‹ Les Évangiles ... première partieChapitre 277 sur 303 · IX, LA · texte numérisé non relu

IX, LA

«Il dit à ses disciples : Mettez bien dans votre cœur ce que je vais vous dire, etc. » — Chez Matthieu et chez Mare, ce passage est isolé, et n’apparaît que comme une répétition inutile de ce qui a été dit tout à l'heure. (Matth., XVI, 21 ; Lue, IX, 22.) Luc, en le repro-

duisant, semble avoir voulu le rattacher au récit précédent. Jésus saisit le moment où tous admirent le prodige qu’il vient d’accomplir, pour rappeler à ses disciples la destinée qui l'attend.

« Et quiconque me reçoit, reçoit celui qui m'a envoyé. » — Nous avons montré, à l'Annexe B, que le passage correspondant du deuxième Évangile (Marc IX, 36°), est une interpolation, mais elle se lie assez naturellement à ce qui précède pour que Luc ait pu la recevoir sans défiance dans son texte.

Quant au versicule qui suit « celui qui est Le plus petit parmi vous est le plus grand » c’est tout simplement la reproduction attardée de ce qui se trouve au verset de Marc, IX, 34 : « Si quelqu'un veut être le premier, il sera le dernier de tous, et le serviteur de tous. » Cette fois, comme tant d’autres, Luc à mis après ce qui était avant.

« Alors Jean, prenant la parole, lui dit,etc.» —Jci Luc reproduit une seconde interpolation, qui, chez Marc (IX, 37-39), suit la précédente, et en même temps la sépare du verset IX, 40, qui en est la continuation et la fin. (Voy. Annexes B et C). Comme une fois déjà nous en avons fait la remarque (Luc, VII, 16-18), l’auteur, avec une critique plus sûre, eût pusfacilement s’apercevoir qu’il avait affaire à un texte interpolé et éviter d’en charger son livre. Toutefois il a fait preuve de sagacité en supprimant de ce texte le passage de Marc, IX, 38”, et aussi la fin de la première interpolation (Mare, IX, 40), qui, séparée du commencement, par notre passage, n’offrait plus un sens satisfaisant. (Voy. notre Examen, p. 202.)

Par contre, Luc a laissé subsister ce verset : « Qui n’est pas contre» vous est pour vous. » (Luc, IX, 50° — Marc, IX, 39). Il ne s’est pas aperçu que cet adage, qui consacre chez Marc un principe de morale fort contestable, a de plus, chez lui, cet autre mconvénient qu'il est en contradiction directe avec un autre adage, omis dans le deuxième

Évangile, mais que Luce a lui-même un peu plus loin inséré dans son livre, en l’empruntant à Matthieu : « Celui qui n'est point avec moi est contre moi. » De cette façon, en effet, à quelques lignes de ” distance, Luc se trouve alternativement, affirmer le pour et le contre. Et cependant il y a encore ici une réserve à faire en faveur de Luc : le second adage, avec le morceau même de Matthieu auquel il appartient, se trouve dans le troisième Évangile, reporté hors de sa place, à la Section dogmatique. Et comme un certain nombre des morceaux qui composent celte section semblent n’y avoir été mis que provisoirement, et comme en dépôt, il n’est pas bien sûr que Luc, en reléguant le morceau en question à cette place, n'ait pas eu, entre autres raisons, le désir d’éviter dans la rédaction définitive de son Évangile la contradiction dont nous venons de parler.

— [X, ol —

« .… Il fxa son regard pour aller à Jérusalem.» (/pse faciem suam firmavit ut iret in Jerusalem. — Kat adrôos cri puésv TÔ T6 WT0V adrod roù mopetechan ets lesoucau.) — Ce passage a quelque chose d’obscur, ét nous avons choisi le sens qui nous à paru le plus rationnel, celui que de Weite a adopté dans sa traduction : Æ£r richtete sein Angesicht um gen Jerusalem zu zichen. |

De Sacy a traduit: Qil se mit en chemin avec un visage assuré pour se rendre à Jérusalem, » +

C’est ici que commence dans le texte ce que nous avons appelé la Section intermédiaire ou Section dogmatique du troisième Evangile; section, comme nous l'avons dit, tout entière comprise dans le cadre du voyage de Jésus à Jérusalem.

… (Voy. notre Examen, p. 220.) Elle ne se prolonge pas cependant au delà du verset 15 du chap. XVIIF, où l’auteur reprend la suite de l'Évangile de Marc.

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