‹ Les évangilesChapitre 176 sur 228 · y eut un homme envoyé de Dieu, qui s'appelait Jean · texte numérisé non relu

y eut un homme envoyé de Dieu, qui s'appelait Jean

7. Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la

lumière, afin que tous crussent par lui.

= 8. Il n’était pas la lumière; mais il vint pour rendre témoignage à celui qui était la lumière.

9. Celui-là était la vraie lumière, qui éclaire tout homme venant en ce monde.

10. Il était dans le monde, et le monde a été fait par lui, et le monde ne l’a point connu (b).

(a) Verbum, Aoyos. De ce seul mot, emprunté à la philosophie platonicienne, sortirent une foule d’hérésies et d’iniquités dont le Aoyos intérieur, la saine raison, s’indigne. La plupart de ces querelles (cf. ouoouaros et opocouauoç) ne pouvaient subsister que dans la langue grecque; que n'y furentelles ensevelies, au lieu d’être érigées en doctrine universelle pour tous les lieux et toutes les langues ! (Herder..)

(b) Versers 1, 2, 3, 9, 10. — Il existe encore aujourd’hui, dans le voisinage de Bassora, une secte semi-chrétienne qui professe toutes les hérésies que saint Jean semble avoir eu l'intention de combattre au commencement de son Évangile, et qui peuvent se réduire aux propositions suivantes :

1° Qu'il y a plusieurs Æons, ou êtres nés de Dieu;

2° Que l’un était le Verbe, un autre la Vie, un troisième le seul Engendré, un quatrième la Lumière ;

11, Il est venu chez soi, et les siens (c) ne l'ont Du reçu.

12. Mais il a ue à tous ceux qui ont reçu, le pouvoir d’être faits enfants de Dieu (d), à ceux qui croient en ‘son nom,

43. Qui ne sont point nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la POISRIE de l’homme, mais de Dieu même;

3° Que le monde avait été créé par un mauvais esprit; L° Que saint Jean était la Lumière, et qu’il était supérieur au Christ,

Toutes ces opinions différentes furent autrefois connues et :

plus ou moins admises des pharisiens ; et elles descendaient de la philosophie chaldéenne et zoroastrienne.

(c) Sui, allusion à ce qui est rapporté dans Mare, m1, 21,

que la famille de Jésus se moquait de lui. Ce verset indique ane époque de rédaction point trop tardive.

(d) Filios Dei fieri, c’est-à-dire de devenir semblables à

lui, fils de Dieu comme lui. Sur cette expression, f/s de Dieu, remarquons en passant que Jésus-Christ n’est appelé Dieu dans aucun passage du Nouveau Testament, mais seulement Christ ou le maître (rabbi, xvproc, dominus), ou Fils de Dieu. Saint Jean lui-même, l’auteur principal de la divinité de Jésus-Christ, n’a jamais osé lui donner ce titre, qui lui eût paru un blasphème contre le premier commandement, Ce furent des Grecs et des Romains convertis, disciples immédiats des apôtres, qui, sans intelligence de la phrase hébraïique, enfant de Dieu, et ne comprenant sous cette dénomination qu’un individu, identique de substance, de facultés, d’attributs, à Dieu même, et y voyant d’ailleurs la réalisation de leurs fables les plus vulgaires, imaginèrent et répandirent le dogme de la divinité du Christ,

D'après ce qui vientd'être dit dans les notes a, bet c, il faut

distinguer soigneusement le dogme de l'incarnation du Verbe .

divin d’avec celui de la divinité de Jésus-Christ : le premier, reçu traditionnellement des Orientaux et appliqué à la per-

sonne du fils de Marie; le deuxième, résultat d’une équiyoque.

14. Et le Verbe a été fait chair (e), et il a habité parmi nous; et nous avons vu sa gloire, sa gloire telle que le Fils unique devait la recevoir du Père; il a, dis-je, habité parmi nous, plein de grâce et de vérité.

15, Jean rend témoignage de lui, et il crie, en disant : Voici celui dont je vous disais : Celui qui doit venir après moi m'a été préféré, parce qu’il était avant moi.

HE Et nous avons tous recu de sa plénitude, et grâce pour grâce.

17. Car la loi a été donnée par Moïse; mais la grâce et la vérite ont été apportées par Jésus-Christ (f).

18. Nul n’a jamais vu Dieu : le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui en a donné la connaissance.

49. Or, voici le témoignage que rendit Jean, lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites, pour lui demander : Qui êtes-vous?

20. Car il confessa, et il ne le nia pas : il confessa qu'il n’était point le Christ.

21. Ils lui demandèrent : Quoi donc? êtes-vous Élie ? Et il leur dit : Je ne le suis point. Êtes-vous prophète? ajoutèrent-ils. Et il leur répondit : Non.

22. Qui êtes-vous donc, lui dirent-ils, afin que nous rendions réponse à ceux qui nous ont envoyés ? Que dites-vous de vousmême ?

23. Je suis, leur dit-il, la voix de celui qui crie dans le désert : Rendez droite la voie du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe, 24. Or, ceux qu’on lui avait envoyés étaient des pharisiens. |

23. Ils lui firent encore. une nouvelle demande, et lui dirent : Pourquoi donc baptisez-vous, si vous n'êtes ni le Christ, ni Élie, ni prophète (g)?

26. Jean leur répondit : Pour moi, je baptise dans l’eau; mais il y en a un au milieu de vous, que vous ne Connaissez pas.

(e) Jésus est une incarnation du Verbe éternel : voilà le dogme émis par Jean. F

(f) Cette incarnation du Verbe est le vrai Messie.

