I. — JÉRUSALEM
Le Temple. — C’est le seul des monuments antiques dont il reste aujourd’hui d’importants débris. J’ai décrit ailleurs ' ces ruines grandioses ; depuis la publication de mon travail, les fouilles entreprises par la Société anglaise « pour l’exploration de la Palestine » ont complété mes propres recherches. L’enceinte du Temple est aujourd’hui parfaitement déterminée: elle se compose d’une grande plate-forme soutenue de trois côtés par des terrasses gigantesques, et du quatrième côté isolée du plateau par un large et profond fossé taillé dans le rocher.
Au centre de ce parvis, s’élevait le Temple proprement dit, le sanctuaire national dès Juifs, fondé par Salomon, entièrement rebâti par le roi Hérode quelques années avant la naissance de Jésus-Christ. Il n’en reste pas
1 Le Temple de Jérusalem. Paris, BauJry, 186t.
pierre sur pierre ; des citernes creusées dans le roc indiquent seules approximativement l’emplacement de certaines portions du Temple : celle qui se trouve aujourd’hui au centre de la mosqué d’Omar, sous le roc sacré des Musulmans, la Sakrah, se rattache suivant les uns au grand autel des holocaustes, suivant les autres au puits qui desservait l’autel.
L’enceinte extérieure est conservée dans sa disposition générale et forme aujourd’hui le Haram-esh- Shérif : les fondations des terrasses antiques existent partout sous terre, et sur beaucoup de points, notamment sur la face méridionale, les murs s’élèvent encore à une assez grande hauteur au-dessus du sol actuel. Aux trois angles >'.-E., S.-E., S.-O., l’accumulation des débris cache l’ancien mur sur une hauteur déplus de 100 pieds, et à l’angle S.-E., le mieux conservé, la hauteur totale du mur encore existant, soit sous terre, soit à l’air libre, atteint environ 40 mètres : la hauteur totale de la terrasse primitive en cet endroit devait être de 45 mètres. Elle est construite à l’aide d’énormes blocs de pierre, magnifiquement appareillés, suivant un système improprement appelé à bossages , et plus justement à refends et ciselures ; la plupart de ces substructions datent de l’époque du roi Hérode, mais il en est, sur la face orientale, qui doivent remonter jusqu’à Salomon. L’effet de cette terrasse gigantesque, surplombant la vallée du Cédron, surmontée des portiques et des constructions étagées du Temple, devait
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être saisissant, vu de la montagne des Oliviers ; ce spectacle arrache aux disciples de Jésus-Christ des paroles d’admiration. (Marc, xm, 1-3; Matlh., xxiv, 1-3.)
Plusieurs portes étaient percées dans cette terrasse au niveau dü sol extérieur: quand on les avait franchies, on trouvait des rampes ou escaliers qui conduisaient à la plate-forme supérieure ou cour des Gentils, au centre de laquelle s’élevait le Temple; une de ces portes, située au sud, « la porte double,» subsiste encore dans son entier : malgré des restaurations postérieures on en retrouve toute la disposition primitive. (Temple de Jérusalem, pl. IV-VI.) Le vestibule se compose d’une grande salle carrée couverte par quatre coupoles ; une colonne centrale reçoit les retombées des voûtes : le style du chapiteau est un style gréco-asiatique qui convient à l’époque d’Hérode; le fût monolithe a 1 m 20 de diamètre et 5 m de hauteur: l’ensemble est d’une sévère et massive grandeur. La main de Jésus-Christ a certainement touché ces parois ; souvent le Sauveur a traversé ce vestibule en entrant ou en sortant du Temple. Une porte analogue, mais à triple baie, s’ouvrait un peu plus loin : il n’en reste que les bases (Le Temple, pl. XIII) ; la porte occidentale ( id ., pl. III) avec son gigantesque linteau est mieux conservée. À côté se trouvait le pont de pierre qui reliait la plate-forme du Temple au mont Sion et donnait directement dans le grand portique royal, abri des changeurs et des vendeurs
chassés par Jésus-Christ ; il ne reste de ce magnifique viaduc que les arrachements de la culée et un amoncellement de voussoirs écroulés, découverts par les fouilles anglaises sous 40 pieds de décombres. La porte orientale, dite la porte Dorée, est une reconstruction de l’époque chrétienne primitive : une tradition erronée veut que Notre-Seigneur soit entré par là le jour « des Rameaux. »
Le grand fossé qui isolait le' Temple du côté du nord a été utilisé comme réservoir d’eau : il porte improprement le nom de piscine Probalique; la véritable piscine était un peu plus au nord, près de l’église de Sainte-Anne. Le fossé se continuait sur toute la face nord de l’enceinte et entourait la forteresse Antonia, située à l’angle N.-O. La contre-escarpe, taillée dans le roc vif, se voit encore dans l’église moderne des « Dames de Sion. »
Enceintes fortifiées. — A l’époque de ?îotre-Seigneur, Jérusalem avait deux enceintes fortifiées, sans compter la terrasse du Temple qui servait de défense du côté de l’orient. Le vieux, mur entourait le mont Sion ou « ville haute,» une partie de la « ville basse,» entre Sion etle Temple, et le faubourg «d’Ophel,» situé au sud du Temple sur les pentes.du mont Moriah. Le second mur couvrait l’angle rentrant formé par. le vieux mur et la face occidentale du Temple, et reliait
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la forteresse Antonia aux formidables défenses du palais royal sur les hauteurs de Sion.
