‹ Les évangiles synoptiques (volume 2)Chapitre 614 sur 729 · xxn, 37, supr. p · texte numérisé non relu

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8. Brandt, 215, n'ose pas affirmer que le trait même ait été suggéré par Is. lui, 12 ; Strauss, II, 358, penche pour la négative.

9. Me. 29. xal oî j:apa7iopeyo!i.svo'. èpXaiçrJixouv aù-ôv xivoyvTe; Ta; xîçaXàç etotffiv xal "kéyovTtç' oùà ô xataXotov tôv vaôv xal otxo8o!i.wv iv (AD etc. omettent iv) xoialv Tjfiépat; (kAC etc. placent oîxoSoawv après ij{iipat;), 30. <jw<ïov usautôv xara[3àç àro) Toî> araupou. Mt. 39. oî 8è rtapar. i. a. x. t. x. a. 40. x. X^ovie; 'ô xaTaXucov t. v. xal Iv t. t). o\y.o?io\t.o>v , awaov «jeaurov si uîô; si rou 0eou (référence à xxvi, 64 supr. pp. 603-604), xaTajÎTjôi àrcô toO oTxupoS.

10. V. 8 (LXX). 7:avT£; ol ôecopouvrl; [M è|fs;auxTr;p;7aV jj.s, èXàXr;aav èv yet'Xesiv,. Èx'.vTjCTav xeçaXrJv. Cf. Ps. cix, 25.

détruire le temple, pour le rebâtir en trois jours, et qui se laisse crucifier comme un malfaiteur vulgaire : s'il est le Fils de Dieu, qu'il le montre en se dérobant au supplice !

Les prêtres et les scribes, auxquels Matthieu joint les anciens, comme si la majeure partie du sanhédrin s'était transportée au Golgotha, s'enferment dans une sorte de dignité méprisante, et ne parlent pas à Jésus ; mais ils se moquent de lui entre eux : « Ce sauveur, disent- ils, ne peut se sauver lui-même l. » Ils ne font pas allusion aux miracles de Jésus, comme s'ils n'en contestaient pas entièrement la réalité, mais ils parlent de ses prétentions messianiques, entendues comme œuvre de salut universel, ainsi qu'il résulte de l'ensemble du discours. « Celui qui en a sauvé d'autres » est « le Christ, le roi d'Israël » ; il a prétendu sauver le monde en se donnant pour le Messie. Le moment est bon pour prouver qu'il est ce qu'il a dit : si on le voit se détacher lui-même de la croix, on pourra croire en lui. Et les prêtres se regardent avec le ricanement sinistre de la haine satisfaite : on Ta cloué solidement ; il ne descendra pas de son gibet.

Le premier Evangile ajoute au discours des prêtres un verset du psaume XXII 2, dont il s'abstient naturellement d'indiquer la provenance, puisque les prêtres ne pouvaient pas dire qu'ils accomplissaient une prophétie. La citation du psaume est complétée par la réflexion : « Car il disait : Je suis le Fils de Dieu », où l'on doit voir, ce semble, une réminiscence du livre delà Sagesse 3. On croira difficilement que les prêtres se soient ainsi moqués de Dieu, en même temps que de leur victime, et qu'ils se soient approprié des paroles attribuées par le psalmiste aux impies. Mais l'évangéliste se fait l'interprète de leurs sentiments, et, pour montrer que les

1. Me. 31. Ôjaoiio; xaî oî àp-^iepetç èiAftatÇovTEi; 7tpô; àXXrjXouç piExà twv ypaiA[jiaxÉu>v eXe-^ov aXXouç sawaav, lauxdv où 8ùvaxai aàjaaf 6 Xpiaxôç ô j3aariXeù; 'IaparjX xaxa- Jj<xtu> vùv àrcô toS axaupou, iva Vowjjlev xaî 7iicrT£juw[j.£v. Paraphrase du v. 30. Mt. 41. ôjiokoi; oî àpyiepeï; è[Araxt'£ovTe; jxExà twv YpajjLjjLaxéwv xaî npsapuxspwv (D, Ss. « les pharisiens ») eXs^ov 42. a. £., é. o. ô*. aoiaar PaaiXs:>; 'IaparJX laxiv, xaxa(3àxw v. à. t. d. xal 7rt<TT£Ôao[j.ev èjt' aùxdv.

2. V. 9. (LXX). rjX^taev km xùpiov, puaàaôw aùxdv aojaàxw aùxdv, oxi Oe'Xei aùxdv. Mt. 43. îIcXoiGev ItcI xôv Geov, puaàsGw vuv Et GeXei aùxdv •eItcsv yàp oxt Gtou eijjli uîdç (nouvelle référence à xxvi, 64).

AU GOLGOTMA 671

membres du sanhédrin sont les impies désignés par la prophétie, il leur fait tenir le même langage.

