‹ Les Evangiles et la critique au XIXe siècleChapitre 14 sur 20 · P!%ND1CE · texte numérisé non relu

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permis, dit-il, d'accuser de fausseté quoi que ce soit dans la Bible, on peut dire cependant que rien de ce qui ne se rapporte pas à la religion ne doit être réputé article de foi catholique. » Quamvis falsitatis arguere non licel quidquid habetur in sacro çodice, verumtamen quœ ad religionem non spectant, catholicœ fidei articulos nullatenus astruunt '. Mais si de fait il rient pas permis de supposer quoi que ce soit de faux dans la Bible, sur quoi appuyer le sentiment qui restreint l’inspiration aux vérités doctrinales? Nous sommes de l’avis de Richard Simon : l'aliteur de l’analyse de la foi aurait dû expliquer son sentiment mieux qu’il ne l’a fait.

Nous préférons de tout point l’opinion suivante deBergicr, formulée .comme il suit, et pouvant, je crois, servir de conclusion à tout ce qui précède.

« On doit tenir pour certain : 1° que Dieu a révélé immédiatement aux auteurs sacrés non-seulement les prophéties qu'ils ont faites, mais encore toutes les vérités qu’ils ne pouvaient pas connaître parla seule lumière naturelle et par des moyens humains; 2° que par une inspiration particulière de la grâce il les a portés à écrire; 3” que par une assistance spéciale de l’Esprit-Saint, il a veillé sur eux et les a préservés de toute erreur, soit sur les faits essentiels, soit sur le dogme, soit sur la morale. Ces trois choses sont nécessaires, mais suffisantes, pour que l’Ecriture sainte puisse fonder notre foi sans aucun danger d’erreur; il n’est pas besoin que Dieu ait dicté à ces écrivains vénérables les termes et les expressions dont ils se sont servis. »

Enfin, au risque de répéter ce qui a déjà été dit, nous voulons terminer cet appendice par les paroles suivantes du P. Matignon. C’est une gloire que personne ne voudra contester aux jésuites de s’être prononcés sur la question de l’inspiration avec une netteté et une raison que les Universités de Louvain, de Douai et de Paris, n’ont point portées au même degré.

1 Holden, lib. II. cap. n.

LES ÉV.OICÜLES.

« Outre ce qui concerne la foi et les mœurs, la Bible renferme encore une multitude de choses tout à fait étrangères à ces deux objets. Ce sont des faits purement historiques, des détails tenant à la géographie, à l’histoire naturelle, ou se rattachant aux autres sciences d’un ordre entièrement profane. Faut-il admettre que la lettre du texte sacré doit faire loi dans ces diverses branches de la connaissance humaine? Comment expliquer les contradictions apparentes qui se rencontrent entre l'état actuel de la science et le langage des écrivains inspirés - ? Certes voilà une question qui préoccupe à juste titre un grand nombre d’esprits. Les uns, franchement chrétiens, ne sont pas sans inquiétude quand ils voient les découvertes modernes amener a no.tre connaissance certains ‘faits qui ne semblent pas s'accorder entièrement avec les récits bibliques; ils se sentent prêts à douter de la science soit même à tourmenter les expressions de l’Écriture sainte pour les mettre d’accord avec elles. Les autres, opposés systématiquement à nos croyances, triomphent De là je ne sais quel état de défiance d'un côté,

et de dédain de l’autre...

« On évitera ces excès opposés si on veut se rendre un compte exact de l'intention providentielle qui a présidé à la composition des Écritures. Qu’est-ce que Dieu s'est proposé en nous accordant la révélation contenue dans les livres sacrés ? Etait-ce de donner a l’humanité une leçon d’astronomie, ou de physique, ou de géologie? Non, sans doute; car la Bible elle-même atteste que tout ce que renferme cet univers a été abandonné aux libres discussions de la science. Nous avons d'autres moyens pour découvrir peu à peu les secrets delà création ; et l’Ésprit-Saint, de son côté, a autre chose en vue que de fournir à l’homme des connaissances qui importent peu à la sanctification des

âmes Voilà pourquoi, sur les choses de l’ordre naturel,

la Bible parle le langage vulgaire. Elle s’accommode aux idées du temps, à celle des auteurs et des multitudes. Et de

APPENDICE

fait, puisqu’elle prend leur style avec ses incorrections, pourquoi ne se conformerait-elle pas, dans l'expression, à leur manière de représenter les phénomènes de la nature? Une seule chose suffit pour sauvegarder son autorité, c’est que sous ces expressions, aucune erreur ne soit véritablement contenue

« Quelques docteurs catholiques sont allés plus loin. Holden a pensé que la Bible ne perdrait rien de sa dignité ni de son inspiration, quand même il s’y serait glissé quelque erreur de détail, insignifiante au point de vue de la religion et de la morale. Cette opinion hardie a été censurée par la Sorbonne ; nous ne croyons pas pourtant que l’Église l’ait absolument condamnée. Mais comme elle est repoussée à peu près unanimement par les théologiens, on ne saurait lui accorder une probabilité quelconque. Pourtant, si quelqu’un y avait recours pour mettre sur un point particulier sa science d’accord avec sa foi, nous n’oserions déclarer qu’il se met par le fait môme en dehors de l’orthodoxie.

« En résumé, il ne faut ni déprimer l'autorité de nos livres saints, en leur refusant l’infaillibilité qui leur est propre ; ni l'exagérer, en étendant leur témoignage à des objets qu’il ne concerne pas. Dieu a voulu qu’il y eût un monument certain, attestant l’origine et la nature de la double alliance qu’il a contractée avec les hommes; une sorte de répertoire authentique, que l’on pourrait toujours consulter sur les faits qui se rapportent à la religion, ou sur le contenu de la religion elle-même...

« Ainsi, même au point de vue religieux, la perfection de la Bible ne peut être bien appréciée que si on se fait une

• « Quamvis enim nullam complcctatur Scriptura falsitatem, altamen ipsius loquendi modus ut plurimum vulgaris est, atque ad communom hominum captum potins quant ad loipielæ proprictatem et sermonis rigoreni adaplaius... Qui physicas, malhcmaikas, asirologicas... veritates ex sacræ scripturæ locis, obiter insertis, et juxla vulgî loquclam expressis, tradere vellct, et thcologo et pbilosopho indignum agerct. » ( Analysis I idei , chap. v, lect. I, p. 48.)

juste idée du rôle que Dieu lui assigne et du dessein providentiel auquel elle répond. A plus forte raison ne doit-on point transporter son témoignage dans un autre ordre de choses, y chercher ce qui n’y est pas, ce que l’Esprit divin n’a pu vouloir y mettre, par exemple des explications relatives aux progrès de nos connaissances modernes et aux opinions actuelles des savants sur le monde physique. »

NOTICE ARCHÉOLOGIQUE

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