Du vieux mur il reste : une partie de l’enceinte d’Ophel découverte par les fouilles anglaises, mais entièrement cachée aujourd’hui par l’accumulation des débris ( Palest . Exploration fund., Lett. XXIX); — deux tours et leur courtine sur la face nord du mont Sion, engagées aujourd’hui dans des maisons modernes {Le Temple, p. 1 13). — La tour dite « de David » est l’ancienne tour Phasaël, une des trois tours bâties par Hérode pour protéger son palais : c’est une construction massive en gros blocs appareillés suivant le système des terrasses du Temple, mais inachevés.
Du « second mur » il ne reste qu'un fragment en grand appareil à « refends et ciselures » dont j’ai donné le dessin {Le Temple, p. 118) ; il a été compris dans les propylées de la basilique bâtie par Constantin au saint Sépulcre, et mis au jour par les fouilles du gouvernement russe.
Tombeaux. — La plupart des hypogées funéraires , qui entourent la ville de Jérusalem sont antérieurs à notre ère; ils existaient donc à l’époque de Jésus- Christ et ont été vus par lui. Je n’entreprendrai pas la description de ces nombreux et intéressants monuments : on la trouvera dans les livres de tous les voyageurs, mais spécialement dans les ouvrages de M. de Saulcy. En lisant ses minutieuses observa-
tions et surtout en consultant ses planches ( Voyage autour de la mer Morte, pl. XXVII et suivantes), on se fera une idée très-complète de leur forme et de leur ornementation ; la photographie a d’ailleurs popularisé les principaux types. Je me contenterai de citer les monuments les plus intéressants.
Dans la vallée de Josaphat. — Tombeau dit d'Absalon, cube surmonté d’un pyramidion, décoré à l’aide d’éléments empruntés aux ordres ionique, dorique et égyptien. — Tombeau dit de saint Jacques, portique dorique : une inscription hébraïque gravée sur .l’architrave et que le premier j’ai relevée et traduite, nous apprend que c’était le tombeau des Beni-Hezir, famille sacerdotale ; les noms des membres de cette famille enterrés dans l’hypogée sont Eléazar, Haniah, Jehoudah, Jehouhanan, Siméon, Joseph — Je pense qu’ils vivaient au premier siècle avant notre ère. [Le Temple, p. 45.) — Tombeau dit de Zacharie. Cube ionique surmonté d’une pyramide égyptienne.
Dans la vallée d’Heinom. — Tombeau dit Retraite des Apôtres, frise dorique à diglyphes, et une foule de sépulcres anonymes.
Au nord de Jérusalem, dans l’immense nécropole qui s’étend entre la route de Naplouse et celle de Jaffa, nous citerons surtout trois tombeaux, ceux qui portent les noms des Rois, des Juges et d'El Messaneh. {Le Temple, p. 47.) Les deux premiers sont les plus célèbres à cause de leurs grandes proportions et des
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discussions auxquelles leur date a donné naissance. Les éléments de leur décoration sont empruntés à l’art grec et particulièrement aux ordres dorique et ionique ; mais leur ornementation végétale a un caractère propre; les motifs n’ont rien de bien original, la manière de comprendre la forme générale du feuillage d’ornement est grecque, mais le faire découpé, plat, non sans vigueur ni précision, n'est pas grec. Le tympan qui surmonte l’entrée du tombeau des Juges est curieux a étudier sous ce rapport : c’est le spécimen le plus complet de l’art « judaïque, » c’est-àdire de l’art né de la fusion de l’art grec et des anciennes traditions locales, ou plutôt de la traduction des formes grecques par des ouvriers indigènes'.
