vin
8. Parmi les textes cités plus haut, p. 690, n. 2, Is. xxiv, 18-20 ne se rapporte aussi qu'au tremblement de terre. La métaphore d'Ez. xxxvn, 12 (LXX). îooj avotybi ûii.'ov xà av^aaTa xat avâjf<o 'jjj.5; ix twv [iVT)jiàxwv uaâiv, xai eîaàÇw uixà; Et; tt,v yïjv Tou 'IaoarjX, correspond au récit de Matthieu.
nécessairement plus compliquées. Bien que lié à la résurrection comme condition préalable, le tremblement de terre se rattache aussi à la mort de Jésus, et manifeste le trouble de la nature en présence du grand événement qui vient de s'accomplir, c'est-à-dire qu'il transporte dans le monde physique l'impression profonde que le croyant éprouve devant le Fils de Dieu mourant sur la croix. Par un autre côté, les résurrections dont parle Matthieu semblent rencontrer, jusqu'à un certain point, la croyance traditionnelle à la descente du Christ aux enfers '-, au moins dans la rédaction actuelle, où cette résurrection de justes est coordonnée à celle du Christ.
Que l'évangéliste n'ait eu qu'à moitié conscience du symbole qu'il adoptait ou qu'il créait ; qu'il ait entrevu le sens du miracle de résurrection qu'il raconte, et qu'il l'ait en même temps supposé réel ; que l'idée du tremblement de terre lui soit venue, et qu'il l'ait présentée sincèrement comme un fait, quoiqu'il n'eût probablement à cet égard aucun témoignage, c'est ce qui n'a rien de surprenant, vu l'état d'esprit où il se trouvait en composant son livre, et qui lui a fait trouver insuffisants 2 les détails merveilleux qu'il lisait dans Marc. Il y aurait quelque naïveté à chercher, dans la littérature profane, les traces du tremblement de terre, ou à spéculer sur le sort ultérieur des ressuscites que l'évangéliste a introduits dans son tableau.
En suivant cette histoire de résurrection, Matthieu a perdu le fil du récit ; il ne cherche pas à le rattraper autrement qu en relatant, d'après Marc, et en rattachant aux détails merveilleux qu'il vient de signaler, l'impression manifestée par le centurion. L'attitude de cet ollicier est caractérisée d'une façon trop succincte pour qu'il soit possible à l'histoire d'analyser les sentiments d'où procède l'aveu mentionné par les trois évangélistes. Dans la pensée d'un centurion romain, qui ne savait pas ce que les Juifs entendaient par « fils de Dieu », bien moins encore ce que Jésus avait entendu par là, et ce que l'Eglise chrétienne devait enseigner à ce sujet, la déclaration : « Cet homme était fils de Dieu3 », aurait signifié seulement que Jésus était un être divin, surnaturel, un héros 4. Mais ce