Cf. QÉ
plus âgés. Ce n'est pas sans raison que la présence des femmes est mentionnée en cet endroit du récit.
Jusqu'à présent, Ion dirait que les évangélistes n'ont point pensé à elles comme témoins de la passion, parce qu'il s'agissait de faits publics, pour lesquels des attestations particulières ne semblaient pas nécessaires; ils s'avisent maintenant de leur présence, parce qu'ils vont avoir besoin d'elles pour la découverte du tombeau vide. Cette découverte tient aux circonstances de la sépulture, c'est pourquoi l'on parle de ces femmes avant la mise au sépulcre ; pour l'équilibre général des récits, l'on rattache leur présence à la passion et même au ministère galiléen, en rappelant assez inopinément des services que le lecteur de Marc et de Matthieu ne pouvait soupçonner. Les évangélistes ne sont pas préoccupés de faire valoir leur témoignage pour le détail des incidents précédemment racontés, puisqu'ils commencent par dire qu'elles étaient loin de la croix. On verra plus bas que, si Marc d'abord les tient à distance, ce n'est peut-être pas parce que les soldats ont dû les écarter, mais parce qu'elles n'avaient aucune place dans les récits primitifs.
Luc, ayant parlé plus haut 1 des femmes qui accompagnaient Jésus en Galilée, s'abstient d'en signaler aucune par son nom. D'après lui, ce ne sont pas seulement les femmes qui auraient assisté à la mort du Sauveur, mais tous ceux qui connaissaient Jésus, et par conséquent les disciples 2. L'évangéliste, en effet, n'a pas dit qu'ils aient pris la fuite. Cependant, il est certain, d'après les autres Evangiles, que les disciples ne se trouvaient pas sur le Calvaire. Jean lui-même ne parle que d'un seul disciple, le bien aimé, disciple idéal, qui a toute chance de n'être aucun de ceux qui se sont attachés réellement à Jésus. Si les disciples eussent été présents, c'est à leur témoignage, non à celui des femmes, qu'on aurait eu recours pour garantir les récits qui vont suivre • La donnée de Luc n'est pas d'ailleurs à considérer comme un acheminement de la tradition vers la donnée de Jean, puisqu'elle dépasse de beaucoup celle-ci. Il semble plutôt que ce soit un trait symbolique, comme le deuil universel dont l'évangéliste vient de parler. Certains passages des