‹ Les évangiles synoptiques (volume 3)Chapitre 65 sur 726 · B. YVeiss, E · texte numérisé non relu

B. YVeiss, E

3. V. 46. etaïjXOEV oi oiaÀoy.'jij.Q; h aùroï; (D omet eÙjtJXOsv.... aùxoïç), xo xi; kv îïr\ (j.e£wv aÔTÛv. On peut traduire : « qui était le plus grand d'eux », c'est-à-dire d'entre eux, ou bien : « qui était plus grand qu'eux ». (B. Weiss, E. 344.) La place du pronom favorise la seconde interprétation, et le v. 48 ne l'exclut pas, bien qu'il semble s'accorder mieux avec la première. Si Luc a pensé à une question hypothétique sur les dignités du royaume, c'était pour ne pas l'aire double emploi avec xxn, 24. Était-ce aussi parce qu'il pensait à Paul, qui n'était pas des Douze ?

4. Y. il. eî8w; (nB, Ss. Se. ; ACD etc. it. Vg. tôùSv) rôv 8iaXoyt(r[jLÔv xtX.

prend un enfant, comme dans Marc, et le met auprès de lui ', c'està-dire au milieu du groupe formé par les disciples, et fait donner à ceux-ci la leçon qu'on trouve dans Matthieu, mais en intervertissant les deux sentences qu'elle contient. La recommandation de recevoir l'enfant vient d'abord, puis la remarque sur le plus petit parmi les disciples, qui doit être grand 2, Luc ne dit pas le plus grand. Dans sa pensée, le plus petit paraît s'identifier à l'enfant, type du disciple. Mais, tout en s'inspirant de Matthieu, Luc semble avoir pensé, comme Marc, « au petit » Paul, et s'être contenté de dire que le plus petit serait « grand », non « le plus grand », pour n'avoir pas l'air de mettre le prédicateur des Gentils au-dessus des apôtres galiléens. Bien qu'il suive Marc, Luc parait avoir abrégé Matthieu, comme celui-ci avait abrégé la relation du second Evangile. La suppression du retour à Capharnaùm fait que l'incident paraît se passer encore au pied de la montagne de la transfiguration.

Marc, ix, 38. Jean lui dit : Luc, ix, 49. Et prenant la parole,

« Maître, nous avons vu quelqu'un Jean dit : « Maître, nous avons vu chassant les démons en ton nom, quelqu'un qui chassait en ton nom qui ne nous suit pas. et nous l'avons les démons, et nous l'avons empêempêché, parce qu'il ne nous suit ché, parce qu'il ne nous suit pas. » pas. >■> 39. Et Jésus dit : « Ne l'em- 50. Et Jésus lui dit : « Ne l'empêpêchez pas. Car il n'est personne chez pas. Car celui qui n'est pas qui lasse un miracle en mon nom, et contre vous est pour vous. » qui puisse aussitôt mal parler de moi. 40. Car celui qui n'est pas contre nous est pour nous. 41. Car quiconque vous donnera à boire un verre d'eau pour la raison que vous êtes au Christ, je vous dis en vérité qu'il ne perdra pas sa récompense. »

La suite de Marc devient de plus en plus défectueuse et déconcertante, si l'on ne regarde pas au-delà du sens littéral. Dans la pensée de l'évangéliste, l'incident de l'exorciste se relie à ce qui précède, et Luc lui-même l'a compris ainsi, en indiquant explicite-

1. £aTï|<j£v ocùxo îrap' taut<o équivaut à Me. 36, sa-rriasv owto èv tj.ÉJ(o aù-rwv. Mais Luc, n'ayant pas localise la scène, ne marque pas la place de l'enfant par rapport aux disciples, qu'on ne peut se représenter autourde Jésus comme dans la maison de Capharnaùm. Ss. « il le mit près d'eux. »

2. V. 48. 6 yàp [-uzoôiepo; Èv xàffiv Gfiïv 'j-y.oyro'j, oùtdç Ècmv fJ-éya;. Ss. « celui qui est petit et enfant (xaî 7uai5(ov) pour vous, celui-là est grand. » D omet jrràpytov. AD etc. sstx'..

ment le rapport. Si Marc n'a pas de transition l, ce n*est pas pour signifier l'absence de lien chronologique 2, c'est parce que le rapport logique lui semblait rendre superflue toute indication de synchronisme. Il est évident que la conclusion touchant le verre d'eau otïert au disciple rejoint ce quia été dit touchant ceux qui reçoivent les petits au nom de Jésus. Ces idées connexes ne devraient former qu'une seule sentence : Matthieu les présente réunies dans le discours de mission. Si le rédacteur du second Evangile les a séparées par l'histoire de l'exorciste étranger, c'est qu'il a voulu obtenir ainsi une leçon particulièrement significative. Autrement rien ne l'empêchait de placer l'histoire de l'exorciste après les paroles concernant ceux qui reçoivent les disciples, et la récompense qui leur est réservée. Il faut admettre ou une arrière-pensée, ou une perturbation du texte, ou un groupement artificiel du fait et des sentences.

La seconde hypothèse est purement gratuite, et elle est contredite par les différences qui se remarquent, pour la forme du discours, entre la parole sur ceux qui reçoivent les petits, et celle qui concerne le verre d'eau offert aux disciples. Dans le premier cas, Jésus dit : « qui reçoit un de ces enfants, me reçoit 3 » ; dans le second cas : « qui vous donne un verre d'eau sera récompensé 4 ». Bien que, dans la source primitive 5, la sentence principale ait rapport à la réception des disciples, elle est devenue une leçon aux disciples sur la réception des petits : ce n'est pas un accident de copie qui a fait ce changement. La sentence concernant le verre d'eau est liée à la parole : « qui n'est pas conti'e nous est pour nous », et ce rapport ne résulte pas non plus d'une transcription fautive.

Selon la troisième hypothèse, l'évangéliste aurait parlé de l'homme qui chassait les démons au nom de Jésus, parce que cette anecdote lui avait été rappelée par la parole : « qui reçoit un de ces enfants en mon nom ,; » ; et ce serait encore la même formule qui

1. V. 38. ïçy] xJTfo ô 'Itodcvïi; (xB). C (Ss.) fit d'abord K7toxpt6etç 8è. D, àrcexpMïi 'I'oàvrj: /.%[ eTtîsv. Autres témoins, à-cxotôr, o\... /.;;<•>-/.

2. B.Weiss, E. 229. La conduite de Jean attesterait un défaut d'humilité.

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