Je considère tout ce groupe de monuments hybrides comme postérieur à la conquête grecque et antérieur à la conquête romaine, c’est-à-dire comme construit pendant les deux siècles qui ont précédé l’ère chrétienne ; pour moi il représente spécialement l’art de la dynastie des Ilérode, celui qui florissait en Palestine au moment de la venue de Jésus-Christ. La pénurie des inscriptions nous empêche de préciser davantage ; il n’en a été trouvé que deux : celle des Beni-Hézir que j’ai déjà signalée, et une autre découverte par M. de Saulcy dans le tombeau des Rois.
1 On peul étudier complètement cct art dans la collection de moulage's rapportée par M. de Saulcy et donnée par lui au Musée du Louvre.
Elle est gravée sur un sarcophage aujourd’hui déposé au Musée du Louvre, on la lit : Tsaddah ou Tsaddane la reine. Cette phrase, en langue ,araméenne, est écrite deux fois : une fois en caractères hébreux carrés, semblables à ceux du tombeau des Beni-Hézir; l’autre en araméen cursif se rapprochant du syriaque. Quelle était cette reine? M. de Saulcy pense qu’elle appartenait à la dynastie des rois de Juda, descendants de David et de Salomon. Quant à moi il m’est impossible de faire remonter à cette époque reculée ni le style de l’architecture, ni la forme de l’alphabet ; il faut donc chercher plus près de l’ère chrétienne : de toutes les hypothèses proposées, la plus plausible, suivant moi, quoiqu’elle ne réponde pas à toutes les objections, est celle qui considère le monument comme le tombeau que les anciens auteurs, Josèphe, Pausanias, saint Jérôme appellent le tombeau (Y Hélène, reine d'Adiabène. Tsaddah serait le nom indigène araméen de cette souveraine convertie au judaïsme, et Hélène son nom grec ; on sait par d’innombrables exemples que l’usage des doubles noms était général en Syrie à cette époque.
Saint Sépulcre. — De tous les monuments contemporains du Sauveur, le plus important, sans contredit, est celui qui reçut pendant trois jours sa dépouille mortelle, et qu’illustra à jamais sa miraculeuse résurrection. Avant les mutilations et dégradations qui, sous
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prétexte d’embellissement, ont complètement transformé, sinon détruit le saint monument, il était semblable à tous les hypogées funéraires du temps : comme eux il se composait d’une chambre sépulcrale taillée dans le roc vif, précédée d’un vestibule également taillé dans le roc : ces deux pièces communiquaient ensemble par une porte basse et étroite fermée à l'aide d’un disque de pierre. J’ai vu à Bethsahour, près de Bethléhem, en novembre 1869, un tombeau inviolé que les fouilles du curé Morétina avaient récemment mis au jour ; le disque de pierre était à sa place primitive. Pour entrer il fallait le rouler de devant la porte ‘.ijuisrcvolvel lapident ab oslio monument!? sc disent les saintes femmes en approchant du saint Sépulcre. La porte basse existe encore, et le roc y est visible, mais la chambre sépulcrale a été défigurée: son plafond est remplacé par une voûte artificielle, ses parois sont plaquées de marbre; en rapprochant l’état actuel des descriptions écrites par les pèlerins des premiers siècles, on reconnaît que primitivement la chambre avait sur sa face nord un arcosolium ou niche allongée sous laquelle reposait le corps parallèlement à l’axe delà pièce. Cette disposition, très-commune dans les tombeaux du temps et du pays, est la seule qui s’accorde avec les récits des évangélistes.
La pierre de la porte étant enlevée, les saintes femmes entrent dans le monument et voient un ange assis à droite sur la banquette de l’arcosolium
(Marc, xvi, S) ; quand, pou après, les disciples arrivent (Jean, xx, 5, 11 , 12), saint Jean et Marie-Madeleine ri entrent pas dans le monument, et pourtant en se penchant ils voient ce qui se passe à l’intérieur et aperçoivent deux anges, l'un assis à la tête, l'autre aux pieds delà banquette sur laquelle a vail posé le corps de Jésus. Il est évident d’après ces expressions que les disciples arrivent à la petite porte, ne la franchissent pas, mais comme elle est très-basse, ils s’inclinent pour regarder dans l’intérieur de la chambre sépulcrale, et la place occupée par les anges prouve que le sépulcre proprement dit était une banquette latérale située à droite en entrant : tous ces détails sont parfaitement concordants.
