recherches; i^dressez-YOUs aux thaumaturge?. » Si Ton disait au. géo- . logue : a Yous recherchez les lois de > la. formation du nionde , vous vous trompez dès le point de départ II y a six ou sept mille ans que Dieu a créé le monde p^:<an acte direct, » la géologie est supprimée. U en est de même dci Fhistoire. S'il y a une histpire. interdite à la critique et mise à part comme divine, il n'y a plus de science historique Les sciences historiques ne diffèrent W4:iea par
la méthode des sciences physiques et mathématiques. Elles supposent qu'aucun agent surnaturel ne vient .troubler la marche de l'humanité ; que cette marche est la résultante imm^iate. de la liberté qui est.^aPS'^'hpmime
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et ^ la ^iatstlilé qijâ est dans la nature, qu'il n'y à pai d'être Itbie supérieur à Thomme auquel on puis^ attribuer une' part iappréciàMe dans la conduite moitié ;"n6iï pMs que dùis la odtidùite màtérîëllé de Punîveîrs.' Dé là ixU/t règle iBA&dhleidéiêe âè^^^ ^li'un éténe-
ment donné pour' miraculeux est i^ces^irëMènt légen^ dàire.uI:ie»loisdumonde ontété de fout temps ce qu'elle^ sont aujovu^'hui. 0 (Renan, lettre à ses collègues.) '
Si mous résumons toute cette citation, roici ce que nous 7 trciX¥ons. Le surnaturel est incompatible avec la science. U:nYnpoint de force axi-dessès dèThomme ni en dehon^ dé iâ Batujpe <(ui puisse' modifier le monde physique : et si cette farce existait et eixtrait en exercice , il n'y aurait ni météorologie 9 ni ii^ecine, ni histoire: L'existence dé là sdèilceisuppose la nature invariable;
Commençons par cette dernière proposition ilanatitreesi itwarmSleyOe qui veut dire^ sans doute, le présent res-' semble au passé comme l^avenir ressemblera au présent. L'indiictian scientifique, diton, conduit à cette conclusion.
L'eExp^ence de Vhomme^ Messieurs, est courte; et les moyens d'investigation pour connaître rhistoire du monde avuit l'apparition deTe^ce humaine sur le globe, sont in^arfsâts ; cependant la science s'étend assez loin pour nous fouinir le moyen de juger de cette prétendue invarialiilité délanàture qu'on érige en principe. Que de changements à la surface du globe constatés par la géologie et par l'histoire TU j a trois cents ans TAmérique n'était guère qu'ime istunœse fdfôt. A la place de ces villes splendides
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du Nouyeau Continent, de New-Yorck, de là NouvéUe- Qrlàana^ de Richemont, etc., etc., de leurs édifices superbes^ de leurs entrepôts immenses, de la multitude de leurs habitants, s'étendaient des plaines désertes, des espaces muets , des bois impénétrables et Tierges encore» Quelle différence entre l'aspect du sol de la France a» temps des druides et celui qu'elle présente ai^ourd'hui ! La culture a modifié du même coup le dimat, les ooa^ ditions atmosphériques et celles de la yie. L'homme et la terre sont tout autres qu'à ces époques barbares : autant il y a de différence entre les pensées, les croyances de cette époque et la philosophie, la religion d'aujourd'hui^ autant il en existe entre Faspect physique des Gaules an temps de César et la France du xu^ siècle;
Si nous remontons plus haut, nous constatons de bien autres changements : le climat de TEurope entière n'est plus du tout aujourd'hui ce qu'il était autrefois. Ea France, en Russie, vivaient en troupes nombreuses^ sous le ciel libre, les éléphants, les singes, que nos hivers tuent aiqourd'hui, malgré les précautions dont on entoure ces luiimaux arrachés à des climats plus doux. Là où nous voyons la neige couvrir au loin le sol pendant une grande partie de Tannée , croissaient le palmier et toutes ces familles de plantes méridionales que nous acclimatons difficilement aujourd'hui dans des serres bien fermées et tnen chauffées.
