Cf. Wellhausen, Le
3. Luc n'emploie ordinairement cette formule que pour distinguer les paroles de Jésus d'avec celles d'autres personnes. Ici la réflexion du juge est comme un discours étranger. Cf. xvi, 8; supr. pp. 160-161.
4. V. 6. àxouaaxe. La leçon rjxoûuaic n'est pas suffisamment attestée. Le juge est dit ô xpixriî tï)ç à&txt'a; à raison de ses dispositions ordinaires, signalées au v. 2 ; cf. Le. xvi, 8, ô o-.xovop.oi; t% àotxîaç.
actuelle, cette explication trahit l'impatiente espérance de la première communauté à l'égard de l'avènement messianique. Mais, au fond, tout, même la punition des méchants, y est conforme à l'enseignement authentique de Jésus.
Il y a une certaine irrégularité de construction dans la phrase : <( Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient à lui nuit et jour, et les fera-t-il attendre ? » mot à mot : « les fait-il attendre », c'est-à-dire : « a-t-il l'intention de les faire attendre indéfiniment J ? » La finale serait susceptible d'une autre interprétation : « et ne sera-t-il pas patient envers eux ? » Mais le contexte et la comparaison d'un passage de l'Ecclésiastique, qui paraît avoir influencé la rédaction de ce passage, ne laissent guère de doute sur le véritable sens 2. On a proposé de traduire : « bien qu'il soit patient à leur égard », ce qui s'entendrait des pécheurs3; ou : « bien qu'il tarde a s'occuper d'eux », c'est-à-dire à délivrer les justes 4 ; ou: « n'est-il pas patient pour eux », c'est-à-dire : « n'écoute-t-il pas volontiers les prières des justes5? » Aucune de ces explications n'est satisfaisante : d'après le langage de l'Ancien Testament, on croirait plutôt qu'il s'agit de la longanimité de Dieu à l'égard des méchants 6, et que cette longanimité doit être épuisée.
Ces réflexions répondent à une préoccupation du temps : les élus de Dieu sont persécutés; va-t-il donc les abandonner? Cette préoccupation se rencontre dans l'Apocalypse, qui y fait la même
1. V. 7. 6 Si 6t6; où [xïj Ttoii\ari xrjv èx6fxT)9iV twv IxXïxtwv aÙTOÛ" tgSv (îowvTtov aùrôi 7)[/.Épaç xaù vuxto?, xat [Aaxpo8u;i.EÎ kv:' aùxoï; ; La var. xat ;xaxpoôu|j.âJv, ou simplement [xaxpoOujjLwv est un essai de correction.
2. Eccli. xxxn (vulg. xxxv), 15-23; cf. surtout vv. 22-23 : xat r*oir[av. xpt'atv, xat ô xùpto; ou [aï] PpaSùvif) où8e jxy| ;j.axpoOu;j.TÎa£t è^'aÙTOtç, swç av auvtptyi] oa<pùv àveXer,jjlo'vwv xai toi? sôvsaiv àvTarcooaiaEt ix8(xï)aiv. Le rapport général de Le. xvin, 7, avec ce passage rend peu vraisemblable l'hypothèse d'une interpolation pour la formule xat ixaxpo0u[A£t Irt'aÙTot;, quoique l'objet de in 'aùrotç, et le sens de [Aaxpoôu[A7)'a£t, dans le passage cité, prêtent aussi à discussion. Le sens le plus naturel est que Dieu ne patientera pas avec les ennemis de ses fidèles.