‹ Les évangiles synoptiques (volume 3)Chapitre 71 sur 726 · Opinion de Holtzmann, loc. cit · texte numérisé non relu

Opinion de Holtzmann, loc. cit

qu'il a interprété symboliquement l'épisode de l'enfant et celle de l'exorciste, que Marc amène en cet endroit la leçon contre le scandale des petits. Mais il n'est pas autrement certain que Jésus ait parlé des petits en tant que déjà croyants, non simplement en tant que masse dédaignée où Dieu cherche ses élus, et où lui-même recrute ses fidèles. L'introduction de Luc : « Et il dit à ses disciples », pourrait bien aussi ne pas venir de source, car la leçon convient plutôt aux orgueilleux sectateurs de la Loi, qu'aux « petits » qui s'étaient attachés à Jésus, et l'on concevrait que le Sauveur l'eût adressée aux pharisiens, dont la conduite à l'égard des pauvres et de tous ceux qu'ils traitaient de pécheurs n'était pas faite pour amener ceux-ci a Dieu.

Marc, ix, 43. » El si Matth., xvm, 8. « Et (Matth., v, 29. « Si ta main est pour toi un si ta main ou ton pied ton œil droit te scandasujet de scandale, cou- sont pour toi un sujet lise, arrache-le et jettepe-la : mieux vaut que de scandale, coupe-les le loin de toi ; car tu entres manchot dans et jette-les loin de toi : mieux vaut pour toi la vie, que daller, ayant mieux vaut pour toi qu'un de tes membres deux mains, dans la entrer dans la vie man- périsse, et que ton géhenne, dans le feu chot ou estropié, que corps entier ne soit pas inextinguible. 45. Et si d'être, ayantdeuxmains jeté dans la géhenne, ton pied est pour toi ou deux pieds, jeté 30. Et si ta main droite un sujet de scandale, dans le feu éternel. 9. te scandalise, coupe-la coupe-le : mieux vaut Et si ton œil est pour et jette-la loin de toi; que tu entres dans la toi un sujet de scan- car mieux vaut pour vie estropié, que d'être, dale, arrache-le etjette- toi qu'un de tes meraayant deux pieds, jeté le loin de toi : mieux bres périsse, et que ton dans la géhenne. 47. Et vaut pour toi entrer corps entier n'aille pas si ton œil est pour toi borgne clans la vie, que clans la géhenne. ») un sujet de scandale, d'être, ayantdeuxyeux, jette-le : mieux vaut jeté dans la géhenne que tu entres borgne de feu. »

dans le royaume de Dieu, que d'être, ayant deux yeux, jeté dans la géhenne, 48. où le ver ne meurt pas et où le feu ne s'éteint pas.

L'idée du scandale donné éveille celle du scandale reçu, ou plutôt le seul mot de « scandale » rappelle une autre leçon où le même mot se trouve en évidence. De là vient que Marc, probablement d'après la source commune, introduit ici un avertissement concernant les occasions de chute, et que le rédacteur du premier

Evangile en fait autant, bien qu'il ait inséré déjà le même morceau, sans doute aussi d'après la source, dans le discours sur la montagne l. Luc a pu omettre ce développement à cause de la forme paradoxale du conseil, qu'il trouvait peut-être choquante ou sujette à malentendu. Prise en soi, la sentence ne vise pas le danger où l'on est de pécher quand on s'élève au-dessus des autres, ni l'obligation de sacrifier ce qui devient une occasion de chute scandaleuse pour le prochain "2, bien que la lin du discours dans Marc autorise à penser que cette idée pourrait être celle de l'évangéliste. Il s'agit des occasions de péché que peuvent susciter à chacun sa nature, sa situation, ses relations, son genre de vie. Dans le discours sur la montagne, la main et l'œil étaient seuls mentionnés comme conducteurs de la tentation; la source y ajoutait sans doute le pied, que Matthieu aura pu omettre d'abord pour atténuer la répétition. L'idée reste la même : se mortifier en tout ce qui est sollicitation au péché. Ce dont on se prive est peu en comparaison de ce que l'on gagne, et le plaisir défendu ne compte pas devant le dommage qu'il cause.

Matthieu n'ajoute rien à la mention de la géhenne ; les compléments qu'on lit dans Marc ont donc chance de ne pas venir de source; ils ont un certain air de glose, et l'on pourrait se demander s'ils existaient dans le second Evangile quand le premier fut rédigé. Le ver qui ne meurt pas et le feu qui ne s'éteint jamais sont des traits empruntés au livre d'isaïe, où il est dit que les cadavres des impies resteront étendus dans la vallée de Hinnom, la géhenne :, perpétuellement rongés des vers, perpétuellement brûlés par le feu. On jetait là toutes sortes de débris, et on y brûlait des cadavres ; la pourriture s'y rencontrait à côté des bûchers. Dans Isaïe, la description signifie plutôt la ruine éternelle des impies que leur supplice; ici l'idée de souffrance l'emporte, et les termes employés ne semblent pas devoir être pris trop à la lettre, puisque les vers ne peuvent être censés subsister avec le feu. Ces vers ne désignent pas le remords de la conscience, mais une peine horrible et dégoûtante, dont ils sont l'expression figurée, à savoir la putréfaction permanente, que le feu n'est pas supposé empêcher, et

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