L’authenticité du saint Sépulcre a été vivement attaquée, mais, pour moi, je la crois inattaquable. Les principaux arguments mis en avant pour prouver que le monument ne peut être un tombeau, ont pour but de démontrer qu’il était situé dans l’intérieur de la ville, ce qui aurait été contraire à la loi juive. Toutes les raisons accumulées pour soutenir cette thèse à l’aide de la topographie, de l’histoire, du tracé hypothétique des anciennes enceintes tombent devant un fait matériel et brutal. A quelques pas du saint Sépulcre se trouve un tombeau juif parfaitement caractérisé, dit tombeau de Joseph d'Arimathie. Je l’ai étudié en détail {Le Temple de Jér., p. 115), et dans les dessins que j'en ai donnés on peut voir qu’il ne
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diffère, en rien des autres tombeaux juifs de la même époque : comme eux il est taillé dans le roc, et aucune ornementation n’en altérant la surface primitive, chacun peut facilement vérifier le fait ; seulement la partie antérieure du monument a disparu quand on a creusé les fondations de l’église du saint Sépulcre et nivelé l’intérieur de la rotonde pour isoler le saint tombeau. Ainsi puisqu’il y a un tombeau juif en ce lieu, il pouvait y en avoir un second. Le saint Sépulcre est donc un tombeau juif, qui, depuis Constantin jusqu’à nous, n’a pas cessé un instant d’être considéré comme le tombeau de Jésus-Christ.
Reste à savoir si sous l’empereur Constantin on avait des indications suffisantes pour ne pas se tromper dans le choix du monument. À cela nous répondons que la continuité de la succession épiscopale et la non-interruption des pèlerinages attestée par saint Jérôme (Ep. XLVI) ont assuré la continuité de la tradition, et qu’en outre les recherches matérielles de Constantin furent guidées par la présence d’un temple païen construit par Hadrien sur l’emplacement des saints Lieux.
L’existence de ce sanctuaire, attestée par Eusèbe, Socrate, Sozomène, est un fait considérable qu’il est difficile de mettre de côté : il est d’ailleurs expliqué par les habitudes delà politique romaine qui cherchait partout à assimiler les religions locales à la religion officielle ; dans tout l’Orient romain des temples furent
élevés sur les sanctuaires anciens et les vocables leur furent donnés suivant les analogies que l’on croyait reconnaître entre le mythe gréco-romain et le mythe oriental. Ainsi à Héliopolis, h Palmyre, à Emèse, les dieux solaires locaux furent honorés sous le nom d’Apollon; à Hièrapolis, le sanctuaire de la grande déesse syrienne devint un temple de Vénus Uranie, et ainsi de suite. De même, à Jérusalem, la construction des sanctuaires romains fut inspirée par la politique et non, comme le croit Eusèbe, par l'impiété : Jupiter Capitolin, le maître des dieux, le dieu suprême, remplaça Jéhovah sur le mont Moriah, et quant aux souvenirs de la vie, de la passion et de la résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ, on leur chercha certaines analogies dans le mythe de la naissance, de la mort et de la résurrection de Thammouz-Adonis. Les mystères d’Adonis furent donc installés dans la grotte de Bethléhem, et un temple de Vénus fut construit sur l’emplacement du saint Sépulcre. Cet ensemble de preuves et de concordances fait que peu de monuments antiques, à nos yeux, présentent un caractère d’authenticité aussi bien établi que les saints lieux de Jérusalem.
Piscines. — Les deux piscines dont il est question dans l’Évangile sont' celle de Siloë et la Probatique ou plutôt la piscine de Beiliesda , située près de la « Probatique, » c’est-à-dire près de la « porte des
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brebis, » ou près de l’enceinte où l’on gardait les brebis destinées aux sacrifices du Temple. J’ai déjà dit que le grand réservoir nommé aujourd’hui « Birket- Israïl » ne pouvait être la piscine de Belhesda, à cause de son immense profondeur et de ses dimensions colossales; c’était à la fois un fossé de défense et un emmagasinage d’eaux pour le service des habitants et des défenseurs du Temple; les fouilles du capitaine Warren ont fait découvrir dans l’intérieur de la tour de l’angle N.-E. de l’enceinte du Temple un escalier qui permettait de venir chercher de l’eau sans être vu à un orifice percé dans la digue du réservoir. Il aurait été impossible soit de laver les troupeaux, soit de descendre un malade dans un pareil étang, aux parois verticales et cimentées, d’un accès difficile et dangereux. La véritable Bethesda était plus au nord, près de l’église Sainte-Anne ; M. Mauss, l’habile architecte français qui restaure cette église, a cru en retrouver les restes ; il a même découvert en cet endroit un pied votif en marbre portant un nom propre de femme en grec, véritable ex-voto pouvant se rapporter aux guérisons accomplies dans la piscine.