Si, abandonnant les couches supérieures du globe, nous cherchons à pénétrer le sol plus profondément, les chan-
gements de la nature deviennent bien autrement sen- «bles. Des espèces d'animaux bien différents de ceux qui vivent aujourd'hui^ s'offrent à nous : les mastodontes, les mammouths, les mégathères, les dinothères^ etc., etc. En creusant plus avant encore les entrailles du globe ^ on trouve dans la période secondaire les iguanodons^ les ichtyosaures^ les plésiosaures, les ptérodactyles; enfin, dans répoque silurienne, la famille des trilobites. Au delà, plus de vie^ plus de végétation. Les ténèbres sur la terre silencieuse, l'atmosphère tellement chargée de vapeurs que les rayons des astres les plus puissants n'auraient pu les traverser ! La Nature était sans vie, morte, inanimée.
Messieurs, qu'est devenue cette invariabilité de la Nature tout à l'heure érigée en dogme et nécessaire à la science ?
Il y a plus encore. Vous dites : € Si une force changeante peut intervenir dans la Nature et en modifier les lois^ la science n'existe plus ! d Eh bien ! ces lois ont été modifiées : rien n'est plus certain ; la géologie le démontre. Notre globe^ dans l'époque primitive, était à l'état igné ; c'était une masse incandescente , d'une température assez élevée pour tenir en fusion les métaux les plus résistants. n n'y avait point de germes sur notre globe. S'il en eût existé , ils auraient été instantanément détruits. Point de graines, point de principes vivants d'aucune sorte. Leur conservation était d'une impossibilité manifeste au milieu de ce feu dévorant. Je vous le demande donc , à vous qui dites : Si Dieu intervient extraordinairement dans la Nature, la science est détruite ; d'où est venue la vie à la
surfacç du globe ? Qui a placé la première graine, sur la
.il'jî ••||')ff!'nnj;: i-'»rr .1' «^!;)-u / ilr '> j;iTi;u dF :7m uh )[{l'rj.
terre refroidie, le prepiier poisson, au sein des eaux tièdes encore, le, premier quadrupède sur les sédiments séculaires
•. ;l . :'>J(inlif),-,:;ii| . ;t : •;')!"'^ •; T: 1'>m iin^ : . i if iTh! ! i;y| : i.']TK ) / ( /
des eau^? D'où e;5t venue la vie, k vie qui devait modifier si nierveiUeusemept le globe? Oui .a créé Tbomme, si Dieu n'est, pas intervenu . extraordinairement dans, la Nature?
seule fois, ppurquoi pe ,serait-il pas intervenu plusieurs
.iiT)T) «l7 : Alirionii SU) ■)iTir".::T li! .^Jim )l'l!ilr; -ji:]);?;!')! ''fj;!)
fois? Que devientj'invariçibilitédesloisde la, Nature? Vous invoquiez tout à rheure, le témoignage deia.science. £h biefa I c'est Ja sciencç qui vous confond ; acceptez le iugement qui vous copdamne. Voulezrvpus les témoignages ex-
/)')Tiiiii!;iii . ')i Kwn . m; ;ii/; : tinl'» '/l'ij;,, , :: ^ ^ l'^V) /v/i)
près des sayapts?, Je ne cii,çrai ni les Cuvier, ni les. Buck-
'; ilUi-,/ {il •;!) 'tiilli|.;i ir;/|i| Mn'j 'lUiri/')!; • ,;■: IV .•.•i.:!.Mr.-;'j|/i
^and. ni les Blainville; car ceux-là, vous le savez, croyaient
; ■'■•)l\':>\-} '. VA j; ■Mil. ;•;■)•) ),| ;;, ■îiil'o'j !}'> •:■)■>[ i i '■.TJ'ill I 1; MIOj
au miraclp ; maig voici les paroles de Lavoisier :, « Sans la
H !!!/)• '.Il :;(!■) '»') .(il •.i.iij i. ; .. : iii'i ■■■!)(;/ . •••ii''^';-^. ■■;iM| r. "^ Il
lumière, a dit cet illustre savapt, la, Nature était sans vie :
,1 .'.i')! "^ )l 'i'ilili)')!'! il' ■ î /UJ'-. . VA :;i!i,'» îl.'; iVT)JflI UV)f\
elle était morte, inanimée. Un Dieu bienfaisant, en appor-
i = iOli. ■)!■; Mio Mf.'l ;■. < ! iiMiF il. 1 " ! wA \ 'M ' ■') w ')*)ri')|').S
tanf la Itmdèreyarépandu à la surface cfe la terre Vorgar. nisatiofiy le sentiment et la pensée, «.c'est-à-dire les êtres organisés, les êtres vivants, les êtres pensants I \ . .
