Cf. I
pleurs et le grincement des dents. » Il a été possible ensuite d'ajuster à cette phrase la déclaration relative au salut des Gentils, que le rédacteur du premier Evangile a insérée dans l'histoire du centurion de Capharnaùm. La forme primitive de cette déclaration semble mieux conservée dans Matthieu ; les divers éléments qui la composent ont été modifiés ettransposés dans Luc, afin de s adaptera ce qui précède. L'évangéliste a pu ajouter de lui-même « le nord et le midi » à « l'orient et à l'occident >>,les prophètes aux trois grands patriarches, comme il substitue les auditeurs de Jésus aux « fils du royaume ' ». Peut-être a-t-il voulu présenter les patriarches et les prophètes comme étant déjà en possession du bonheur éternel 2. L'artifice de la suture est visible : dans la parabole, ceux qui ne sont pas admis au festin sont restés à la porte ; il n'est donc pas nécessaire de les jeter dehors, comme on le dit en dernier lieus.
La réflexion finale : « Et il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers », s'applique, dans la pensée de l'évangéliste, aux Juifs et aux Gentils : ceux qui, à l'heure présente, paraissent le plus éloignés du royaume des cieux, c'est-à-dire les Gentils, y trouveront place, tandis que la plupart de ceux qui en paraissent le plus rapprochés, « les fils » ou héritiers « du royaume », c'est-à-dire les Juifs, en seront exclus. Le premier Evangile fait de cette sentence une application différente, dans la parabole des Ouvriers de la vigne '. On en trouve encore une autre dans Marc et dans Matthieu 5. Celle que fait Luc n'est pas primitive"; mais elle pourrait représenter chez lui la parabole des Ouvriers, comme un morceau précédent représente celle des Vierges.