Pour peu qu'on se donne la peine de réfléchir sur les circonstances de la passion, l'on comprendra que les paroles des passants et des prêtres n'ont pu être rapportées qu'en substance, et que la forme des discours appartient nécessairement aux évangélistes. Mais il y a lieu de faire une différence entre les paroles qui sont attribuées au peuple, et celles qui sont attribuées aux prêtres. Ces derniers ne font que reprendre le thème du discours précédent, ils le développent conformément à l'idée que les premiers chrétiens se faisaient du « Sauveur » et de la « foi » en lui, non à celle qu'ils pouvaient avoir de Jésus d'après sa prédication ; leur discours se présente comme un travail de réflexion sur celui du peuple et sur le titre de la croix ; leur intervention collective en pareil lieu est de toute invraisemblance ; elle vient en surcharge par rapporta ce qui est dit du peuple, et elle a été visiblement conçue par le même rédacteur que le procès devant Caïphe '.

Marc, xv, 32. Et Matth. xxvii, 44. Et Luc, xxm, 39. Et l'un ceux qui avaient été les mêmes insultes lui des malfaiteurs crucicrucifiés avec lui l'in- étaient aussi adressées fiés l'injuriait : « N'essultaient aussi. par les voleurs qui tu pas le Christ ?

étaient crucifiés avec Sauve-toi toi-même et lui. nous aussi ! » 40. Et

l'autre, prenant la parole (et) le réprimandant, dit : « Tu ne crains donc pas Dieu, toi qui subis le même supplice. 41. Quant à nous, c'est justice, car nous recevons le châtiment que nous avons mérité. Mais lui n'a rien fait de mal. » 42. Et il dit : « Jésus, souviens- toi de moi, quand tu seras venu dans ta royauté. » 43. Et il lui dit : « Je te (le) dis en vérité, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis. »

Marc conclut en disant que les voleurs insultaient aussi Jésus 2. Le premier Evangile dit de plus que leurs propos injurieux étaient

1. Cf. Wellhausen, Me. 139. J. Weiss, AE. 336, regarde, au contraire, les vv. 31-32 a comme primitifs, et allègue contre les vv. 29-30 l'indétermination du sujet (cf. p. 669, n. 9). Mais ne doit-on pas s'attendre à trouver au Golgotha des « passants » plutôt que tous les sanhédristes ? Pour la surcharge, noter la reprise ôjaoiwç xat, v. 31 (p. 670, n. 1).

2. V. 33 b. xai oî auveotauptofiévoi <xjv otùtto càvcfôtÇov aûtov. Cf. Ps. xxn, 7. èyw 8é «t[M... ov£t8o; àvOpoizou xaî ÈÇouSÉvrjfjia Àaoû.

les mêmes que ceux des prêtres et des passants '. Les deux évangélistes ne font pas de distinction entre les voleurs, et ils ne parlent pas du bon larron. Cette omission n'est guère explicable, principalement de la part de Marc, que si celui-ci, et après lui le rédacteur du premier Evangile ont ignoré les détails racontés par Luc ~.

Dès le départ pour le Golgotha, le troisième Evangile mentionne la présence des deux malfaiteurs qui doivent être crucifiés avec Jésus. Il n'est pas question du vin aromatisé qu'on offrit aux condamnés avant l'exécution. Le Calvaire est désigné par son nom grec, et le nom araméen, Golgotha, n'est pas indiqué 3. Avant de raconter le partage des vêtements, l'évangéliste rapporte une prière de Jésus pour ses bourreaux, ou plutôt pour tous ceux qui ont contribué à sa mort; car ils ne s'agit pas seulement des soldats^ simples exécuteurs, dont la responsabilité est à peine en cause. « Père, dit Jésus, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font 4. » Luc a évité de dire que les soldats ont crucifié Jésus; il semble donc vouloir les excuser autant que Pilate, puisqu'il ne parle pas d'eux. La prière du Sauveur se rapporte aux Juifs, tant au peuple qu'à ses chefs, qui semblent être, dans le récit évangélique, les auteurs du crucifiement 5.

L'authenticité de ce verset n'est pas tout à fait certaine. Quelques anciens témoins, orientaux et occidentaux 6, ne l'ont pas. On a

1. V. 44. to 8è aùrô (par cette addition Matthieu rattache aux injures des prêtres celles des voleurs, qui, dans Marc font plutôt suite à celles du peuple, abstraction faite de Me. 31-32 a) xal oî Xnarad ol «ruvaTauptoÔÉvuE; aùv ajito wv£(8t£ov

OCÙTOV.

2. On dit que Marc a pu les ignorer, et Matthieu les omettre; que ni l'un ni l'autre ne disent que les deux voleurs aient insulté Jésus; que Matthieu a pu ne s'intéresser pas plus à la conversion du bon larron qu'à l'histoire de la femme adultère, ou à la parabole du Fils prodigue ; qu'il a voulu montrer Jésus abandonné et injurié, ce qui lui a fait négliger un détail d'un autre ordre, etc., etc. Cf. Schanz, Mt. 548 ; Me. 408. Beaucoup d'anciens ont pensé que l'un des voleurs avait commencé par insulter Jésus avec l'autre, et qu'il s'était converti ensuite. Cf. Maldonat, I, 619.

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