‹ Les évangiles synoptiques (volume 2)Chapitre 168 sur 729 · Cf. Wellhausen, Le · texte numérisé non relu

Cf. Wellhausen, Le

3. Luc n'emploie ordinairement cette formule que pour distinguer les paroles de Jésus d'avec celles d'autres personnes. Ici la réflexion du juge est comme un discours étranger. Cf. xvi, 8; supr. pp. 160-161.

4. V. 6. àxouaaxe. La leçon rjxoûuaic n'est pas suffisamment attestée. Le juge est dit ô xpixriî tï)ç à&txt'a; à raison de ses dispositions ordinaires, signalées au v. 2 ; cf. Le. xvi, 8, ô o-.xovop.oi; t% àotxîaç.

actuelle, cette explication trahit l'impatiente espérance de la première communauté à l'égard de l'avènement messianique. Mais, au fond, tout, même la punition des méchants, y est conforme à l'enseignement authentique de Jésus.

Il y a une certaine irrégularité de construction dans la phrase : <( Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient à lui nuit et jour, et les fera-t-il attendre ? » mot à mot : « les fait-il attendre », c'est-à-dire : « a-t-il l'intention de les faire attendre indéfiniment J ? » La finale serait susceptible d'une autre interprétation : « et ne sera-t-il pas patient envers eux ? » Mais le contexte et la comparaison d'un passage de l'Ecclésiastique, qui paraît avoir influencé la rédaction de ce passage, ne laissent guère de doute sur le véritable sens 2. On a proposé de traduire : « bien qu'il soit patient à leur égard », ce qui s'entendrait des pécheurs3; ou : « bien qu'il tarde a s'occuper d'eux », c'est-à-dire à délivrer les justes 4 ; ou: « n'est-il pas patient pour eux », c'est-à-dire : « n'écoute-t-il pas volontiers les prières des justes5? » Aucune de ces explications n'est satisfaisante : d'après le langage de l'Ancien Testament, on croirait plutôt qu'il s'agit de la longanimité de Dieu à l'égard des méchants 6, et que cette longanimité doit être épuisée.

Ces réflexions répondent à une préoccupation du temps : les élus de Dieu sont persécutés; va-t-il donc les abandonner? Cette préoccupation se rencontre dans l'Apocalypse, qui y fait la même

1. V. 7. 6 Si 6t6; où [xïj Ttoii\ari xrjv èx6fxT)9iV twv IxXïxtwv aÙTOÛ" tgSv (îowvTtov aùrôi 7)[/.Épaç xaù vuxto?, xat [Aaxpo8u;i.EÎ kv:' aùxoï; ; La var. xat ;xaxpoôu|j.âJv, ou simplement [xaxpoOujjLwv est un essai de correction.

2. Eccli. xxxn (vulg. xxxv), 15-23; cf. surtout vv. 22-23 : xat r*oir[av. xpt'atv, xat ô xùpto; ou [aï] PpaSùvif) où8e jxy| ;j.axpoOu;j.TÎa£t è^'aÙTOtç, swç av auvtptyi] oa<pùv àveXer,jjlo'vwv xai toi? sôvsaiv àvTarcooaiaEt ix8(xï)aiv. Le rapport général de Le. xvin, 7, avec ce passage rend peu vraisemblable l'hypothèse d'une interpolation pour la formule xat ixaxpo0u[A£t Irt'aÙTot;, quoique l'objet de in 'aùrotç, et le sens de [Aaxpoôu[A7)'a£t, dans le passage cité, prêtent aussi à discussion. Le sens le plus naturel est que Dieu ne patientera pas avec les ennemis de ses fidèles.

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