xiii, 33; supr. p. 127; I
instruction; avec les quelques mots qui la complètent, elle semble représenter les dernières paroles que Jésus, d'après le rédacteur, avait prononcées dans le temple, devant les Juifs, et peut-être même son dernier enseignement. Mais elle n'avait plus aucune raison d'être dans le cadre que le troisième Evangile donne au discours. Jésus ne pouvait apostropher Jérusalem, étant à table chez un pharisien, en un endroit quelconque de la Galilée ou delà Pérée. Ces paroles n'ont de sens que dites dans la ville sainte, et peu avant la passion. Déjà même la prophétie menaçante qui précède les adieux à Jérusalem sonne très mal dans les circonstances indiquées par Luc, et nonobstant le correctif qui résulte de sa transposition dans le corps du discours.
Cependant , si Luc a découpé la prophétie , il paraît avoir conservé la formule d introduction qu'elle avait dans la source : « C'est pourquoi la Sagesse de Dieu a dit '. » Si singulière que la chose nous paraisse, il s'agit d'une citation, et la teneur du texte confirme l'idée que sug-g-ère le préambule donné par le rédacteur du troisième Evangile. Il est possible que Luc, en transcrivant la formule introductive, ait pensé que Jésus se désignait lui-même comme la Sagesse incarnée ?, et que Matthieu ait mis les paroles de la Sagesse dans la bouche de Jésus, parce qu'il identifiait aussi le Christ à la Sag-esse. Mais le discours n'en garde pas moins le caractère d'une citation. Supposer que Jésus se serait désig-né luimême comme la sag-esse de Dieu 3 serait lui prêter un détour peu digne de lui, puisque ses auditeurs n'auraient pu soupçonner qu'il voulait s'identifier à la Sagesse éternelle. D'autre part, c'est faire violence au texte que d'interpréter la formule de Luc comme si elle signifiait : « C'est pourquoi Dieu, dans sa sagesse, a résolu d'en-
1. V. 49. o-.à roij-o xaî r\ aoota xoj 6îo3 sljtsv (D omet xaï f, jo©îa jctX.). C'est de là que vient le ota touto de Mr. 34, dont on ne voit pas bien maintenant le rapport avec le contexte. Jésus se réfère au v. 32 par-dessus le v. 33, et annonce qu'il va faire en sorte que les Juifs soient punis comme ils le méritent. Il est bien plus naturel de supposer que le Cbrist, dans Mt. 34-38, rapporte un jugement de Dieu, qui se justifie par tout le discours précédent, résumé dans le v. 32, si l'on accepte la leçon =;:)riçojaaT£. Il ne semble pas que, dans la rédaction primitive, Jésus parlât de sa mort; il annonçait le cbàtiment des Juifs pour les crimes anciens et l'incrédulité présente.