La piscine de Siloë se voit encore au pied du mont Sion en face du village du même nom ; elle est entourée de colonnes ruinées qui paraissent provenir d’une basilique du iv e siècle. ( Eglises de la Terre sainte , p. 331 .)
Les autres restes antiques qui se voient à Jérusalem, tels que les arcades et les citernes sur le mont Sion,
l’arc romain dit de l’Ecce Homo , la porte située auprès du saint Sépulcre sur le tracé du « second mur » (LeTemple,e le., p. 120), etc., paraissent postérieurs à la prise de Jérusalem et appartenir à la ville impériale et chrétienne plutôt qu’à la ville judaïque.
En dehors de Jérusalem, et dans les villes que les Evangiles mentionnent comme ayant été visitées parle Sauveur, nous avons bien peu de monuments à signaler.
Bethléhem. — Grotte, de la Nativité : lieu de la naissance de Jésus-Christ. La tradition est confirmée par des témoignages écrits dès le n° siècle de notre ère (Eglises de laTerre sainte, p. 50). La grotte se trouve aujourd’hui dans l’intérieur d’une magnifique basilique du iv c siècle, bâtie par sainte Hélène et parvenue dans son ensemble jusqu’à nos jours.
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Sichem. — Puits de Jacob ou de la Saviarilaine , l’orifice de l’ancienne citerne se voit encore au centre des ruines d’une église.
Au-dessus de Naplouse, ville moderne qui a remplacé Sichem, et au sommet du mont Garizim, se voient des ruines importantes comprenant une vaste enceinte avec un grand réservoir de maçonnerie cl un sanctuaire central ; M. de Saulcy les considère comme le Temple bâti par les Samaritains, l’an 332 avant notre ère.
Galilée. — Nazareth, grotte de /’ Annonciation, transformée en église au iv e siècle. Il reste encore quelques débris de la basilique chrétienne, enclavés dans les. constructions modernes de l’église actuelle.
Des débris informes marquent l’emplacement des villes de Cana, Capharnaüm, Bellisaïde, Chorozain; mais je n’y vois aucun monument susceptible d’être décrit. La synagogue de Tell-boum, sur l’emplacement de Bethsaïdc suivant les uns, de Capharnaüm suivant les autres, est un monument du 11 e siècle après Jésus- Christ au plus tôt: il correspond, ainsi que les synagogues semblables de Kefr-Birrim, Kades, Meirora, etc., au grand mouvement rabbinique dont Tibériade était le centre.
Tyr et Sidon. — Ces villes fameuses n’ont, malgré leur haute antiquité, conservé aucun monument qui remonte au voyage de Jésus-Christ sur leur territoire. Des débris informes, des pans de mur, des tronçons de colonnes, c’est tout ce qui reste. Leurs nécropoles, taillées dans le rocher et conservées par l’accumulation des terres, offrent de nombreuses chambres sépulcrales antérieures à notre ère ; elles ont été fouillées par la mission de Phénicie dirigée par M. Renan et sont décrites dans l’ouvrage qu’il publie. Je ne parle que pour mémoire du célèbre sarcophage d’Eshinunazars roi de Sidon, aujourd’hui au musée du Louvre : il et probable qu’il était déjà enfoui par les décombres, et caché aux regards, à l’époque de Jésus-Christ.
Cæsarea. Philippi , aujourd’hui Bcinicis. Ville célèbre dans l’antiquité par la grotte de Pan et le culte qui y était établi. Hérode le Grand y fit construire un trèsbeau temple en l’honneur d’Auguste. Notre-Seigneur vit cet édifice : les voyageurs qui ont visité Banias ne paraissent pas avoir retrouvé les ruines du temple, mais ils ont décrit souvent la grotte, excavation naturelle qui sert de source à l’une des branches du Jourdain. La paroi de rocher qui entoure l’entrée de la grotte porte de nombreuses traces du culte rendu au dieu Pan : ce sont des niches creusées dans la pierre et plusieurs inscriptions grecques. (Saulcy,
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Voyage autour de la mer Morte, pl. XLIX.) Aucun de ces textes ne remonte à l'époque de Jésus-Christ, mais parmi les niches anonymes il se peut qu’il y en ait de plus anciennes et que l’on puisse attribuer au premier siècle de notre ère. En ce cas il faudrait les compter au nombre des monuments encore existants et contemporains de la vie de Notre-Seigneur.