‹ Les évangiles synoptiques (volume 2)Chapitre 626 sur 729 · Renan, Jésus · texte numérisé non relu

Renan, Jésus

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lement gardé dans les manuscrits. Le mot Eloï dans Marc, qui aime, ainsi qu'on la déjà vu, à citer des formules araméennes1, signifie bien « mon Dieu », mais ne se prête pas à la confusion avec le nom d'Elie. Le mot Eli est hébreu; il se rapproche beaucoup plus du nom d'Elie-, quoique la confusion ne puisse guère s'expliquer que par un jeu de mots et une plaisanterie. Lema3 (lamma), pris comme particule interrogative, est hébreu. Le verbe sabaktani est araméen. Les manuscrits présentent des leçons divergentes ; quelques-uns paraissent transcrire le texte hébreu'1, et il est assez vraisemblable que l'histoire a été rattachée d'abord à ce texte, quoique les évangélistes aient pu déjà substituer l'araméen à l'hébreu, en s'autorisant de ce que Jésus parlait ordinairement la première de ces langues h.

La méprise qu'ils racontent n'a guère pu être imputée aux soldats romains, qui, selon toute probabilité, ne connaissaient pas le prophète Elie ni le rôle que la tradition juive lui attribuait par rapport au Messie. Ce seraient donc des Juifs qui auraient fait le jeu de mots ou la méprise 6. Est-ce encore un Juif qui prend une éponge, la trempe dans du vinaigre, la met au bout d'un roseau, et la pré-

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