Ant., xx, il, et Vila,1'à
2. Le livre où se trouve ce canon prétendu de Jérusalem (Art., xv) fut justement rédigé à Rome vers ce temps. Voir ciaprès, p. 446-447.
3. Dion Cassius, LXVII, 14; Suétone, Domit.,H6, n'impliquent rien qui dépasse le juda'isme. On a cru reconnaître notre Clemens dans le père du célèbre Onkélos, fils de Calonyme, prétendu neveu de Titus, qui, dit-on, se serait converti au judaïsme (Talm. de Bab., GiUin, 56 b; Aboda zara, 11 a). Transcrits en hébreu, les noms de Clemens et de Calonyme diffèrent à peine; mais on n'oblient cette combinaison qu'en attribuant à Calonyme ce qui e>t dit d'Onkélos. Le passage de Bruttius, allégué par Eusèbe (Chron., loc. cit. ; llisl. ecclés., III. 18), ferait nettement de Domitille une chrétienne; mais Eusèbe ne le cite pas
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gérer cependant. Flavius Clcmens et Flavia Domitillane paraissent pas avoir été de véritables membres de l'Eglise de Rome. Comme tant d'autres Romains distingués, ils sentaient le vide du culte officiel, l'insuffisance de la loi morale qui sortait du paganisme, la repoussante laideur des mœurs et de la société du temps. Le charme des idées judéo-chrétiennes agit sur eux. Ils reconnurent de ce côté la vie et l'avenir;
textuellement. En tout cas, il est singulier qu'Eusèbe ne parle pas en même temps du christianisme de Clemen», qu'il a occasion de nommer. La traduction arménienne de la Chronique ne semble l'impliquer que par suite de fautes et de corrections arbitraires. Comment Eusèbe, dans l' Histoire ecclésiastique, et saint Jérôme auraient-ils omis une particularité aussi importante, si elle avait été dans la Chronique ? Le silence de Tertullien, qui avait tant d'occasions de parler d'un tel fait dans l'Apologétique, et des Pères de l'Église est aussi bien bizarre. Le souvenir des Flavius chrétiens est sensible, il est vrai, dans les Homélies pseudo-clémentines, Hom., îv, 7; xn, 8; xiv, 10, mais fort interverti. Ce que dit saint Jérôme {Ad Eusloch., Epit. Pcuilœ, p. 672, Mart., IV, 2e part.) est un écho d'Eusèbe. Depuis le ive siècle, du reste, Domitille obtient les honneurs de la sainteté. Un sectaire, ennemi du mariage, comme il y en eut toujours beaucoup à Rome, s'empara tardivement d'elle, en fit une vierge martyre, et construisit sur cette donnée le roman des saints Nérée et Achillée. Quant à Clemens, l'opinion de sa sainteté eut beaucoup de peine à s'établir. Le Syncelle (p. 650, Bonn) en fait expressément un martyr. L'inscription trouvée sous l'autel de saint Clément en 1725 (Greppo, Trois mèm., p. 174 et suiv. ; de Rossi, Bull., 1863, p. 39, et 1865, p. 23) fut mise au moyen âge sur uncorps qu'on crut être le sien, et qu'un transporta dans l'église de son homonyme saint Clément Romain.
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mais sans doute ils ne furent pas ostensiblement chrétiens. Nous verrons plus tard Flavie Domitille agir plus en Romaine qu'en chrétienne et ne pas reculer devant l'assassinat d'un tyran. Le seul fait d'accepter le consulat était pour Glemens accepter l'obligation de sacrifices et de cérémonies essentiellement idolâtres1. Glemens était la seconde personne de l'Etat. Il avait deux enfants que Domitien destinait à lui succéder, et auxquels celui-ci avait déjà donné les noms de Vespasien et de Domitien*. L'éducation de ces enfants était confiée à un des hommes les plus corrects du temps, au rhéteur Quintilien3, à qui Clemens fit accorder les insignes honoraires du consulat*. Or Quintilien poussait l'horreur des idées juives au même degré que l'horreur des idées républicaines. A côté des Gracques, il place « l'auteur de la superstition judaïque » parmi les révolutionnaires les plus néfastes8. Quintilien pensait-il à Moïse
4. Ovide, Fast., I, 73-86; Pont., IV, iv, 23-42. Comp. Tertullien, De idolol.,l~-20: Origène, Contre Celse, VIII, 74, 75.
2. Suét., Dom., 15. Cf. Mionnet, t. III, p. 223, n°H246. 1247.