CHAPITRE VIII
Femme adultère. Discours de Jésus-Christ aux Juifs,
4. Pour Jésus, il s’en alla sur la montagne des Oliviers. 2, Mais, dès la pointe du jour, il retourna au temple, où tout le e
(o) En effet, Jésus contrariait de tous points la foi et l’espérance des Juifs; sa mission moraliste dépassait tout.
(p) Turba hæc. Les pharisiens ne regardent pas même comme issue d'Abraham cette multitude, Les vrais Juifs, les Israélites, ce sont les scribes, les pharisiens, les sadducéens, etc. :
(g) Galilœus. C’est le premier nom donné aux disciples de Jésus; ils ne furent appelés chrétiens qu'à Antioche, malgré la parole formelle de Jésus leur maître.
(r) Propheta. Il n'y a pas de prophète qui vienne de Galilée. 1 n’est pas question ici de savoir si Jésus est ou non le Messie : la question est évidente pour tout vrai Juif, on se demande seulement si un homme qui professe de pareilles opinions sur le Messie, et qui est Galiléen, est un homme digne de foi, un homme de Dieu, un prophète.
peuple s’amassa autour de lui; et, s’étant assis, il commença à les instruire.
3. Alors les scribes et les pharisiens lui amenèrent une femme, qui avait été surprise en adultère; et, la faisant tenir debout au milieu du peuple, :
4. Ils lui dirent : Maître, cette femme vient d’être surprise en adulitère.
5. Or Moïse nous a ordonné, dans la loi, de lapider les adultères. Quel est donc sur cela votre sentiment ?
6. Ils disaient ceci en le tentant, afin d’avoir de quoi l’accuser. Mais Jésus, se baissant, écrivait avec son doigt sur la terre (a).
7. Comme donc ils continuaient à l’interroger, il se leva, et leur dit : Que celui d’entre vous qui est sans péché lui jette le premier la pierre (b).
8. Puis, se baissant de nouveau, il continua à écrire sur la terre.
9. Mais, pour eux, l’ayant entendu parler de la sorte, ils se retirèrent l’un après l’autre, les vieillards sortant les premiers; et ee Jésus demieura seul avec la femme, qui était au milieu de la place.
10. Alors Jésus, se relevant, lui dit : Femme, où sont vos accusateurs? Personne vous a-t-il condamnée ?
11. Elle lui dit : Non, Seigneur. Jésus lui répondit: Je ne vous condamnerai pas non plus. Allez-vous-en, et, à l'avenir, ne péchez plus (c); | à
(a) Scribebat in terrd. Ceci est peut-être seulement du langage typique, quel en est le sens? C’est ce que l’on n’a pas encore expliqué.
(b) Jésus ne répond pas à la question. Il ne veut ni condamner ni infirmer la loi; il se contente de donner aux interrogateurs une lecon d’honnêteté. Rien de plus fort n’a été dit dans aucun temps contre le droit de juger et de punir, et contre les institutions judiciaires. (Cf. plus loin, verset 15.) Beaucoup, parmiles anciens chrétiens, se scandalisaient de la conclusion de Jésus-Christ. Elle est pourtant aussi édifiante que profonde et vraie; Jésus n’a pas mission de juger; il se récuse; mais, satisfait de la lecon donnée aux Juifs, il avertit la femme de ne plus pécher.
(c) Versers 1-11. — Cette anecdote est considérée par de
SELON S. JEAN. — CHAP. Vill! 353
12. Jésus, parlant de nouveau au peuple, leur dit : Je suis la Jumière du monde; celui qui me suit ne marche point dans les ténèbres : mais il aura la lumière de la vie.
43. Les pharisiens lui dirent donc : Vous vous rendez témoignage à vous-même; ainsi votre témoignage n’est point véritable.
1%. Jésus leur répondit : Quoique je me rende témoignage à moi-même, mon témoignage est véritable; parce que j2 sais d’où je viens et où je vais; mais, pour vous, vous ne savez d’où je viens ni où je vais.
15. Vous jugez selon la chair; mais, pour moi, je ne juge personne (d);
16. Et si je juge, moh jugement est véritable, parce que je ne suis pas seul, mais moi et mon Père, qui m’a envoyé.
17. Il estécrit dans votre loi que le témoignage de deux hommes est véritable.
18. Or je me rends témoignage à moi-même (e); et mon Père, qui w’a envoyé, me rend aussi témoignage.
19. Ils lui disaient donc : Où est-il, votre Père ? Jésus leur répondit : Vous ne connaissez ni moi, ni mon Père; si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père.
nombreux critiques comme apocryphe; elle manque dans beaucoup de manuscrits; elle a été longtemps rejetée.
(d) Non judico. Cela ferait aujourd’hui arrêter un homme. L'Eglise n’a garde de suivre ce précepte. Elle juge et elle tue. C’est son métier.
(e) Cela ne s’admettrait nulle part, s'il s'agissait d’autre chose que de doctrine. Or, c’est précisément ce qu’entend Jésus. Si, dit-il, je prétendais être le Messie, par exemple, il me faudrait des témoignages, des autorités. Mais je vous prêche la morale, la loi de Dieu; je n'ai pas besoin d’autre autorité ou témoignage que celui de ma parole même. Jésus en cela a parfaitement raison; mais tout ceci contredit radicalement ce qui est rapporté au chapitre 1 de saint Jean et dans les trois premiers évangélistes : que Jean le Baptiseur rendit témoignage à la messianité de Jésus. Par où l'on voit que les évangélistes ont été sans cesse embarrassés sur la véracité de leurs rapports concernant les actes et discours de Jésus, et leurs opinions sur son compte.
20. Jésus dit ces chosés, enseignant dans le temple, au lieu où était le trésor; et personne ne se saisit de lui, parce que son heure n’était pas encore venué.
21. Jésus leur dit encore : Jé m'en vais, et vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché. Vous ne sauriez venir où je vais ?
29, Les Juifs disaient donc : Est-ce qu'il se tuera lui-même, lorsqu'il dit : Vous ne pouvez venir où je vais ?
93. Et il leur dit : Pour vous, vous êtes d’ici-bas ; mais, pour
moi, je suis d'en haut. Vous êtes de ce monde, et moi je ne suis .
pas de ce monde.
24. Je vous ai donc dit que vous mourrez dans vos péchés, parce qu’en effet, si vous ne me croyez ce que je suis, vous mourrez dans votre péché.
95, Ils lui dirent : Qui êtes-vous donc? Jésus leur répondit : Je suis le principe de toutes choses, moi-même qui vous parle.
26. J'ai beaucoup de choses à dire de vous, ét à condamner en vous ; mais celui qui m'a envoyé est véritable; et je ne dis dans le monde que ce que j’ai appris dé lui.
27. Et ils ne comprirent point qu’il disait que Dieu était son Père.