(g) Ce sont les Juifs qui ont fait les miracles de Jésus- Christ ; on voit déjà par cette question qu'il en fallait à qui voulait se faire écouter d’eux. — Magnifique témoignage. Les quatre évangélistes sont d'accord là-dessus. Y a-t-il quelque fondement à cela ?

27. C’est lui qui doit venir après moi, qui m’a été préféré; et je ne suis pas digne de dénouer les cordons de ses souliers (h).

28. Ceci se passa à Béthanie (i), au delà du Jourdain, où Jean baptisait.

29, Le lendemain (j), Jean vit Jésus qui venait à lui, et il dit : Voici l'agneau de Dieu (k), voici celui qui Ôôte les péchés du monde.

30. C’est celui-là même de qui j'ai dit : Il vient après moi un homme qui m’a été préféré, parce qu’il était avant moi.

. 31. Pour moi, je ne le connaissais pas; mais je suis venu baptiser dans l’eau, afin qu’il soit connu dans Israël ().

32. Et Jean rendit alors ce témoignage, en disant : J'ai vu le Saint-Esprit descendre du ciel comme une colombe, et demeurer sur lui. :

33. Pour moi, je ne le connaissais pas; mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m'a dit : Celui sur qui vous verrez descendre et demeurer le Saint-Esprit, est celut qui baptise dans le Saint-Esprit.

34, Je J'ai vu, et j'ai rendu témoignage qu’il est le Fils de Dieu.

35. Le lendemain, Jean était encore là avec deux de ses disci-

les ; 6 F 36. Et, jetant la vue sur Jésus, qui marchait, il dit : Voilà l'agneau de Dieu (m).

(h) VERsETs 19-27. — Voici de nouveau la prédiction messianique de Jean le Baptiseur confisquée au profit de Jésus. Jean avait laissé une grande réputation de sainteté. Dire qu’il avait reconnu Jésus, c'était un grand témoignage.

(i) Quelle est cette Béthanie? (Cf. ci-dessous, nr, 23.)

(j) Alterd die: ce n’est pas là une date; c’est un jour.

. (k) Agnus Dei, cf. Actes, vu, 32.

(?) Voilà qui est naïf : Jean-Baptiste ne connaissait point Jésus, ne se doutait point qu'il fût le Messie; il savait seulement que le Messie allait venir. L'autorité de Jean-Baptiste était grande sur ce point parmi les Juifs; il fallait donc, bon gré mal gré, la rallier à l'opinion chrétienne. C’est ce que Jean l'évangéliste lui fait dire à quatre ou cinq reprises différentes.

(m) Ecce agnus Dei. Que veut dire Jean-Baptiste par ce mot? Que Jésus était la victime propitiatoire du genre humain ?

37. Ces deux disciples, l'ayant. entendu parler ainsi, suivirent Jésus (n).

38. Jésus se relourna; et, voyant qu'ils le suivaient, il leur dit : Que cherchez-vous? Ils lui répondirent : Rabbi (c’est-à-dire Maître), où demeurez-vous ?

39. Il leur dit : Venez, et voyez. Ils vinrent, et virent où il demeurait; et ils demeurèrent chez lui ce jour-là. Il était alors environ la dixième heure du jour (0).

40. André, frère de Simon-Pierre, était l’un des deux qui avaient entendu dire ceci à Jean, et qui avaient suivi Jésus.

&1. Et ayant trouvé, le premier, son frère Simon, il lui dit : Nous avons trouvé le Messie, c’est-à-dire le Christ.

42. Il l'amena à Jésus. Jésus, l'ayant regardé, lui dit : Vous êtes Simon, fils de Jean; vous serez appelé Céphas, c’est-à-dire Pierre.

43. Le lendemain (p), Jésus, voulant s’en aller en Galilée, trouva Philippe, et lui dit : Suivez-moi.

44. Philippe était de la ville de Bethsaïde, d’où étaient aussi André et Pierre (q).

45. Et Philippe, ayant trouvé Nathanaël, lui dit : Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi, et que les prophètes ont prédit ; savoir : Jésus de Nazareth, fils de Joseph.

46. Nathanaël lui dit : Peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth ? Philippe lui dit : Venez, et voyez.

Cette opinion n'était pas née alors. Jean put avoir aussi des renseignements sur Jésus. Il l’aurait ainsi caractérisé par ce mot: Agnus Dei, c’est un agneau du bon Dieu.

(n) Versers 29-37. — L'accord des quatre évangélistes sur la mission de Jean comparée à celle de Jésus est remarquable. Il trahit un dessein formel de rattacher les deux sectes à une même pensée, et de les fondre, comme plus tard on raccorda le parti de Pierre et celui de Paul. Les quatre doivent être attentivement étudiés, comparés et corrigés l’un par l'autre, Le rapport des deux sermonnaires, Jésus et Jean, est ici un fait de haute importance pour la parfaite intelligence du rôle de Jésus.

(o) Circonstance importante !.…

(p) In crastinum, cf. ci-dessous, 1, 1.

(g) Tous Samaritains.

41. Jésus, voyant Nafhanaël, qui venait le trouver, dit de lui : .

Voici un vrai Israélite, sans déguisement et sans artifice.

48. Nathanaël lui dit : D’où me connaissez-vous ? Jésus lui répondit : Avant que Philippe vous eût appelé, je vous ai vu, lorsque vous étiez sous le figuier.

49. Nathanaël lui dit : Rabbi, c’est-à-dire Maître, vous êtes le Fils de Dieu, vous êtes le roi d'Israël (r).

B0. Jésus lui répondit : Vous croyez, parce que je vous ai dit que je vous ai vu sous le figuier; vous verrez de bien plus grandes choses (s). tr ” N

51. Et il ajouta : En vérité, en vérité, je vous le dis : Vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l'homme (f).

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