)-:i. ) ii;fi; l')';;!!")) 'i.ii--. -tU'yi .■,i>i[-?\,n 'Vr -i-i --wu :ifii') ■>
Vous reculez devant Tintervention extraordinaire de
'!:!■;/ :i II ;t;|'i ••)! . :i:.rii.; .'jj h or 1 II d • iiii-)! ': iH)ij ;i' wjI?)
Dieu dans la Nature: vous dites : Dieu n'est pas. intervenu extraordinairement dans le Cl^rist; Dieu n'est pas inter-
ï:^ Miio^i JUJ-iiv; ■ ; i ,i . i ;: : f! li :;i :ii i ■>!') ■ ■ :• i ■. î 1 ! ;; T i .m1;:(/')
venu ex,traordinairemeat par les Prophètes et par Moïse : '
'; ; ! .M'io: -iiiDii.: : ;;.•./'/ :■.;, j:-)i. ::> . .' . .r-hu, .')ilfi;'r^j
Diep n'est pas intervqpu, extraordinairepiçnt auprès des
/.'iifiii ;!,; 'j1 , ;i(iir.((i iji::! ,■ .iii;) ')i :; n •• .:•, ;• = '^ /'!') ;1M>*)
Patriarches : soi,t. Heculerez-vous indéfiniment dans le
;'||' .(.()/ !■■ , )IM'i) ')!!ii!;i!,' ;; ,1 •.i;.).- -:: ,\i": ■■> :-A' r,i';') fW)
pptôsé?,yQus dérpberpz-vous toujours? Je you§ déclare? que vpus n'échapperez pas : vous qtes acculés à la jCréatipp^
gé^ft9%lieft,sWW»^ WiftS^ar^^ et de tpug cas changer:
Mais^ dit alors récriy^Qj que ym citë^ $i les choses, moi. ^j^\y c*^ifl^^^J,d€lila,fcieDÇ0*,Siiraction «traordinaire dci,,IHeVi yî^i^j {99^6^1? JiespbépoHièi^ de la Naturel, îa 8(ç|fmc9,j^t,|mp9|ssM[)leffTTt? Ce A'est pas là, Messieurs, u^^ afftw«^^iopHS«^se^iA§^W; qwel principe reposent les. sciences physiques? Est-ce sur rinvariabilite.de la Natmre^ Noij^JïfiiîçijBprSffjJl^jN^r^jTiçî^rie, saq» cesse, JiQs mers se 4^p^çfp^^ep^I^ftfttl^.j^e$:C^^latS! êtres
T^^ççflj^/^|il4s^e^jd(^§ fil^ : ainsi, la lougère^ quij
nffi^^t gpèrç i^vijQurd'hm dans les <:^nditi(ms Iç^plus ^jS9ii;able§)qfjete ^ed'uflffrèlMre, s'élevait à l'époque earbpil^fèr^^ l^^^teiçtpi^is^W^e pop^naeua arbre ; telle espèce animale, at^i^'hfll 4(? tei J'f^iUe d'un chien, était autrefois ^.Jî^ t^4Jl^,(^'^^ l^ftf,! piqs raines nouvelles d'anim^mx se %pn^çfl^,p^.^cf?, espçpes^ s^t^s se mêler ensemble, se mp^
^fPfi»^i:.iM.i.. ;.:.,.. .si ■,-•■: ' ■; . ■ •-■-
jjIjfjOfli^ (j^jn'jept fîonc;po^Jnt si^r Tinvariabilité de la Nature
qperepçjçelascjpnce^mais sujrpe principe, àsavoir, que
Içfl H^j^Uj^^ n^^pf;ej;^ j, f5ian^(OA?/?j^5 a e^hLx-mêmes et dans les.
