I.F.S ÉVAKGII.ES
ou. après s’en êlre tait par l’étude une idée juste, que l’on se rend un compte exact de chacune des paroles employées par les évangélistes. Voici, Messieurs, la description du tombeau du Christ, faite par M. Melchior de Vogüé; elle a pour elle, l’autorité d’un homme qui en a contrôlé avec sagacité et dessiné avec habileté les moindres détails. «Tout l’espace, aujourd’hui occupé par le quartier chrétien, se trouvait. hors la ville proprement dite, dans un angle rentrant du mur qui formait l’enceinte extérieure de la ville. A partir de la face occidentale de ce mur, le terrain monte en pente douce et s’élève d’une manière continue jusqu’à l’emplacement occupé aujourd'hui par le rempart de la ville moderne. Au temps de Jésus-Christ, le sol était rocailleux, coupé de petits ravins, de carrières, de citernes, de
tombeaux Il existait un petit ravin, bordé de chaque
côté par des roches abruptes de quatre à cinq mètres d’élévation. A l’est, le roc formait une sorte de promontoire : c’était le Golgotha dont la pointe isolée et élevée convenait bien à une exécution. A l’ouest, la muraille de rochers était percée de deux tombeaux; l’un grand et spacieux était, suivant la tradition, celui de Joseph d’Arimathie; le deuxième, évidemment inachevé, se composait d’un vestibule et d’une petite chambre renfermant une seule banquette : c'est le saint Sépulcre. On voit, au fond de la chambre sépulcrale, la banquette funéraire creusée dans la paroi nord du rocher. Une petite porte basse établissait la communication entre les deux salles. Dans la feuillure venait se loger la pierre destinée à fermer l’entrée du tom-
TREIZIÈME l.EÇON.
beau Toutes les anciennes sépultures juives étaient
disposées de la môme manière ; elles se composaient d’un nombre plus ou moins grand de salles creusées dans le flanc d’une colline, donnant par une petite porte basse et soigneusement fermée dans un vestibule à large entrée. Dans les parois des salles inférieures étaient pratiquées des niches destinées k recevoir les corps... »
« On remarquera avec quelle rigoureuse exactitude celte description commente le récit de l’Évangile : Et dicebanl [mulieres] ad invicem : Quis revolvet nobis lapident ab ostio monumenti, et respicientes viderunl revolntum lapident et introeuntes in monumentum vider unt juvenem. Marc, xvi, 3, 5. Et cum se inclinasset (discipulus), vidit posita linleamina , non tamen introivit. — Maria autem stabat ad monumentum foris... inclinavit se et prospexil in monumentum..., et vidit duos angelos, in albis, sedentes unum ad caput, et unum ad pedes, ubi positum fueral corpus Jesu. Jean, xx, S, 11,12. — Une fois la pierre enlevée, saint Jean et Marie Magdeleine s’inclinent pour regarder du dehors, par l'ouverture de la porte basse, dans l'intérieur du monument '. »
Lorsque Constantin construisit la basilique du saint Sépulcre, il isola le tombeau en coupant le roc, et en nivelant le terrain tout autour. Voilk comment il se fait qu’aujourd’hui le tombeau ne tient plus que par sa base au roc dans lequel il a été creusé.
1 les Eglises de In Terre sainte , par le comte Melchior de Vogüé, de l'Institut.
Je termine ici, Messieurs, l’étude des saints Évangiles sous le rapport géographique. J’ai poussé peut-être bien loin les recherches ; et il en fallait sans doute moins pour vous convaincre. Mais c'est ici le cas de dire : quod abundat, non vitiat. Nous pouvons conclure que les Évangiles sont aussi exacts au point de vue géographique que sous le rapport numismatique, politique, civil et religieux de la Judée, au temps de Jésus-Christ.
Nous n’avons pas fini notre étude sur l’authenticité des Évangiles; mais déjà un commencement de lumière doit se faire pour ceux de mes auditeurs qui, cédant à des préjugés, auraient été tentés de voir dans nos livres saints de vaines légendes, recueillies au hasard, et écrites à Rome, en Asie Mineure, à Alexandrie, par des écrivains de bonne foi, mais mal informés, séparés par le temps ou les distances du théâtre des événements.
Di