SM EE
« J’ai cru... après avoir moi-même exactement recherché toutes ces choses depuis leur commencement... » (Visum est et mihi assecuto omnia a principio diligenter. — ÉdoËey XA(LOT Tapa- 40XoUO NX TL dvwbev Täcuw dxoubüc.)— On voit qu'il ne s’agit pas ici d’une tradition venue spontanément, en quelque sorte, jusqu’à l’auteur, mais bien de recherches, d’études faites par lui, à l’aide des écrits de ceux qui avaient précédemment enregistré les témoignages contemporains.
De Sacy a écrit « après avoir été exactement informé de toutes ces choses. » C’est une traduction infidèle, puisqu'elle tend à faire croire que Luc aurait reçu lui-même des informations directes au sujet des faits évangéliques. Or, son témoignage exprime positivement le contraire, et son livre le prouve surabondamment.
« L’an quinzième de l'empire de Tibère César... » — Tibère était devenu empereur à la mort d’Auguste, le 19 août de lan 14 de notre ère vulgaire. L'an quinzième de son règne correspond donc à la vingt-neuvième de cette même ère. Telle serait, d’après lindication de Luc, la date du commencement de la prédication de Jean-Baptiste.
À cette époque Ponce Pilate devait être procurateur de la Judée depuis déjà trois ans. Il paraît, en effet, avoir été révoqué en l’année qui précéda la mort de Tibère, c’est-à-dire en l’année 36, et alors il gouvernait la Judée depuis déjà dix ans, par conséquent depuis l'année 26. (Voy. Josèphe, Ant. Jud., XVII, 1v, 2 et Winer, Bubl. Reahvërterbuch, art. Pilatus.)
Nous avons parlé ailleurs d’'Hérode, tétrarque de Galilée, et de Philippe son frère, tétrarque de l'Iturée et de la province de Trachonite (voy. Matth., XIV, 1); nous n’y reviendrons pas.
L'Abilène était une contrée située dans le voisinage du Liban, et ainsi nommée d’Abila, sa capitale. Lysanias, fils de Ptolémée, fils de Mennée, succèda à son père, dans la possession de ce pays, en l’année 39 ou l’année 40 avant J.-C., et fut ensuite mis à mort par Antoine, à l’instigation de Cléopâtre, qui s’empara de la plus grande partie de ses États. Plus tard on voit l'Abilène donnée par l’empereur Claude au roi Agrippa [*. Appartenait-elle, sous le règne de Tibère, à un autre Lysanias? Cela résulterait de l'indication de Luc, mais on ne trouve, à ce sujet, aucun autre témoignage dans l’histoire. (Voy. de Wette, Erklærung.)
Ces synchrorfismes, placés en tête de l'Évangile de Lue (à part celui relatif à Lysanias, au sujet duquel on ne peut rien affirmer), s'accordent bien entre eux; quant à leur coïncidence avec lapparition de Jean-Baptiste, nous n’avons aucun moyen de la vérifier; ils ont du moins la vraisemblance en leur faveur.
Quoi qu’il en soit, leur présence, en tête du récit de Luc, dénote une époque relativement déjà ancienne par rapport aux faits racontés; pour des contemporains, ces renseignements eussent été superflus, Matthieu ne donne rien de pareil.
He gprydotiet
« Anne et Caïphe étaient grands prêtres... » — Il est singulier que Luc nomme ici deux grands prêtres, puisque d’après la loi il ne pouvait y en avoir qu’un seul. Mais Anne, choisi par le proconsul Quirinus (Josèphe, XVIIE, 11, À), avait été déposé par Valérius Gratus et remplacé successivement par Ismaël, par Éléazar son propre fils, enfin par Joseph, surnommé Caïaphas (Caïphe), son propre gendre. Sous ces divers pontificats, Anne avait conservé son influence, et c’est probablement pour cette raison que Luc, imparfaitement informé des choses juives, fait ici de lui un second grand prêtre. On sait
d’ailleurs que Matthieu lui-même donne le nom de grands prêtres
(Goyueoeis) aux principaux d’entre les prêtres, soit qu'ils eussent en eftet rempli Les fonctions de grands prêtres, soit qu’ils fussent membres du conseil suprême. (Voy. de Wette, Erklærung, et Winer, art. Annas.)
— ÏIl, 8-5 —
Dans ces versets, Luc, tout en reproduisant le-texte de Marc, a suivi l'ordre de Matthieu ; comme Matthieu, il mentionne la prédication de Jean-Baptiste avant de rapporter la prophétie d’Isaïe.
A à GLS pe
« Et tout homme verra le salut envoyé de Dieu... » (.. Salutare Dei. — ... To cwripuoy rod Üeod). Voy. Isaïe, XL, 3. — Le texte hébreu signifie littéralement : «La gloire de Yauven se manifestera, et toute chair le verra. » (Voy. de Wette, Erklærung.)