ryj^fw^^ <?p»rf//tfj^, produîp^^ des effets identiques. Çn
4'îfU|re§ te^n;e3,,..guapd,P^^ par.deç énergies; propres à
lui, n'interviendra point extraordinairement^ c'est-à-dire dans des cas infiniment rares^ quand Thomme ne viendra points par son activité libre, varier les conditions de Fexpérimentation , quand Fanimal , quand Fêtre organisé ou non ne produira ni un excès ni une diminution des forces physiques qui seront en jeu, les résultats d'une expérience: ne variront pas , les mêmes causes produiront les mêmes effets. Voilà le principe de la science.
Or tes miracles ne détruisent point ce principe. Loin de là, elles le supposent. C'est Funiformité et la mmtance des efTets et des causes dans la Nature qui nous permet de remarquer et de constater Faction extraordi^> naire de Dieu.
La science à son tour ne supprime point les miractes ; et la géolc^e en particulier nous fait toucher du doigt lé plus grand de tous , la création surnaturelte des premiers animaux et des premières plantes. L'objet de la science^ sans doute, n'est pas la constatation des miracles : autre est un traite de physique, autre un traité de religion. Mais il m'est impossible de voir comment elle Fexclut.
Si le miracle était un fait tellement commun qu'il arrivât tous les jours et à toute heure : on comprendrait peut-être la mauvaise humeur des savants dont il dérangerait les prévisions, et qu'il mettrait dans Fimpossibilité de rien annoncer à Favance. La science ne formerait plus alors que des conjectures que les événements pourraient toujours démentir. Mais, Messieurs, le mot miracle, par son étymologie, indique un fait nécessairement très-rare^
QUATftlilfE LBÇOlf. 76
miraculum. Dans la série des phénomènes^ le miracle nintervient que comme mie exception à peine appréciable. De bonne M cette imperceptible exception rend-elle la science impossible ? Newton^ Copernic^ Galilée, Leibnitz, Descartes^ Pascal croyaient aux miracles , et je ne sache pas qne la foi au surnaturel ait gêné lieurs découvertes et entravé lenrs déductions.
Vous dites : a 11 n'y a plus de météorologie Si la prière peut appeler la pluie ou ramener le beau temps, d La météorologie a reçu, il est vrai, dans ces dernières années, de cruds démentis ; mais je soupçonne fort que le miracle en a moins été la cause que Fintempérante induction des savants. La météorologie n'est pas une science faite. Je veux espérer cependant qu'elle trouvera sa base et ses lois» Hais elle reposera sur le même principe que toutes les autres sciences, à savoir, que des causes identiques produisent des effets identiques. Les énergies naturelles produiront leurs effets naturels ; et Tintervention extraordinaire de Dieu pourra toujours, quand il le voudra, produire des miracles. Le monde des airs n'est point interdit à Celui qui a semé les astres dans les espaces infinis. Permettez* moi en finissant. Messieurs, de vous dire qu'il y a dans l'objection que je viens de réfuter une insinuation cruelle à regard de ceux qui souffrent, qui prient et qui espèrent : Dieu serait sourd à leurs prières ! Les vœux et les pleurs de Thomme ne toucheraient point le Père qui est au ciel ! Le Créateur serait sourd ou resterait indifférent en présence des cris de détresse de ses enfants ! —